Isa (too drunk to fuck)

Lundi 18 mai 2009
Par jlm
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Jeudi 9 avril 2009

Depuis hier soir "Les Anges" est également hébergé par Lulu. J'ai retravaillé un certain nombre de textes pour les étoffer et faire en sorte qu'il y ai un lien entre toutes les histoires. Le résultat se présente un peu comme un carnet de voyage, un journal de rencontres ou un reccueil de confidences au fil du temps et des balades du narrateur. L'exercice - puisqu'il s'agissait au départ d'un simple exercice - est maintenant plus cohérent, plus homogène. Ha !  j'ai failli oublier, j'ai également changé la couverture, comme pour Isa.

Par jlm
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Lundi 6 avril 2009

Voilà, c'est fait, Isa dort maintenant au chaud chez sa copine Lulu. Le livre existe donc de manière physique et tout le monde peut le commander. Mon objectif cette année, en vendre au moins deux !
Bon j'vais vous dire, Lulu c'est pas donné, alors comme en réalité je ne fait pas ça pour le fric, je ne perçois absolument rien sur le produit. Le vrai prix c'est 16,35 € c'est celui de la production exemplaire par exemplaire.
Si un éditeur voulait bien se rendre compte que c'est un prix littéraire assuré, on pourrait l'avoir.. je sais pas, pour 14 ou 15 € ; 8 en version poche ? Et avec une petite marge pour moi ?
Du coup, Lulu ne se prend rien non plus sur l'édition papier.

Par contre il y a également la possibilité d'acheter la version téléchargé. Il n'y a aucun coût de fabrication, c'est 2,5 €
2 pour ma pomme, le reste pour Lulu. Voilà, en fait vous êtes libre d'acheter ou pas, moi ça m'est égal, j'ai été payé mille fois déjà par vos encouragements, vos remarques, vos critiques et vos visites, cerise sur la gateau, mon fils l'a trouvé formidable (pourtant il ne lit que des mangas, et des potter's like) Elle n'est pas belle la vie ?

Par jlm
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Lundi 22 septembre 2008

Voilà, le premier exemplaire sorti de presse ! J'vous le dit, ça fait un drôle d'effet de l'avoir en main !
Bon, c'est pas tout ça, mais il va falloir que je le fasse corriger maintenant, avant qu'il ne fasse sa vie tout seul...  Vous connaissez l'expression "fier comme s'il avait un bar tabac" ?

Par jlm
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Samedi 20 septembre 2008

Pour ceux qui se demandaient d'où je tenais un titre pareil, et bien voilà le coupable, il est San Franciscain, il s'appelle Eric Boucher AKA Jello Biafra, un chanteur, activiste, politicien et militant écologiste né le 17 juin 1958 à Boulder, dans le Colorado, aux États-Unis. Il est le fondateur et président du label musical Alternative Tentacles et l'ex-chanteur du groupe punk hardcore Dead Kennedys qu'il fondait avec East Bay Ray en 1978. Il est membre du Parti Vert des États-Unis. Il a été candidat aux primaires du Green Party en 2000, et a terminé quatrième aux élections municipales pour la mairie de San Francisco en 1979.
Ce morceau "too drunk to fuck" apparait sur l'album "Give me convenience or give me death"




Élections municipales de 1979


En 1979, Jello Biafra tente de se faire élire maire de San Francisco. Pour sa campagne, il utilise un slogan de la compagnie Jell-O: There's always room for Jell-O («Il y a toujours de la place pour Jell-O») et porte les t-shirts utilisés par les supporters de son adversaire, Quentin Kopp, lors des élections précédentes. Ses supporters sont vus arborant des t-shirts disant: «S'il ne gagne pas, je me tue» («If he doesn't win I'll kill myself») ou «Quoi faire s'il gagne?» («What if he does win?»).

La plate-forme électorale sera rédigée par Biafra sur une serviette de table, pendant un moment libre lors d'un concert de Pere Ubu. Parmi ses promesses électorales: obliger les hommes d'affaires à aller travailler en portant des masques de clown, et bannir toutes les voitures de la ville. Ce dernier aspect n'était pas si mal perçu par les électeurs, puisque San Francisco faisait face à de sérieux problèmes de pollution atmosphérique à cette époque.

Sa candidature prend avant tout les aspects d'un canular et d'une façon de se moquer du processus démocratique, mais plusieurs propositions sont tout ce qu'il y a de plus sérieuses. Biafra propose notamment de légaliser l'occupation des édifices vacants (les squats), ou demander que l'on plébiscite les policiers de quartier. Dans une entrevue télévisée, il estime que sa candidature n'est pas plus ou moins une farce que celles des autres candidats.

Jello Biafra termine quatrième sur dix candidats, avec un score appréciable représentant 3,5% des suffrages, soit 6951 votes. La démocrate Dianne Feinstein sera élue mairesse de San Francisco.

À noter qu'après l'élection à laquelle Biafra a participé, la ville de San Francisco a voté une résolution interdisant à un citoyen de se porter candidat sous un autre nom que son nom véritable. Au cours de la même campagne de 1979, une drag queen appelée Sister Boom-Boom était également candidate.

Sur un plan plus personnel, c'est en 1980 que j'ai découvert les DKs et Jello Biafra en allant voir le film "l'Amérique interdite" avec mon père. J'avais 14 ans !
Dans le film il y a un passage qui relate cette élection de 79 avec un reportage sur Jello et un clip d'un morceau emblématique de l'affaire qui s'appelle "California über ales"  C'est drôle parce que c'est un peu à Jello que je dois ma conscience politique actuelle. Bon, j'avoue, c'est aussi un peu à cause de lui que j'ai fait quelques conneries dans les années 80, mais Chuuut !

Par jlm
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Vendredi 12 septembre 2008

J'ai fini l'histoire, ça y est enfin !  Grand final  les enfants ! Voilà, donc, un peu poussé par ma moitiée etquelques autres je vais certainement tenter ma chance auprès de quelques éditeurs, soyons fous, car comme le disait le grand Chinansky :


"Certains ne deviennent jamais fous... Leurs vies doivent être bien ennuyeuses."

 

 


 Charles Bukowski

En attendant, j'ai tout uploadé chez lulu.com, et je m'en commande un exemplaire pour moi tout seul (Je vous ferais le compte rendu de ce que ça peut donner) pour le relire tranquilement et le soumettre à la correction. Je tenais à préciser que j'ai tenu compte de vos remarques quand il y en avait et que donc la version nouvelle est légerement différente de ce que vous avez pu lire ici.

Ce livre terminé, il ne me reste plus qu’à remercier un tas de gens. A commencer par ceux qui m’ont lu, soutenu, et parfois corrigé.

A commencer par Léna, ma chère compagne, qui m’a soutenu dans ce projet. Ensuite, il y a la bande des bloggueurs qui m’ont suivi, tout au long de l’aventure, Didier et Thuy Pham, les expat’ de San Francisco qui m’ont parfois corrigé quand je faisais fausse route, Mariev, Coq, Kranzler, Jerry, mais aussi Kikikentucky, Florence et les autres.

Et enfin les amis, mes « clochards célestes », Pascale, alias « Dingo » ma conseillère spéciale pour toutes les questions aéronautiques qui sévit à Air France, Estelle, Julien et Marie, Christel….Merci à vous tous.

PS, je m'accorde une toute petite pause (ce qui ne veux pas dire que ce blog sombrera dans une douce létargie) et j'ai déjà une bonne partie de la suite en tête !

Par jlm
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Lundi 8 septembre 2008

J'ai une grande nouvelle à vous annoncer !

Je tiens la fin de l'histoire, elle m'est arrivé comme ça sans prévenir (mais bon, c'est comme toute cette histoire depuis le début) il y a encore une certaine marge avant que je ne vous la livre, mais ça ne saurait tarder. Juste le temps de l'écrire.

Il faut que je vous précise également que je travaille actuellement à donner un peu plus d'épaisseur à l'histoire. Par exemple il y a un morceau que j'ai rajouté entre Isa 1 et Isa 2. (si je vous disais que c'est un texte dans lequel Theo court  à poil à travers la ville !) Mais je rajoute également des passages par-ci, par-là, des reflexions d'Isa principalement.

Voilà donc encore un peu de suspens. ça fait tout drôle de savoir qu'on tient la fin qu'on attendait, mais que faire après, hein ? Et bien continuer, pardi. Je crois que je m'embarquerais bien dans une suite....

Par jlm
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Mardi 2 septembre 2008

Il était environ midi quand je suis revenu d’entre les morts. J’ai ouvert un œil sur la moquette du salon au pied du canapé qui puait salement.

J’avais dû comater, mais je ne me souvenais plus exactement des circonstances.

L’odeur provenait d’un filet de poulet dégluti par Phoebe qui avait atterri pour la plupart sur cette foutue moquette, et pour une part plus limitée  dans mes cheveux. J’ai l’ai secoué, elle a grogné.

Un peu plus loin il y avait Théo et Ed, l’un contre l’autre, paisibles mais dans le même état que Phoebe. On était tous encore nus de nos folies nocturnes, et plutôt bien déchirés, à l’état de serpillières.

Isa a débarqué dans le salon avec des couvertures, elle a baraguiné  un vague bonjour avant d’en déposer une sur Phoebe et de se diriger vers les garçons.

J’avais les yeux collés, la bouche sèche, les cheveux en bataille et envie de pisser.

Je suis parti sans demander mon reste dans la salle de bain de la chambre Pop art, le temps de prendre une bonne douche et de me soulager.

Quand j’en suis sorti, les autres commençaient à se relever, une odeur de café flottait dans la cuisine.

-Salut Isa, comment tu vas ?

-Mal, comme tout le monde, je suppose.

-On a fait quoi comme conneries cette nuit ?

-On s’est méchamment défoncé si tu veux mon avis. Elle est pourrie votre herbe.

-On n’a pas trop foutu de bordel dans la maison ?

-Non, à part Phoebe qui a gerbé sur le tapis afghan et la moquette en laine tout va plutôt bien…Sans compter non plus les bouteilles vides, le cendrier plein, les traces indéfinissables qu’il y a sur les murs et au sol, plein de petites choses, quoi.

Je suis retourné dans le salon, Phoebe pleurait doucement, tandis que Theo et Ed étaient parti se laver à leur tour.

-Phoebe ? Ça ne va pas ? C’est rien on va le nettoyer ce tapis.

-J’en ai rien à foutre de ce tapis, imbécile, tu as vu dans quel état je suis ? Tu as vu ce qu’on a fait ?

-Non, j’avoue avoir quelques trous de mémoire.

-On s’est fait un stick énorme, on s’est foutu a poil et on a joué aux monstres comme des mômes défoncés au crack, et tu as vu le résultat ?

-Bah, c’est une immense gueule de bois !

-Alors pour toi c’est juste ça ?

-Ouais, rien de plus.

-Et bien figure toi que pour moi c’est une première, je n’avais jamais déconné comme ça avant, on aurait fini en partouze que je n’aurais pas eu plus honte de moi.

-Holà tu exagères un peu, on va prendre un bon café et ensuite on ira prendre l’air tous ensemble, d’accord ?

-Merde, je vais me laver.

-Ok, désolé, à tout de suite.

Theo et Ed sont arrivés dans la cuisine, lentement, en se traînant presque. Theo accusait le coup tandis que Ed se lamentait sur l’état de ses intestins et de son cerveau.

-Salut les filles dit Isa.

-Salut, merci pour le café.

-C’est rien, je me suis juste réveillée cinq minutes avant vous.

On s’est assis en silence, et on a bu le café tout doucement pour le faire passer. On se regardait, hagards, les yeux dans le vague ou au-delà des reliefs qu’on apercevait par les vitres de la cuisine.

C’est Theo qui a brisé le silence au bout d’un moment.

-Mauvais trip hier soir ?

-Non un peu plus hard que d’habitude, mais on a surtout pas mal rigolé.

-Et vous faites souvent ça ? dit Ed.

-A chaque fois que t’es pas la mon chou, répondit Isa.

-Elle est où Phoebe ? demanda Theo.

-sous la douche je crois. Elle n’en revient pas non plus de sa nuit je crois.

-On a fait fort quand même.

-On n’a plus vingt ans, mon pauvre ami.

-N’empêche tu devrais aller voir ce qu’elle fait, c’est un peu long pour une douche non ?

-Ouais, j’y vais.

Quand je suis entré dans la chambre, j’entendais la douche couler dans la salle de bain, je suis rentré en l’appelant doucement.

-Phoebe ?

-Je suis là Dave.

Phoebe était assise par terre sous l’eau, les fesses posées sur le bac en galets noirs de la douche.

-Tu vas bien ?

-Non, je me sens super mal. Tu te rends compte ? C’est ma première vraie grosse cuite.

-C’est de ma faute, j’aurais dû tout arrêter quand c’était encore possible, j’ai vu arriver le moment où on partait en vrille et d’habitude c’est toujours là que je descends.

-Pourquoi tu ne l’as pas fait ?

-Parce qu’hier soir à ce moment là on était tous ensemble. Je veux dire, j’étais avec tous ceux que j’aime et que j’apprécie, dans un endroit fantastique et isolé, loin du monde. Hier soir Phoebe, on était les rois du monde, on était immortels, je n’avais pas envie que ça s’arrête, c’est tout.

-Ha bon ? Pourquoi tu ne m’as rien dit ?

-Tu n’étais pas en état tout simplement, tu dansais nue avec l’aspirateur pendant que Theo faisait du air guitar sur le solo de « I want to break free » de Queen. Ça ne te rappelle rien ?

-Ho putain, non !

-Bah voilà, quoi.

Bon, elle a fini par rire un bon coup sous la douche et elle est sortie de là de meilleur humeur.

-ça restera entre nous, ok ?

-A mon avis les autres s’en souviennent  également, y a pas de raison qu’il n’y ai que moi. Si tu veux on peut leur demander.

-Certainement pas !

-Ouais, ben tu ne saura jamais s’ils le savent ou pas, embarrassant, non ?

-Je cours le risque !

-Bien, allons boire un bon café, après ça on ira faire un tour jusqu’au lac.

La sortie au Lac fut une catastrophe. Quand on a quitté la maison, on s’est rendu compte qu’on était sur la pente et qu’on n’avait pas encore récupéré notre équilibre naturel. Nous avions pour la plupart les jambes en coton et le cœur au bord des lèvres, Ed a tout naturellement fini dans le lac, le pauvre était gelé, on n’a même pas ri.

N’empêche, on avait de la route à faire dans le sens inverse et les idées pas très claires. Il a fallu qu’on attende la fin de la journée pour nous sentir à peu près capable de reprendre la route sans avoir envie de vomir. Le bénéfice du week-end était nul, nous n’avions même pas profité des environs, nous ne nous étions même pas reposé. La nuit était tombée, il faisait froid, la route était légèrement verglacée.

On s’est fait peur plusieurs fois dans les virages en redescendant vers Sacramento, j’avais quelques problèmes de concentration, mais tout avait fini par rentrer dans l’ordre.

On s’est arrêté à Oakland, à la maison de Westminster Drive après avoir déposé Ed et Theo à la station de Rockridge. De là ils se débrouilleraient pour rentrer à San Francisco. Isa est resté dormir chez nous, c’était plus simple, elle ne se sentait pas capable de rentrer chez elle, vers North Beach, et de toute façon elle était déjà ici comme chez elle.

 

 

 

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Par jlm
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Lundi 1 septembre 2008

On se réveillait tranquillement devant un grand café crème et des pains au chocolat quand Isa a débarqué avec son sac et un gros blouson vert pomme.

-Mon dealer s’est fait serrer par les flics ! J’ai plus rien à fumer, vous n’auriez pas un peu d’herbe pour moi ?

-Phoebe et moi on a baissé notre consommation, Isa, Tu ne pourrais pas passer à autre chose ? Notre réserve n’est pas énorme.

Ce matin il faisait assez frais, la ville était plongée dans un brouillard épais et nous étions attablé au Coffee Bar sur Bryant Street à l’angle de Mariposa. On attendait Theo et Ed pour aller se balader du coté de Tahoe. Nous avions Proposé de passer le week-end là bas chez les parents d’un certain Fred, ancien camarade de classe de Phoebe, et accessoirement fils de bonne famille dont le père était copain comme cochon avec le vieil Henry O’Neill.  Phoebe l’avait revu lors d’une nouvelle expo au palais de la légion d’honneur, sa famille venait d’y déposer une nouvelle œuvre de Rodin. Le chalet était arrivé dans la conversation en évoquant de vieux souvenirs de fêtes familiales et Fred proposa les clés à Phoebe pour y passer quand elle voulait. Ce cher vieux Fred donc était passé à la maison une semaine auparavant avec sa copine du moment pour nous déposer les clés. Une fille sympa, jolie, classe moyenne, la tête bien faite et bien pleine. Pas du tout le même milieu social. De ce coté là c’était plutôt du genre familier pour moi. On a passé un moment ensemble, Fred donnait quelques recommandations à Phoebe sur la maison, interdiction de sortir le bateau du hangar, et inutile d’envisager faire une balade en VTT, il faisait déjà très froid là haut. Pas touche aux vins de garde de papa, etc.

Nous, on s’était dit qu’un week-end dans un chalet ça ne se refusait pas, surtout dans un chalet tout confort équipé grand luxe. Du coup, on avait proposé à Isa, Theo et Ed de nous y accompagner.

Il avait fallu une semaine de préparation intensive aux trois compères pour trouver des vêtements chauds adaptés à la montagne et aux soirées près du feu de cheminée. Moi j’avais dit « restez zen, je suis sûr que vous avez déjà ce qu’il faut dans vos penderies » Mais non, Isa, Theo et Ed avaient passé des heures en shopping avant de décider qu’ils étaient prêt. C’était vraiment naze, cette frénésie de shopping compulsif, je veux dire, il faisait déjà froid ici, en ville, nous étions déjà suffisamment couvert.

Bref, nous attendions Theo et Ed en bas de l’appartement, et Isa nous faisait chier avec ses problèmes de dealer.

-Bois ton café Isa, ça te calmera.

-Mais merde, il n’y a que moi pour trouver que ça craint si on se fait un week-end à la montagne sans herbe ?

-Tu nous fais tellement chier avec ton souci d’alimentation bio parfois, et à coté de ça tu fumes encore de la merde, ça ne va pas avec le discours, non ?

-Mon herbe était bio garanti je te signale.

-Commerce équitable aussi ?

-ça se pourrait bien !

-Et depuis quand tu te soucies de commerce équitable ?

-Ha merde…

Pourquoi ne pas avouer simplement qu’elle était mal lunée ce matin ?

Theo et Ed sont arrivés avec leur chargement genre valises pour quinze jours.

-Tu penses qu’on va avoir assez de place dans la voiture ?

-On a loué un 4X4 gros comme un Hummer, Dave, ça devrait aller.

Les mines réjouies des deux derniers contrastaient vivement avec la tête boudeuse d’Isa, Theo le remarqua.

-Qu’est ce que tu as Isa, t’en fait une tête !

-Son dealer s’est fait serrer, elle n’a plus de réserve d’herbe.

-C’est pas grave dit Ed, Theo et moi on en a pour deux semaines au moins.

-Alors t’es contente ? Fis-je.

-Ouais, c’est génial fit-elle, d’un enthousiasme forcé. 

-Attention ne saute pas de joie non plus, c’est mauvais pour la santé.

-Bon on y va ?

C’était parti pour Tahoe, j’embarquais tout le monde, je vérifiais que toutes les portes étaient bien fermées, et nous sommes partis. La brume, différente du fog habituel, ne voulait toujours pas se lever, ça n’était pas vraiment grave en ville, la circulation en ce samedi matin n’était pas très dense, nous sommes arrivés assez vite au pont. C’est une vision et une sensation toujours étrange de traverser le Bay bridge dans le fog, on se sent comme nulle part, comme dans mes vieux films de série B en noir et blanc, à l’approche de la quatrième dimension, on se demande où l’on va atterrir. Là aujourd’hui c’était juste merdique, humide et pisseux. C’était pareil de Vallejo jusqu’à Sacramento, ce temps nous a accompagné pendant une bonne partie du voyage. A l’arrière Theo et Ed étaient en grande conversation pour savoir si Justin Timberlake était Gay ou non, Ed pensait que oui, Theo pensait que c’était du vent pour faire vendre des torchons de la presse people.

-N’empêche dit Ed, c’est un ancien du boys band qui l’a dit.

-Arrête, tu sais bien  qu’ils sont tous des pédés refoulés là dedans, de toute façon.

-N’empêche dit Ed, il bouge sacrément bien pour un hétéro, c’est louche !

-Sauf qu’on en a strictement rien à foutre dit Isa.

Chaude ambiance.

On s’est arrêté manger au Paragary’s bar & oven, à Sacramento, une pause méritée pour de bonnes assiettes de pâtes, tout à fait de saison, et puis nous étions morts de faim. Cependant, nous n’étions pas là pour lui consacrer une page en rubrique culinaire au Chronicle, nous ne nous sommes donc pas attardés. Il y avait un jeune serveur pourtant qui avait fait l’unanimité chez les femmes ainsi que chez les Gays. Le pauvre, tout un service à subir les œillades de Theo, Ed et Isa, tous à la même table, il devait vraiment nous prendre pour des abrutis, ou des pervers.

Le mauvais temps s’est levé après quatorze heures, nous étions bientôt arrivés, l’altitude chassait le mauvais temps et le confinait plus bas. Tant mieux pour nous, tant pis pour les autres.

Il avait dû pleuvoir, la route de montagne était humide. Entre deux rayons de soleil captés dans les virages, le bitume brillait et m’aveuglait par intermittence. L’air sentait un mélange d’herbe fraîche et de bois pourris, une note olfactive pas si désagréable que ça en fin de compte.  Le lac s’est livré à nous d’un coup, majestueux, magnifique. L’eau pure dévoilait une partie de ses profondeurs, c’était magique. Nous venions de traverser la forêt avec une vue limitée à cent mètres au mieux, et là devant nous, une immensité d’eau toute bleue à peine atténuée par une légère brume d’évaporation, au fond, sur l’autre rive.

On a trouvé la maison au bon endroit, un chalet immense dont l’entrée au bord de la route se voyait à peine, comme me l’avait décrit  Phoebe. Les garçons, comme moi, n’en revenaient pas. Pour nous un grand chalet c’était une grande cabane en bois, dans la forêt. Rien à voir avec ça. Construite sur la pente d’une colline, l’entrée par l’arrière était assez banale, on accédait à l’intérieur par l’étage. La maison prenait toute sa dimension par le coté lac avec une superbe vue dégagée sur le panorama et un grand bacon de bois typique. Isa était blasée, elle entreprit de visiter la demeure, suivit des deux folles, excitées à l’idée de séjourner ici tandis que Phoebe et moi partions à la recherche du compteur principal.

-J’allais dire « enfin seuls » !

-C’est mal barré ma chérie.

-Tu as remarqué qu’Isa n’est pas dans ses bons jours ? Et je ne te parles pas de ses provisions d’herbes, hein !

-J’ai remarqué, oui. Je crois en deviner la raison.

-C’est quoi ?

-On est tous en couples ici, à part elle. Elle est entourée d’amis, certes, mais elle n’aura personne dans son lit cette nuit, c’est ça qui l’emmerde. Un chalet ici, c’est fait pour les amoureux, pas pour les célibataires.

-Oui, tu as raison, on aurait dû y penser.

-T’as pas un mec célibataire et hétéro dans ton boulot qui pourrait lui convenir ?

-Non, à ma connaissance il n’y a pas de suicidaires chez nous.

-C’est bien dommage. Si j’avais su j’aurais cherché un Escort Boy sur Craigslist ! On se serait cotisés.

-Elle est tout à fait capable de se trouver un type toute seule, Dave.

-Mouais, en tout cas c’est pas la grande forme depuis ce matin, tu pourrais essayer d’avoir une conversation avec elle, non ? Entre filles.

-Oui, je verrais ce que je peux faire ce soir, ok ?

Il y avait au moins cinq chambres, on pouvait choisir sans se battre, chacune était décorée avec un style différent, nous avons choisi la chambre Pop Art, très colorée. Au dessus du lit il y avait un fabuleux triptyque de Rosenquist, le « President Elect », une copie, me dit Phoebe. Par contre celui là, c’est l’original, Le « got a girl » de Peter Blake à Londres est une reproduction. Tu sais comment ils l’ont eu ?

-Pour un rail de coke ?

-pour un week-end ici, tout simplement, les parents de Fred ont toujours fricoté avec des artistes fauchés, c’est le meilleur moyen d’acquérir des toiles à moindre coût.

-Je vois, pendant la ruée vers l’or, ils vendaient des pelles déjà ?

-C’est un peu ça.

-Ha les enfoirés ! Enfin, bravo quand même !

Theo et Ed avaient choisi une chambre byzantine avec des décors chargés en motifs floraux, des rouges et des ors. Une vraie chambre de princesse, ils étaient fous de joie.

Isa, elle, avait opté pour un style contemporain. Des meubles aux lignes  épurées, une cascade numérique qui bougeait vraiment sur le mur. C’est de l’art dynamique, me dit Phoebe, la nouvelle tendance du moment, et ça c’est une œuvre merveilleuse de Patrick Goubet.(1)

-Gubay ?

-Goubet, un Français, un grand artiste.

-Ha !

 

*

 

Une fois les affaires déballées et rangées, nous nous sommes effondrés dans les profonds canapés du salon. Phoebe s’était mis en tête de nous préparer une spécialité de poulet Cajun, elle en profita pour demander de l’aide à Isa. Moi, je débouchais une bouteille de vin trouvée dans la cuisine, un chardonnay quatre vingt dix neuf de Napa Valley.

-Isa je peux te parler franchement ?

-Oui ?

-Dave et moi avons remarqué que tu n’avais pas l’air dans ton assiette depuis ce matin, et pas à cause de ton herbe. Il y a quelque chose d’autre qui te préoccupe ?

- Ça se voit tant que ça ?

-Heu oui, d’habitude tu ne t’en fais pas pour si peu je crois, non ?

-C’est vrai.

-C’est quoi le problème alors ?

-Ce matin quand je me suis demandé avec qui j’allais venir, c’est dans mon placard que j’ai dû choisir entre mon god vibrant ou un sachet d’herbe. Tu vois ce que je veux dire ?

-Tu as des envies de vie de couple maintenant ?

-Oh mon dieu non ! Surtout pas. Mais je fais le tour de mon carnet de bal et je m’aperçois que je n’ai même pas un pote de baise qui pourrait me rendre service le temps d’un week-end. Je n’assure pas avec les mecs, ça fini toujours de la plus mauvaise manière.

Tu as songé à voir un psy ?

-J’en ai vu trois, j’en ai baisé deux. Un mec et une nana. Le troisième était gay. Et tu sais le meilleur ? Ce sont eux qui se sont jeté sur moi.

-C’est complètement dingue !

-Oui, comme tu dis, les psy sont censés rester neutre, ceux là se sont comportés comme des cons.

 –En même temps ta vie c'est comme un roman porno, des cas comme toi c’est pas souvent que ça leur arrive !

Phoebe et Isa se marraient en coupant les légumes.

-Ouais, je sais ! Du coup je prends sur moi, j’essaye de gérer ma vie, mais c’est pas simple, j’obéis constamment à des pulsions. Il n’y a qu’au bureau que ça va. Là bas je reste cool.

-Et comment tu vis tout ça ? Enfin, je veux dire, tu ne pètes jamais les plombs ?

-Non, j’assume à fond, je garde le contrôle, comme les cascadeurs. Tu vois le truc ? ces mecs là font des choses qu’ils savent dangereuses, mais ils calculent les risques en permanence, moi c’est pareil. Mais il arrive, comme ce matin, que je sois contrariée. Ça va mieux là. C’est bon.

 

*

 

Dans le salon, à moitié allongés dans les  canapés, les pieds sur la table basse en pierre de montagne, les deux folles avaient décidés de me faire chier.

-Elle n’aurait pas grossi, Phoebe ?

-Comment ça ?

-Je la trouve plus dodue en ce moment, et puis elle a les seins qui poussent ou elle a fait une chirurgie ?

Ed étaient complètement affalé, la tête sur la poitrine de Theo, un petit sourire narquois sur les lèvres, les yeux mi-clos.

Théo souriait plus ouvertement.

-Vous avez quoi dans la tête, les deux pédés, là ? Vous voulez en venir où ?

-Et bien avec Ed on se demandait si elle n’était pas enceinte, c’est tout, on pensait même que ce week-end c’est une sorte de manière un peu romantique de nous l’annoncer, voilà. Alors ?

-Alors quoi ?

-C’est ça ?

-Non mais ça ne va pas ou quoi ?

-Ou alors elle ne te l’a pas encore annoncé à toi non plus ? Dit Ed.

-Rien du tout, oui ! D’abord elle ne s’est pas fait refaire les nichons, ensuite elle n’a pas grossi, ok ? Je l’aurais deviné non, vous ne croyez pas ?

-Faut dire que vous manquez un peu de finesse et de nez, vous les hétéros.

-Tu me prends pour un homme des bois ou quoi ?

-C’est à toi de voir…

-Vous savez que vous m’emmerdez là ?

-écoute, on est désolé, si tu n’es pas au courant, on ne voulait pas te l’annoncer avant elle, on est désolé, hein chéri ?

-Oui dit Ed, franchement on pensait que tu le savais.

Les cons, ils m’avaient fichu un sacré doute. Je me suis levé.

-Bougez pas de là vous deux.

Je suis allé vers la cuisine pendant que les filles continuaient leur conversation, j’ai négligemment pris Phœbe par la taille, pour essayer de mesurer, je lui ai caressé les seins, mais rien. J’étais pas foutu de voir si c’était comme d’habitude ou pas. Un coup je me disais « ils auraient peut être raison », et ensuite « mais non y a rien ».

-Dave, arrête de me peloter, et retourne là bas, tu veux ?

-Désolé…

-C’est bientôt prêt, vous n’avez qu’à préparer la table.

Je suis retourné dans le salon.

-Non mais c’est pas croyable, vous faites vraiment chier vous deux, maintenant je vais rêver bébé toute la nuit avec vos conneries.

Ils se sont mis à rire comme des ânes, fiers d’eux.

-On t’a bien eu, Dave ! On te mène en bateau depuis tout à l’heure ! N’empêche tu vois, on a réussi à te mettre un gros doute, hein !

Je reconnaissais qu’ils m’avaient bien eu tous les deux. J’étais bon joueur, j’ai ri avec eux.

-Vous êtes quand même de beaux enfoirés !

Les filles revenaient de la cuisine avec les plats.

-Qu’est ce qu’il se passe ici ? demanda Isa.

-Rien, ils ont fumé voilà tout.

-Avant de manger ça ne se fait pas, merde !

-Ha bon, tu as des principes maintenant ?

 

Le Poulet de Phoebe était délicieux, le vin excellent, la soirée brillante. On s’est fait un strip poker après avoir fait tourner un gros joint. Même Phoebe, défoncée, s’est jointe à la partie, et on a tous fini par courir dans tous les sens complètements nus, en jouant à la pieuvre. Theo faisait admirablement la pieuvre avec les bras, cherchant à attraper le plus de monde possible dans la pénombre des couloirs de l’étage. On s’étranglait de rire et de peur à la fois, chaque fois qu’il surgissait en hurlant.

On s’est ensuite jeté sur les bouteilles d’alcool fort pour aller plus loin encore je suppose. J’ai ressenti cette étrange impression, à un moment donné, qu’on basculait vers le no limit, l’instant où l’on pouvait dire stop et tout arrêter, on n’en a rien fait. Je ne sais plus si on a dormi cette nuit là, mais en tous cas à un moment donné il y a eu black out total.




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(1) Patrick Goubet est considéré comme un des principaux chef de file de l'art dynamique, qui est un des prolongements de l'art numérique. Sa particularité est de mettre en mouvement les images et de donner aux créations numériques, le souffle de vie dont les surréalistes rêvaient. (cliquez sur l'image)

Par jlm
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Samedi 30 août 2008

Isa est rentrée samedi dans la soirée, elle était partie en fin d’après midi de Rome pour arriver avec le décalage horaire à l’heure parfaite pour sortir, dîner, et se saouler. Nous étions tous heureux de la retrouver. Pendant le vol elle avait eu le temps de se reposer, elle pétait le feu. La tribu était réunie pour l’accueillir, Phoebe, Theo, Ed et moi.

Mis a part les événements liés à la sortie de Las Vegas pour Theo et Ed, et  l’infarctus du père de Phoebe, on pouvait dire que la semaine avait été calme. La routine des affaires dans le monde des arts, de la finance et des fleurs. Theo et Ed étaient toujours ensembles, peut être plus amoureux qu’avant, tandis que nos liens s’étaient resserrés pour ce qui nous concernait, Phoebe et moi.

Isa est arrivé pimpante, débordante de vie et de marques d’affections, nous embrassant tous avec fougue. Ce petit voyage l’avait regonflé à bloc. Elle était vraiment rayonnante, je lui trouvais presque quelque chose de changé.

-Ha ce que je suis contente de vous revoir, vous n’imaginez pas à quel point ! Vous êtes beaux, tous autant que vous êtes.

-T’es pas mal non plus tu sais ! Tu n’aurais pas un peu changé ?

-Non, rien du tout Dave, je me suis rechargé les piles à blocs, c’est une Isa toute neuve que tu vois. Et toi Theo ? Un petit caca nerveux le week-end dernier ?

-C’est Dave qui t’as raconté ça ? Le salaud !

-Ho hé, ça va, hein ! 

Tu n’es pas le roi du commérage toi non plus ?

-Houlà, ça va bien ok ? dit Phoebe en riant, je propose qu’on récupère les bagages et qu’on parte d’ici.

Une fois les valises dans le coffre, nous avons quitté l’aéroport pour Mission Street.  Theo et Ed avaient organisé un dîner pour fêter le retour d’Isa dans un restaurant tout nouveau et branché, le Levende Lounge(1), presque en dessous de l’autoroute 101. Ce n’était pas de la cuisine extraordinaire, mais c’était l’endroit où il fallait être en ce moment. Cadre agréable, DJ, bonne ambiance, population relativement jeune, genre cadres dynamiques, l’idéal pour passer un super moment à écouter le récit des vacances d’Isa en Europe.

Elle ne s’est pas faite prier longtemps à vrai dire. Elle était le centre de toutes les attentions, la reine du bal, même Phoebe avait hâte d’entendre ses histoires de cul.

-Bon alors, tout à commencé dans l’avion. Je suis tombé sur un anglais, un jeune mec tout beau qui rentrait chez lui après un voyage d’étude, il venait de passer une semaine du coté de Squaw Valley à se les geler alors je l’ai un peu réchauffé vous voyez le genre ? On a parlé de San Francisco, de Londres, je lui ai dis que je ne connaissais pas l’Angleterre et que j’y allais pour m’amuser, que j’étais open a plein de nouvelles expériences, et il m’a vite compris. Il me disait qu’il était du genre a faire la fête, qu’il voulait bien me servir de guide pour mon séjour à Londres, alors banco, on s’est mis d’accord sur deux journées d’enfer.

-Vous n’avez pas perdu de temps !

-Non, effectivement, on a conclu le pacte dans les toilettes de l’avion, mais malheureusement il en avait une petite et ne savait pas s’en servir, une vrai catastrophe, il est parti en cinq minutes alors que je n’avait même pas eu le temps de m’échauffer, non mais vous imaginez ?

-Je te rassure, même chez nous, les pédés, les anglais n’ont pas une réputation terrible ! Dit Theo.

-T’as déjà baisé un Anglais ? dit Ed.

-Bah, oui, comme tout le monde, non ?

-Je peux continuer ?

-Vas y ma belle, répondit Theo.

-Bon, une fois à Londres, on a posé les valises chez lui et il m’a emmené dans un pub de Camden, c’était bourré d’étudiants. Je crois qu’il avait voulu m’impressionner avec ses potes, la bière coulait à flot, ils buvaient comme des malades, comme s’ils faisaient la course vous voyez ? C’était à celui qui serait malade le premier, j’avais l’impression d’être dans une foire viking. Et puis tout y passait, alcools, drogues, des vrais tarés, je me demandais vraiment ce que je foutais là. Bref, j’ai récupéré le type, je l’ai fusillé sur place, et j’ai récupéré mes affaires. Le lendemain je faisais une rapide ballade en ville et je quittais l’Angleterre pour la France.

-T’as pas perdu de temps donc !

-Non, c’était mal barré de toute façon, je n’avais pas envie de perdre du temps avec des gros balourds plein de bière. Il aurait fallu que je rencontre quelqu’un d’autre, tout était à refaire, j’ai préféré partir.

-Direction la France alors ?

-Oui, j’ai pris le train, et je suis arrivé à Paris deux heures après environ en passant sous la manche, c’est dingue, hein !

-Ouais, et Paris alors ?

-Rhâ génial ! La gare où j’ai atterri étais vraiment pas terrible, mais j’ai rapidement pris la direction du centre et j’ai trouvé un hôtel pas très loin des Champs Elysées, franchement pas trop cher, je m’attendais à pire avec le prix de l’euro. Le temps de manger un morceau et de défaire mes valise, je suis parti sur l’avenue pour jeter un œil à toutes les boutiques de luxe, profiter des terrasses et ce genre de chose. Et puis je suis tombé sur le grand palais, un grand bâtiment qui sert de lieu d’expositions avec une immense verrière au dessus, splendide. Il y avait justement une exposition sur les peintres impressionnistes, je suis entré et je suis tombé sur mon premier Français, Sébastien.

-C’est là que ça devient croustillant ? demanda Ed.

-Yeah ! Définitivement !

-Vas-y raconte !

Le type est prof d’arts plastiques dans un lycée de la ville, il vit dans un petit appartement avec vue sur le sacré cœur près de Pigalle, on est donc parti chez lui, on a bu un verre ou deux et on s’est collé au lit directement. Y a pas a dire, il savait y faire, on y a passé l’après midi, c’est vous dire ! Ensuite, il a tenu à me montrer son quartier au pied de Montmartre, j’avais l’impression d’être à Tenderloin avec les clubs, les sex-shops, et l’animation qu’il y a autour de tout ça, mais en plus chaud encore. On a vu le moulin rouge, le chat noir, les petits passages discrets avec des maisons splendides, et la butte Montmartre avec tous les touristes, c’était assez incroyable, c’est comment dire, sale et joyeux, on se fait accoster tous les dix mètres pour entrer dans un peep show.

Ensuite on a dîné dans un tout petit restaurant avec une amie à lui, Florence, et on a passé toute la soirée et une bonne partie de la nuit a discuter de tout et de n’importe quoi. De l’histoire de Paris, d’anecdotes sur le quartier, de la commune et de sexe aussi.

-Je me disais aussi, fit Theo.

-Ensuite on est monté sur la butte, on a évité l’esplanade bondée, et il nous a emmené nous asseoir sur les marches d’un escalier qui faisait face au nord, à la banlieue, toutes ces petites lumières, c’était comme un ciel étoilé.

-Elle a fini comment ta soirée ?

-Bah, c’est simple, son amie est bi comme moi, je crois que c’est peut être pour ça qu’il l’avait invité à passer, alors je leur ai proposé de faire ça chez moi à l’hôtel sur les Champs et nous voila partis.

-Tu étais bien tombé en somme !

-Ouais ! Pourtant il faut les décrypter, ils ne sont pas directs, il faut savoir deviner, tout est dans la séduction, mais vous me connaissez, je les ai mis à l’aise tout de suite ! Le lendemain, je déménageais mes affaires chez lui, et on a passé trois jours à alterner les visites de Paris - et pour ça je peux vous dire, qu’il a fait un sacré effort pour me montrer tout ce qu’il pouvait, c’était vraiment super gentil – et les galipettes dans tous les endroits possibles. On a même passé une soirée dans un Sauna libertin, c’était vraiment torride !

-Tu t’es vraiment gavée de sexe alors, dit Theo.

-Ouais, exact, et puis tu serais heureux là bas, à coté de la mairie de Paris il y a un quartier réservé aux pédés et aux gouines, le Marais.

-Je connais dit Phoebe, il y a pas mal de galeries d’arts par là bas et des petits restaurants pas chers et super bon.

-Bon, et puis tu as quitté Paris après ça ? Dis-je.

-Oui, j’avais prévu d’aller à Rome pour finir ma ballade, mais franchement je serais bien resté à Paris quand même. Je les ai quitté la larme à l’œil en récupérant leurs numéros de téléphones et leurs adresses mails, et je me suis envolé vers Rome.

-Dans l’avion alors ? Pas de rencontre ?

-Non, c’est en arrivant là bas que j’ai rencontré Guido, un chauffeur de taxi. Il m’a baratiné pendant le trajet dès la sortie de l’aéroport, et comme il était sympa et beau gosse je lui donné rendez vous à l’hôtel après son boulot. Lui par contre il ne pensait qu’à baiser et à me présenter à sa famille. Pour la baise il n’y avait pas de problèmes, il était même aussi doué que Sébastien, mais un vrai moulin à parole. Il me disait qu’il aimerait bien venir ici pour bosser, qu’il avait de la famille du coté de North Beach, qu’il faisait les pâtes comme un dieu, ça m’a vite saoulé, j’avais pas spécialement envie de ramener un souvenir vivant. Du coup, j’ai passé le temps qu’il me restait à visiter la ville avec le guide que m’avait donné Phoebe, les Musées du Capitole, la Galerie Borghèse, le musée du Château Saint-Ange, la Galerie nationale d'art moderne et le Musée d'art contemporain, voilà, ensuite retour à la maison avec des petits cadeaux pour chacun de vous !

Elle avait pris le temps de penser à nous pendant son périple Européen, Isa était l’incarnation de la générosité, un cœur énorme. Phoebe avait hérité d’un gros livre sur la civilisation Romaine, Theo et Ed de sous vêtements dégotés dans une boutique de fringues Gay du Marais, et moi de quelques CDs de rock Français sélectionnés par le fameux sébastien. Tout le monde l’a embrassé, Theo lui a fait un énorme câlin en sa qualité de plus vieil ami, c’était émouvant.

On a passé une soirée formidable au Levende. Tout le monde lui faisant ensuite le résumé de la semaine de la manière la plus drôle possible, Phoebe réussissant même à pouffer de rire lorsque Theo raconta la soirée dans sa fameuse Back Room et lui expliqua le principe des glory hole. Phoebe à son tour raconta notre nuit à l’hôpital en insistant sur la vivacité d’esprit de la fameuse Jenny et sa formidable crédulité et aussi l’arrivée en fanfare de sa mère. J’appris par la même occasion que le vieil Henry était rentré chez lui et que sa chère et tendre Hélène ne l’appelait plus que « bébé », ce qui le rendait dingue.

Vers Minuit Phoebe et moi sommes rentré à Oakland bien sagement, tandis qu’Isa et les garçons se rabattaient vers Castro pour continuer la fête.

 

(1)http://www.levendesf.com/

 


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Par jlm
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A propos de moi...

  • sentiers-battus
  • : Que dire ? que j'écris, que ça vient tout seul, que je ne sais pas encore quand cela s'arretera. J'ai déjà créé une belle gallerie de personnages et j'aime les faire vivre un court instant pour saisir une tranche de vie. et vous ça va ?

Présentation

Coupat.....ble

 


Julien Coupat est toujours en prison...sans preuves, parce que "l'antiterrorisme est la forme moderne du procès en sorcellerie".

Du côté de la police, on commence à paniquer, il faut trouver des éléments convaincants pour justifier tout cela… à mon avis il va y avoir une grosse manipulation sous peu, un truc qui va exploser dans la presse, que des zélés scribouillards comme Cornevin du Figaro se chargeront de relayer, et qui leur permettra de (tenter) de dire “Vous voyez, c’étaient des méchants, on a eu raison des les coffrer…”

[David Dufresne - Mediaprt - Jeudi 23 avril 2009]

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Pour résumer...

  "Les Anges" est une gallerie de personnages de la Bay Area, des gens ordinaires pris en flagrant délit de rien, dans leurs vies de tous les jours, comme un recueil d'instantanés. "Les Anges" parle de vous, de moi, de tout le monde. Des vies ordinaires, insignifiantes, mais baignées par le vent, le fog et le soleil californien et l'esprit de ceux qui m'ont influencés. Kerouac, Djian, et le vieux dégueulasse. Il se trouve maintenant (et pour moins cher) chez "thebookedition"

  Isa (Too Drunk To Fuck) c'est la rencontre de Dave, Isa et Theo, mais c'est aussi Phoebe et Ed, une bande de trentenaires en décalage avec la morale et les conventions entre le Castro et Valencia, North Beach et Oakland. Ensemble ils vont affronter quelques épreuves, les conneries d'Isa, l'homophobie et les principes religieux. Il y aura bien de l'alcool, de la drogue et du sexe, il y en aura pour tout le monde, homos ou hétéros, mais c'est surtout une chronique de la tolérance au quotidien autour de la baie de San Francisco.


Ned's Rock est une histoire sur le deuil et la résilience,  une rencontre entre deux personnes écorchées par la vie, dans le nord de l'Amérique et la région de Seattle. C'est aussi un retour sur le passé pour une femme et un homme qui n'ont pas grand chose d'autre en commun que leurs regards sur de vieilles blessures et la manière d'y faire face.

OD comme Over-Dose, comme ode, comme Over-Drive, comme Oscar Douglas, comme Occupation Double, comme Opération Délicate, comme Origine Diverse, comme Objet Direct, surchauffe, des bouts de rien, des morceaux de pas grand chôse, rien de très joli en tout cas, ni rien de sérieux...

 

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Les Tee shirts de la semaine sont des créations personnelles pour financer l'envoi de manuscrits (la poste, la reliure et les feuilles) là dessus je ne touche que 2€ par commande, cliquez sur ce lien, il y en a plein d'autres et vous pouvez choisir la couleur, la coupe, toussa toussa....(on se débrouille comme on peut)

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TibiscuitLe Blog de Thuy PHAM, une rennaise en séjour à San Francisco.  Thuy ne se raconte pas vraiment sur son blog, mais le déroule comme un carnet de voyage.  Plein d’articles sur la ville, les bonnes adresses, les évènements culturels, les ballades hors de la ville (Los Angeles, San Diego, Lake Tahoe.) Thuy raconte également les différences culturelles entre la France et la Californie, c’est le journal d’une expatriée.

Un stock impressionnant de photos !

Nathalie Pahud-Briquet

 Nathalie Pahud-Briquet

Nathalie Pahud est enseignante et photographe. Je suis tout d'abord tombé par hasard sur ses photos sur Flickr. Des photos d'elle, de ses ballades, de la ville et une magnifique gallerie de portraits. Ensuite, j'ai trouvé un ancien Blog ou elle se raconte, et parle de son expérience d'enseignante de l'East bay.
Elle m'a gentillement autorisé à utiliser deux portraits pour l'histoire de
Mad Joe & Tricky, et inspiré une autre histoire, La plus grande petite ville du monde.
Je vous invite donc à aller faire un tour sur sa Gallerie.


Les Nouvelles nouvelles Chroniques de San Francisco

Le Blog de Didier, un Expatrié Français à San Francisco. Ses tribulations, ses ballades, ses reflexions, à la découverte des clés qui permettent de mieux connaitre la ville, ses habitants et le système Américains.

Obligatoire part. II

Go Francisco



Go Francisco est un site pertinent bourré d'infos sur la ville, mis à jour régulièrement.
Si vous voulez des adresses de restos, des indications sur le climat, ou tout simplement, si vous voulez ramener des fringues mais que vous ne connaissez pas votre taille US, tout y est.
Vous y trouverez également des WebCams, et un forum de discussion.


Des grenouilles dans la vallée

Des grenouilles dans la vallée, un blog très fourni par un expatrié qui vit et travaille à San Francisco depuis une dizaine d’année. Egalement une grosse source d’informations sur  les us et coutumes des habitants de la baie, la culture, et la géographie, la bouffe et les humeurs. Des articles intéressants, drôles et variés, un des meilleurs blog d’expat qu’il me soit arrivé de lire.

 



SF GATE est le site internet du SF Chronicle, Le journal où est censée travailler Phoebe. Il constitue l'un des plus importants journaux de Californie. Il a été créé en 1865, et s'appelait alors The Daily Dramatic Chronicle. Il est possédé par la Hearst Corporation, et son tirage quotidien atteint 512 000 exemplaires en semaine, et 540 000 le dimanche. Cliquez directement sur la bannière si vous voulez consulter son site.



Craigslist est un site Web créé par Craig Newmark, offrant des annonces classées (avec des rubriques telles qu'offres d’emplois, curriculum vitæ, logements, annonces personnelles, objets/services désirés/offerts/à échanger et événements communautaires)
 ainsi que des Forums de discussion sur différents sujets.
C'est LE site d'annonces de référence à San Francisco qui a fait son chemin depuis sa création en 1995, puisqu'on le retrouve maintenant aussi à Paris




Only in sanfrancisco est le Blog de Geneline : un personnage à deux têtes féminines qui totalisent à elles deux vingt ans de vie à San Francisco, vingt ans de découvertes et d’amour de cette ville mythique.
Beaucoup d'informations pour moi, pour connaitre la ville, des billets courts et pertinents...

 


Le principe du site est simple, chaque jour (si possible, mais il peut arriver qu'il y ai une absence) Manuel Guerzoni, un photographe Français expatrié, met en ligne une nouvelle photo de San Francisco. Une simple photo, enfin pas si simple que ça. Ce ne sont pas des photos pour cartes postales, ni le genre souvenir de vacances, ce sont les rues, les gens, le coeur de la ville.


Fog Bay est comme un livre de voyage, un blog qui vous fait découvrir San Francisco au jour le jour. Son auteur voulait créer un lieu pour montrer sa ville, ses bons coins pour ses amis ou ses invités de passage. C'est très réussi.

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La vie trépidante d’Eve, fan des Cramps, des Adicts et de tout le punk old school en général. La musique et le cul, le tir de scud, et les problèmes de ménage entre deux binouzes.  C’est très drôle. Si vous n’aimez que le mainstream, passez votre chemin..





On the road with Jerry


 un blog qui  se propose de nous faire découvrir la culture des 60’s, l’art, la musique, la littérature, le cinéma, la Beat Generation. C’est aussi un blog fortement influencé par la musique de Jerry Garcia et des Gratful Dead. Un blog qui parle aussi de la relève, des nouveaux groupes blues – folk – garage…


Une petite chanson toute molle :



Mais peut être préfererez vous les ARCTIC MONKEYS  et leur "FAKE TALES OF SAN FRANCISCO"





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