Jeudi 18 juin 2009

J’ai fini par téléphoner à Julien pour avoir des nouvelles de Claire. Il était près de midi et je le réveillais.  Julien, la voix pâteuse, me certifia encore une fois qu’il tuerait probablement le connard qui lui avait refilé de la merde, et me rassura sur la santé de sa copine. Elle dormait encore ou plutôt, elle dormait enfin après avoir  passé une partie de la nuit sur la cuvette des chiottes à se vider d’un coté comme de l’autre. Il avait passé une partie de la nuit près d’elle à lui éponger le front et à lui faire boire des tisanes tièdes pour lui éviter de ne gerber que de la bile tandis qu’elle lui déversait ses colères, puis il avait fini par la lâcher et la laisser se débrouiller seule. Elle lui en avait voulu, il l’avait envoyée promener et c’en était resté là, je ne pouvais pas compter sur eux avant un bon moment.

Je suis finalement rentré chez moi dans l’idée de bosser un peu. J’avais besoin d’écrire, de jeter sur mon écran les plans de mon avenir incertain. Il fallait que je pose les choses comme on construit un mur, en plaçant les parpaings les uns après les autres, ou comme un casse tête que l’on fait et que l’on défait jusqu’à sa réalisation parfaite. Oui, un casse tête, l’idée me semblait plus juste que le mur de briques. J’avais de sacrés écueils sur ma route. D’abord le montage d’un dossier bétonné et étayé, un business plan qui tienne la route, faire un état des lieux des existants, du marché, de la demande, tout ce micmac se bousculait dans mon esprit et je me demandais si je ne devais pas faire profil bas et continuer de faire ce que je faisais.

Je suis tombé sur Nathalie, ma voisine qui sortait de chez elle pour relever le courrier de la semaine. Ça sentait bon derrière sa porte, elle était en train de cuisiner ou venait de finir, un parfum d’Italie, une odeur de pâtes et de parmesan, d’oignon et de basilic.

-                     Salut Louis !

-                     Salut Nat, ça sent bon chez toi !

-                     C’est un plat de pâtes qui mijote, tu as faim ?

-                     Ça me donne faim en tout cas !

-                     Hé bien rentre, il y en a pour deux.

-                     On pourrait se boire un verre de vin qu’en dis-tu ? je peux aller en chercher une bouteille chez moi.

-                     Bonne idée !

Nathalie vit seule depuis près d’un an, depuis qu’elle s’est installée juste en face de chez moi après une rupture compliquée. Depuis elle se concentre sur son boulot, son chat et son blog culinaire qu’elle alimente de ses expériences dont je suis parfois le cobaye. J’ai de la chance, c’est souvent excellent. Accessoirement elle a aussi expérimenté avec moi le concept de « fuck friend » après une soirée où nous avions arrosé la mort de sa cuisinière électrique. Elle avait un plat sur la plaque, les plombs avaient sautés, paniquée elle avait frappé à ma porte et nous avions terminé la cuisson chez moi en buvant sans doute plus que de raison. Nous avions discutés d’un peu n’importe quoi, elle m’avait confié une partie de ses histoires avec son ex et ses chagrins dans un instant propice au réconfort. Je l’avais prise dans mes bras un peu maladroitement, elle m’avait embrassé et déshabillé sur le vieux canapé du salon. Le lendemain, nous nous sommes réveillés en nous demandant comment nous en étions arrivé là, et passé le choc du réveil, avions convenu avoir passé une nuit sommes toute « intéressante » mais que ni l’un ni l’autre n’étions près à nous lancer dans une nouvelle aventure. Malgré cela, nous passions du temps à inventer des prétextes pour passer du temps chez l’un ou chez l’autre. Pas de sentiment amoureux, juste du sexe. Il n’était pas question que je frappe à sa porte pour lui demander si elle voulait baiser, elle s’en abstenait aussi. Mais voilà, ça venait comme ça, il suffisait de se croiser et de se trouver dans les  mêmes dispositions au même moment.

    Le temps de prendre une bouteille dans ma cuisine, nous nous sommes retrouvés devant sa porte. Elle portait un ensemble en lin coloré certifié bio équitable, une paire de tong en paille tressée et un bandana dans les cheveux. Pour le reste, elle ne semblait rien porter d’autre, la conjoncture semblait favorable, j’en profitais donc pour lui caresser discrètement les fesses. Elle se retourna vers moi en souriant et glissa la clé dans la porte.

Mon appartement donnait à l’Est, le sien vers l’Ouest. J’avais peu d’ensoleillement à cause du bâtiment d’en face, elle profitait du soleil à partir de midi et jusqu’au soir, n’ayant pour tout masque qu’un lointain immeuble dont elle était séparé par un grand jardin. J’appréciais sa déco dépouillée, zen, et son salon comme une vaste banquette circulaire autour d’une vieille table ronde indienne. Sur le mur opposé recevant le soleil trônait un bouddha débonnaire encadré de brûloirs à encens, trip new age ou conviction profonde, je n’en savais rien, la semaine elle prenait une posture plus conventionnelle pour filer vendre des assurances et des téléphones à des clients qui ne désiraient qu’ouvrir un compte ou discuter de leurs découverts. Je lui demandais parfois par jeu si la banque n’était pas devenu le nouveau repaire d’escrocs à la mode ou ce qu’ils avaient fait de nos bons vieux banquiers et des cohortes de conseillers financiers qui semblaient avoir disparus. Je lui demandais où se situait son éthique et sa confiance dans le système, elle me répondait qu’elle ne se nourrissait pas de rêves.

En parlant de rêves je lui fis part du mien, de ce que je ruminais depuis un bon bout de temps.

-                     J’ai le projet d’ouvrir une galerie d’art.

-                     Oh ? ça te prend comme ça ?

-                     Non, ça fait longtemps déjà. Je pense à un lieu où les amateurs pourront échanger avec les artistes, mais des jeunes, pas des vieux connards prétentieux ! Un espace humain comme chez un disquaire, avec des toiles dans des bacs, un espace pour des show cases et une machine à café.

-                     Tu rêves mon pauvre vieux ! les galeries obéissent à des codes, s’organisent en réseaux d’initiés, tu ne connais personne.

-                     Je n’en ai rien à foutre, justement ! je ne travaillerais que pour des jeunes artistes, ceux dont tout le monde se fout.

-                     Des artistes à deux balles ?

-                     Et alors ? qu’importe le prix, ce qui compte c’est la vibration de l’art, celle qui pénètre en toi, celle qui fait que tu n’as pas envie d’avancer mais de rester devant parce que dedans il y a quelque chose qui t’intrigue qui te colle, qui te fait entrevoir l’ombre ou la lumière, l’espoir ou le désespoir. Et si ça ne vaut pas grand-chose, parce que l’artiste n’est pas coté, alors on aura une chance de toucher un vaste public, celui qui croit que l’art n’est que pour les plus fortunés. De même que Warhol disait que chacun pouvait avoir son quart d’heure de célébrité, moi je dis que tout le monde peut avoir accès à l’art.

-                     T’es fou.

-                     Tant pis, ou tant mieux, le monde manque de fous dans mon genre.

-                     Et puis quoi ? Tes client ce seront toujours les mêmes, si tu créés un buzz ils viendront vampiriser tes œuvres et au final tu ne seras qu’une galerie de plus, noyée parmi les autres, un simple marchand de peintures

-                     Tu veux me saper le moral ?

-                     Non, je teste ta résistance à la critique, tiens, débouche ta bouteille.

-                     Franchement, dis-moi, tu crois que c’est irréalisable ?

-                     Je n’en sais rien, je n’y pas grand-chose dans ce secteur. Mais objectivement, Paris est une ville très ouverte et compte beaucoup sur ce marché, non ? Et puis je suppose que la matière ici ne manque pas…Mais le nerf de la guerre !

-                     Tu n’aurais pas cent mille euros à me prêter ?

-                     Tu as déjà fait tes comptes ?

-                     Non pas encore, il faut que je voie ça. J’ai encore tout à faire. Mais je comptais un peu sur toi pour me guider.

-                     Si tu n’as pas un centime d’avance ça va être difficile !

-                     Ouais, je n’ai rien, mes poches sont vides.

-                     Tu sais quoi ? on va manger, après on va prendre un peu de bon temps !

Nat est une démineuse de conflit, spécialiste du désamorçage par le sourire et le yoga en tandem. Elle est désarmante, rassurante, captivante. Nous avons donc mangé en silence, assis sur le tapis profond et avons passé une partie de l’après-midi  dans sa chambre à coucher, illuminés par le soleil. Sans réel vis-à-vis, Nat laissait toujours la fenêtre ouverte quand il faisait beau, même pour faire l’amour. Elle détestait les corps à corps dans le noir, l’amour étant une histoire de sens, elle n’y prenait vraiment plaisir que lorsque tous ses capteurs participaient à la fête.

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Par jlm - Publié dans : Une vie parisienne - Communauté : les auto-édités
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A propos de moi...

  • sentiers-battus
  • : Que dire ? que j'écris, que ça vient tout seul, que je ne sais pas encore quand cela s'arretera. J'ai déjà créé une belle gallerie de personnages et j'aime les faire vivre un court instant pour saisir une tranche de vie. et vous ça va ?

Présentation

Coupat.....ble

 


Julien Coupat est toujours en prison...sans preuves, parce que "l'antiterrorisme est la forme moderne du procès en sorcellerie".

Du côté de la police, on commence à paniquer, il faut trouver des éléments convaincants pour justifier tout cela… à mon avis il va y avoir une grosse manipulation sous peu, un truc qui va exploser dans la presse, que des zélés scribouillards comme Cornevin du Figaro se chargeront de relayer, et qui leur permettra de (tenter) de dire “Vous voyez, c’étaient des méchants, on a eu raison des les coffrer…”

[David Dufresne - Mediaprt - Jeudi 23 avril 2009]

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Pour résumer...

  "Les Anges" est une gallerie de personnages de la Bay Area, des gens ordinaires pris en flagrant délit de rien, dans leurs vies de tous les jours, comme un recueil d'instantanés. "Les Anges" parle de vous, de moi, de tout le monde. Des vies ordinaires, insignifiantes, mais baignées par le vent, le fog et le soleil californien et l'esprit de ceux qui m'ont influencés. Kerouac, Djian, et le vieux dégueulasse. Il se trouve maintenant (et pour moins cher) chez "thebookedition"

  Isa (Too Drunk To Fuck) c'est la rencontre de Dave, Isa et Theo, mais c'est aussi Phoebe et Ed, une bande de trentenaires en décalage avec la morale et les conventions entre le Castro et Valencia, North Beach et Oakland. Ensemble ils vont affronter quelques épreuves, les conneries d'Isa, l'homophobie et les principes religieux. Il y aura bien de l'alcool, de la drogue et du sexe, il y en aura pour tout le monde, homos ou hétéros, mais c'est surtout une chronique de la tolérance au quotidien autour de la baie de San Francisco.


Ned's Rock est une histoire sur le deuil et la résilience,  une rencontre entre deux personnes écorchées par la vie, dans le nord de l'Amérique et la région de Seattle. C'est aussi un retour sur le passé pour une femme et un homme qui n'ont pas grand chose d'autre en commun que leurs regards sur de vieilles blessures et la manière d'y faire face.

OD comme Over-Dose, comme ode, comme Over-Drive, comme Oscar Douglas, comme Occupation Double, comme Opération Délicate, comme Origine Diverse, comme Objet Direct, surchauffe, des bouts de rien, des morceaux de pas grand chôse, rien de très joli en tout cas, ni rien de sérieux...

 

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A vot' bon coeur...

 
Les Tee shirts de la semaine sont des créations personnelles pour financer l'envoi de manuscrits (la poste, la reliure et les feuilles) là dessus je ne touche que 2€ par commande, cliquez sur ce lien, il y en a plein d'autres et vous pouvez choisir la couleur, la coupe, toussa toussa....(on se débrouille comme on peut)

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TibiscuitLe Blog de Thuy PHAM, une rennaise en séjour à San Francisco.  Thuy ne se raconte pas vraiment sur son blog, mais le déroule comme un carnet de voyage.  Plein d’articles sur la ville, les bonnes adresses, les évènements culturels, les ballades hors de la ville (Los Angeles, San Diego, Lake Tahoe.) Thuy raconte également les différences culturelles entre la France et la Californie, c’est le journal d’une expatriée.

Un stock impressionnant de photos !

Nathalie Pahud-Briquet

 Nathalie Pahud-Briquet

Nathalie Pahud est enseignante et photographe. Je suis tout d'abord tombé par hasard sur ses photos sur Flickr. Des photos d'elle, de ses ballades, de la ville et une magnifique gallerie de portraits. Ensuite, j'ai trouvé un ancien Blog ou elle se raconte, et parle de son expérience d'enseignante de l'East bay.
Elle m'a gentillement autorisé à utiliser deux portraits pour l'histoire de
Mad Joe & Tricky, et inspiré une autre histoire, La plus grande petite ville du monde.
Je vous invite donc à aller faire un tour sur sa Gallerie.


Les Nouvelles nouvelles Chroniques de San Francisco

Le Blog de Didier, un Expatrié Français à San Francisco. Ses tribulations, ses ballades, ses reflexions, à la découverte des clés qui permettent de mieux connaitre la ville, ses habitants et le système Américains.

Obligatoire part. II

Go Francisco



Go Francisco est un site pertinent bourré d'infos sur la ville, mis à jour régulièrement.
Si vous voulez des adresses de restos, des indications sur le climat, ou tout simplement, si vous voulez ramener des fringues mais que vous ne connaissez pas votre taille US, tout y est.
Vous y trouverez également des WebCams, et un forum de discussion.


Des grenouilles dans la vallée

Des grenouilles dans la vallée, un blog très fourni par un expatrié qui vit et travaille à San Francisco depuis une dizaine d’année. Egalement une grosse source d’informations sur  les us et coutumes des habitants de la baie, la culture, et la géographie, la bouffe et les humeurs. Des articles intéressants, drôles et variés, un des meilleurs blog d’expat qu’il me soit arrivé de lire.

 



SF GATE est le site internet du SF Chronicle, Le journal où est censée travailler Phoebe. Il constitue l'un des plus importants journaux de Californie. Il a été créé en 1865, et s'appelait alors The Daily Dramatic Chronicle. Il est possédé par la Hearst Corporation, et son tirage quotidien atteint 512 000 exemplaires en semaine, et 540 000 le dimanche. Cliquez directement sur la bannière si vous voulez consulter son site.



Craigslist est un site Web créé par Craig Newmark, offrant des annonces classées (avec des rubriques telles qu'offres d’emplois, curriculum vitæ, logements, annonces personnelles, objets/services désirés/offerts/à échanger et événements communautaires)
 ainsi que des Forums de discussion sur différents sujets.
C'est LE site d'annonces de référence à San Francisco qui a fait son chemin depuis sa création en 1995, puisqu'on le retrouve maintenant aussi à Paris




Only in sanfrancisco est le Blog de Geneline : un personnage à deux têtes féminines qui totalisent à elles deux vingt ans de vie à San Francisco, vingt ans de découvertes et d’amour de cette ville mythique.
Beaucoup d'informations pour moi, pour connaitre la ville, des billets courts et pertinents...

 


Le principe du site est simple, chaque jour (si possible, mais il peut arriver qu'il y ai une absence) Manuel Guerzoni, un photographe Français expatrié, met en ligne une nouvelle photo de San Francisco. Une simple photo, enfin pas si simple que ça. Ce ne sont pas des photos pour cartes postales, ni le genre souvenir de vacances, ce sont les rues, les gens, le coeur de la ville.


Fog Bay est comme un livre de voyage, un blog qui vous fait découvrir San Francisco au jour le jour. Son auteur voulait créer un lieu pour montrer sa ville, ses bons coins pour ses amis ou ses invités de passage. C'est très réussi.

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La vie trépidante d’Eve, fan des Cramps, des Adicts et de tout le punk old school en général. La musique et le cul, le tir de scud, et les problèmes de ménage entre deux binouzes.  C’est très drôle. Si vous n’aimez que le mainstream, passez votre chemin..





On the road with Jerry


 un blog qui  se propose de nous faire découvrir la culture des 60’s, l’art, la musique, la littérature, le cinéma, la Beat Generation. C’est aussi un blog fortement influencé par la musique de Jerry Garcia et des Gratful Dead. Un blog qui parle aussi de la relève, des nouveaux groupes blues – folk – garage…


Une petite chanson toute molle :



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