Lundi 4 mai 2009

Dee Dee était un drôle de type  au destin incroyable.
Un pauvre gosse né de l'amour fugace d'un G.I. avec une allemande, qui a passé son enfance comme un gosse de bidasse sur une base US de l'après guerre. Un gosse pas comme les autres, qui a poussé comme une mauvaise herbe entre le désamour et l'alcool. Un gosse rapatrié à New York avec sa mère, pas très loin de Manhattan et qui a grandi, déscolarisé, parmi les freaks de son quartier.
Déjà dans son sillage, Johnny et joey et puis Tommy. Dee Dee le camé, le dealer, sensibilité à fleur de peau. Johnny, le rocker radical, le moteur de la bande, le "punk républicain", et Joey, le tocqué brillant. 
Début d'un groupe qui est rentré au Rock'n'roll Hall of Fame, dans la légende américaine avec dans ses bagages plus de vingt années de carrière. Jean slim troués, perfecto et coupe au bol, la panoplie parfaite.
Mais derrière la façade, des années de galères, de tensions, de conflits, jusqu'à ce que Dee Dee se barre, lui qui avait composé l'essentiel de l'oeuvre sans jamais avoir eu un cours de guitare, sans jamais plaquer plus de deux accords sur sa basse.
Mort au Ramones est la biographie de Dee Dee Ramone, traduite par Virginie Despentes, un bouquin qui prend aux tripes, un livre que je m'étais promis de lire il y a longtemps...

Par jlm - Communauté : Ca et là
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Dimanche 3 mai 2009
Je me suis levé ce matin en pensant à Corso. Dingue, non ? Combien de gens pensent encore à Gregory Corso de nos jours ? sérieux ! Je ne suis pas sur qu'on soit nombreux !
Bref, du coup, j'ai eu l'envie de montrer ce qui restera son oeuvre majeur, le poême "Bomb" dans sa forme originale. Ensuite, je voulais faire un petit topo sur l'homme, mais j'ai trouvé un résumé très bien ficelé, écrit par
Myosotis sur le site Fluctuat.net


"Il n'y a pas grand monde généralement pour défendre les qualités littéraires de Gregory Corso, l'un des quatre chevaliers de la Beat Generation (avec Kerouac, Burroughs, Gingsberg). Corso n'a écrit qu'un seul roman, The American Express, une sorte de farce bizarre où le narrateur attend des chèques qui n'arrivent pas, et quelques poèmes dont tout le monde se contrefout. Son plus célèbre reste "BOMB", un poème calligraphique en forme de champignon nucléaire qu'il balada ensuite sur les scènes de plusieurs festivals anti-nucléaires, comme celui qui est filmé ici à Rocky Flats, à Denver dans le Colorado. "BOMB" est un poème excellent dont voici la flèche ou le pied du champignon.
Ce qui est fascinant chez Corso, par delà ce qu'il écrit, c'est évidemment sa vie. Enfant de deux immigrés italiens, Corso est très vite abandonné par sa mère (qu'il croit retournée en Italie) et délaissé par son père. Livré à lui-même dans Little Italy, il continue d'aller à l'école pendant quelques années alors qu'il vit dans la rue. Il finit arrêté et commence une carrière de petit délinquant qui, de fil en aiguille, le conduit à 14 ans à la prison de Clinton, célèbre pour ses exécutions capitales (chaise électrique) et pour la férocité de ses pensionnaires. A cause de (ou grâce à) son âge et son joli minois, Corso devient le chouchou des prisonniers. Il occupe par hasard la cellule dans laquelle était détenu, quelques mois avant lui, Lucky Luciano et s'acoquine avec quelques gros poissons de la Mafia. Pendant son séjour, Corso dévore la librairie de la prison (enrichie par une donation de ce même Luciano) et se met en tête de devenir poète.
 
Libéré à 19 ans, il retourne à New York où il fait la connaissance de Gingsberg qui en tombe amoureux (sans suites réelles puisque Gingsberg se mettra à la colle ensuite avec Orlovsky) au Pony Stable Bar, un club lesbien où Corso s'est fait "adopter" par les filles et est hébergé comme artiste en résidence. Il intègre peu à peu la joyeuse bande de la Beat Generation etc. Le plus spectaculaire est que Corso retrouvera sa mère dans les dernières années de sa vie. Alors qu'il croyait celle-ci retournée en Italie, comme le lui avait dit son père, sa mère n'avait jamais quitté le New Jersey. Les retrouvailles sont évidemment émouvantes. Corso apprend que sa mère a dû l'abandonner après avoir été elle-même violée et brutalisée par son père devenu fou. Mère et fils développent une relation très intense jusqu'à leurs morts respectives. Le "chaînon manquant" (ce manque de la mère) qui avait déterminé plus ou moins toute sa vie et une bonne partie de son oeuvre, était retrouvé. Corso passera ses dernières années (il meurt en 2001) à essayer de lutter contre la marketisation outrancière du mouvement Beat.
 
 
Ce qui frappe dans "Bomb" (1958), c'est bien entendu l'intensité de la prestation de Corso, un homme déterminé et presque illuminé (très catholique). L'oeil est habité par le texte et le texte... par l'oeil. Il faut apprécier le contraste de la violence verbale et la passivité idiote des post-hippies. Pour l'anecdote toujours, il faut savoir que le poème anti-nucléaire était parfois perçu très mal lors des rassemblements, tout simplement parce que Corso avait réussi à suggérer par la voix, l'impact d'une bombe et qu'il dégageait, comme on peut le voir ici, une sorte d'énergie barbare peu compatible avec l'idéologie Peace & Love. Le texte du poème lui-même est ambigu entre répulsion et fascination pour les dégâts nucléaires. "

Je rajouterai que Corso lu ce poême au nouveau collège d'Oxford en 58. Beaucoup de membres d'une association pour le désarmement nucléaire qui étaient dans la salle et qui n'apprécièrent pas l'humour de Corso et son ton ambivalent le chahutèrent. Allen Ginsberg tenta d'expliquer ce que Corso voulait dire mais finalement se leva et les traita de trouduc.







Budger of history   Brake of time   You   Bomb
   Toy of universe   Grandest of all snatched sky   I cannot hate you
Do I hate the mischievous thunderbolt   the jawbone of an ass
The bumpy club of One Million B.C.   the mace   the flail    the axe
Catapult Da Vinci   tomahawk Cochise   flintlock Kidd   dagger Rathbone
Ah and the sad desparate gun of Verlaine   Pushkin   Dillinger   Bogart
And hath not St. Michael a burning sword   St. George a lance   David a sling
Bomb   you are as cruel as man makes you   and you're no crueller than cancer
All Man hates you   they'd rather die by car-crash   lightning   drowning
Falling off a roof   electric-chair  heart-attack   old age   old age   O Bomb
They'd rather die by anything but you   Death's finger is free-lance
Not up to man whether you boom or not   Death has long since distributed its
categorical blue   I sing thee Bomb   Death's extravagance   Death's jubilee
Gem of Death's supremest blue   The flyer will crash   his death will differ
with the climbor who'll fall   to die by cobra is not to die by bad pork
Some die by swamp   some by sea  and some by the bushy-haired man in the night
O there are deaths like witches of Arc   Scarey deaths like Boris Karloff
No-feeling deaths like birth-death   sadless deaths like old pain Bowery
Abandoned deaths   like Capital Punishment   stately deaths like senators
And unthinkable deaths like Harpo Marx   girls on Vogue covers   my own
I do not know just how horrible Bombdeath is   I can only imagine
Yet no other death I know has so laughable a preview   I scope
a city   New York City   streaming   starkeyed   subway shelter
Scores and scores   A fumble of humanity   High heels bend
Hats whelming away   Youth forgetting their combs
Ladies not knowing what to do   with their shopping bags
Unperturbed gum machines   Yet dangerous 3rd rail
Ritz Brothers   from the Bronx   caught in the A train
The smiling Schenley poster will always smile
Impish death   Satyr Bomb   Bombdeath
Turtles exploding over Istanbul
The jaguar's flying foot
soon to sink in arctic snow
 Penguins plunged against the Sphinx
The top of the Empire state
arrowed in a broccoli field in Sicily
Eiffel shaped like a C in Magnolia Gardens
St. Sophia peeling over Sudan
O athletic Death   Sportive Bomb
the temples of ancient times
their grand ruin ceased
Electrons   Protons   Neutrons
gathering Hersperean hair
walking the dolorous gulf of Arcady
joining marble helmsmen
entering the final ampitheater
with a hymnody feeling of all Troys
heralding cypressean torches
racing plumes and banners
and yet knowing Homer with a step of grace
Lo the visiting team of Present
the home team of Past
Lyre and tube together joined
Hark the hotdog soda olive grape
gala galaxy robed and uniformed
commissary   O the happy stands
Ethereal root and cheer and boo
The billioned all-time attendance
The Zeusian pandemonium
Hermes racing Owens
The Spitball of Buddha
Christ striking out
Luther stealing third
Planeterium Death   Hosannah Bomb
Gush the final rose   O Spring Bomb
Come with thy gown of dynamite green
unmenace Nature's inviolate eye
Before you the wimpled Past
behind you the hallooing Future   O Bomb
Bound in the grassy clarion air
like the fox of the tally-ho
thy field the universe thy hedge the geo
Leap Bomb   bound Bomb   frolic zig and zag
The stars a swarm of bees in thy binging bag
Stick angels on your jubilee feet
wheels of rainlight on your bunky seat
You are due and behold you are due
and the heavens are with you
hosanna incalescent glorious liaison
BOMB O havoc antiphony molten cleft BOOM
Bomb mark infinity a sudden furnace
spread thy multitudinous encompassed Sweep
set forth awful agenda
Carrion stars   charnel planets   carcass elements
Corpse the universe   tee-hee finger-in-the-mouth hop
over its long long dead Nor
From thy nimbled matted spastic eye
exhaust deluges of celestial ghouls
From thy appellational womb
spew birth-gusts of of great worms
Rip open your belly Bomb
from your belly outflock vulturic salutations
Battle forth your spangled hyena finger stumps
along the brink of Paradise
O Bomb   O final Pied Piper
both sun and firefly behind your shock waltz
God abandoned mock-nude
beneath His thin false-talc's apocalypse
He cannot hear thy flute's
happy-the-day profanations
He is spilled deaf into the Silencer's warty ear
His Kingdom an eternity of crude wax
Clogged clarions untrumpet Him
Sealed angels unsing Him
A thunderless God   A dead God
O Bomb   thy BOOM His tomb
That I lean forward on a desk of science
an astrologer dabbling in dragon prose
half-smart about wars   bombs   especially bombs
That I am unable to hate what is necessary to love
That I can't exist in a world that consents
a child in a park   a man dying in an electric-chair
That I am able to laugh at all things
all that I know and do not know   thus to conceal my pain
That I say I am a poet and therefore love all man
knowing my words to be the acquainted prophecy of all men
and my unwords no less an acquaintanceship
That I am manifold
a man pursuing the big lies of gold
or a poet roaming in bright ashes
or that which I imagine myself to be
a shark-toothed sleep   a man-eater of dreams
I need not then be all-smart about bombs
Happily so   for if I felt bombs were caterpillars
I'd doubt not they'd become butterflies
There is a hell for bombs
      They're there   I see them there
           They sit in bits and sing songs
 mostly German songs
    And two very long American songs
  and they wish there were more songs
especially Russian and Chinese songs
and some more very long American songs
Poor little Bomb that'll never be
an Eskimo song   I love thee
I want to put a lollipop
in thy furcal mouth
A wig of Goldilocks on thy baldy bean
  and have you skip with me Hansel and Gretel
along the Hollywoodian screen
O Bomb in which all lovely things
moral and physical anxiously participate
O fairylike plucked from the
grandest universe tree
O piece of heaven which gives
both mountain and anthill a sun
I am standing before your fantastic lily door
I bring you Midgardian roses   Arcadian musk
Reputed cosmetics from the girls of heaven
Welcome me   fear not thy opened door
nor thy cold ghost's grey memory
nor the pimps of indefinite weather
their cruel terrestial thaw
Oppenheimer is seated
in the dark pocket of Light
Fermi is dry in Death's Mozambique
Einstein his mythmouth
a barnacled wreath on the moon-squid's head
Let me in   Bomb   rise from that pregnant-rat corner
nor fear the raised-broom nations of the world
O Bomb I love you
I want to kiss your clank   eat your boom
You are a paean   an acme of scream
a lyric hat of Mister Thunder
O resound thy tanky knees
BOOM   BOOM   BOOM   BOOM   BOOM
BOOM ye skies and BOOM ye suns
BOOM BOOM ye moons   ye stars BOOM
nights ye BOOM   ye days ye BOOM
BOOM BOOM ye winds   ye clouds ye rains
go BANG ye lakes   ye oceans BING
Barracuda BOOM and cougar BOOM
Ubangi BOOM   orangutang
BING BANG BONG BOOM   bee bear baboon
ye BANG ye BONG ye BING
the tail the fin the wing
Yes   Yes   into our midst a bomb will fall
Flowers will leap in joy their roots aching
Fields will kneel proud beneath the halleluyahs of the wind
Pinkbombs will blossom   Elkbombs will perk their ears
Ah many a bomb that day will awe the bird a gentle look
Yet   not enough to say a bomb will fall
or even contend celestial fire goes out
Know that the earth will madonna the Bomb
that in the hearts of men to come more bombs will be born
magisterial bombs wrapped in ermine   all beautiful
and they'll sit plunk on earth's grumpy empires
fierce with moustaches of gold




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Par jlm - Communauté : jeune auteur et compositeur
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Samedi 2 mai 2009

Quand Sara se réveille, elle met un certain temps avant de réaliser qu’elle n’est pas dans son lit. Tout lui revient en bloc. La soirée, la nuit d’amour, les sensations retrouvées. A la lumière qui l’entoure, elle devine qu’il fait beau dehors. La légère sensation de froid sur le bout de son nez la convainc qu’elle fait très bien de rester au fond de la couette malgré l’odeur de café qui monte de la cuisine.

  Marc a été adorable, doux, prévenant. Il ne s’est pas rué sur elle comme un vulgaire type en manque. Sara a eu beaucoup de plaisir, et même si dans un moment fugace elle s’est souvenue de ces moments où elle faisait l’amour avec Paul, rien n’avait gâché cette nuit. 

  Elle se rend compte aussi qu’elle est nue sous les draps et lève la tête pour jeter un œil à cette chambre qu’elle n’a même pas encore eu le temps d’inspecter.   Ambiance Zen,  la chambre n’est meublée que du seul lit, d’une table de chevet et d’une vieille chaise dans un coin. Cependant, la pièce est propre, fraîchement repeinte d'un gris cérusé et de blanc. Une porte sur le côté gauche donne sans doute sur un dressing ou une salle de bains, tandis que celle qui se trouve en face, ouverte, donne sur le palier et l’escalier. Sara pense aux conséquences de cette nuit, à l’évolution de son rapport avec Marc qui doit l’aider à écrire son histoire. Paul et Kate s’éloignaient toujours et un jour elle se demanderait si cette partie de sa vie avait bien existé.

  Elle se sent un peu coupable en se rappelant de ces matins comme celui où Kate venait sauter de joie sur le matelas, lui racontant ses rêves en criant et riant pendant que Paul remontait le petit déjeuner sur un plateau.

  La maison est silencieuse, et nulle part ici n’existent de souvenirs de Kate.

Sara choisit de descendre selon le principe « nouvelle histoire, nouveau rituel » tant pis pour le petit déjeuner au lit. Elle s’habille rapidement avec ses vêtements portés la veille et s’engage silencieusement dans l’escalier. Les marches ne la trahissent pas, elle arrive en bas sans un bruit. Marc se tient de dos devant elle, faisant cuire des œufs et du bacon sur la vieille cuisinière. Le café fume déjà dans deux gros bols sur un plateau. L’odeur qui se dégage de la cuisine ouvre son appétit et réchauffe la pièce d’une odeur qui lui rappelle délicieusement son enfance.

            - Bonjour Sara !

            - Bonjour, vous avez un œil derrière la tête ?

            - Non, mais j’ai une très bonne oreille ! Je vous ai entendue vous lever. La chambre est au-dessus de la cuisine et le plancher a craqué.

            - C’est l’odeur du café qui m’a réveillée.

            - Vous avez bien dormi ?

            -Très bien, comme un bébé je crois.

            - J’allais vous monter le petit déjeuner, vous ne voulez pas vous remettre sous la couette ?

            - J’ai une sainte horreur des miettes dans un lit, mentit-elle.

            - Je vois, il ne nous reste plus qu’à dresser la table ici.

  Sara observe le visage de Marc et son allure générale. Il était descendu en Tee-shirt et caleçon malgré la fraîcheur ambiante.  Les cheveux en bataille, la barbe mal taillée, il garde malgré tout une allure attirante, un coté homme des bois solide.

  Dans l'esprit de Sara, il est comme elle se représentait les gens du far west, avec leur accent un peu traînant et leur visage buriné.

  Cependant, sous ses airs d'ours mal léché, Marc prend soin de lui. Son style est le reflet de sa personnalité, il n'y a rien de négligé. Sous le boxer, ses jambes musclées trahissent ses années de trekking dans les rocheuses, les même jambes que Paul.   Sara se demande si elle passerait son temps à comparer Marc à Paul. Marc est plus grand, il a les cheveux plus clairs, il fait très bien l'amour. C'était ridicule. Marc n'est définitivement pas Paul. Le temps arrangerait bien des choses. Elle vivrait, peut-être, une relation avec quelqu'un qui aurait comme elle un jardin secret privé dont elle serait totalement exclue.

  Comment pourrait réagir Marc, ou qui que soit d'autre à son autel privé, ses souvenirs défunts. Il y a tant de détails à régler que Sara soupire devant l'énormité de la tâche.

Marc se retourne vers elle - A quoi pensez vous ?

            - Comment ça ?

            - Vous avez l'air ailleurs !

            - Je réfléchissais.

            - Vous êtes inquiète ?

            - Et vous, vous lisez dans les pensées ? Vous avez pris du peyotl avec les indiens de vos plaines arides ?

            - Tout juste quelques pétards quand j'étais à la fac.

            - En fait je pensais à la manière dont les gens comme nous pouvaient renouer des relations avec quelqu'un d'autre. Une relation amoureuse. C'est comme une côte pleine d'écueils, vous voyez ? On peut s'y briser facilement. Je pensais à la manière de vivre avec et pour quelqu'un sans lui imposer mon cimetière, parce que j'aurai forcément des moments où ça n'ira pas, des moments de blues, des moments d'absence. Comment faire prendre la sauce... Vous voyez ce que je veux dire ?

            - Oui, je vois.

Jusqu'à ce que j'écrive mon livre et que ma femme découvre l'étendue de mon « cimetière » comme vous dites, elle n'avait jamais réellement mesuré ce que j'avais vécu. Je n'avais évoqué ce passage de ma vie que de manière très brève, très vague.

  Marc dépose les œufs et le bacon dans deux assiettes et s'assoit en face de Sara.

            - J'ai gardé ça pour moi toutes ces années. Au début, comme vous ça a hanté mes nuits, mes journées aussi. J'ai essayé de trouver des réponses à mes questions, mais rien n'est jamais venu. Alors petit à petit j'ai enfoui cette histoire sous la nouvelle. Mais le cerveau est bien fait, ne vous inquiétez pas, quand vous le voudrez tout vous reviendra, peut être de manière plus confuse.

Marc montre son assiette à Sara.

            - Mangez, ça va vite refroidir.

            - Merci pour le petit déjeuner, et merci pour cette nuit.

            - Ce n'est pas comme si je vous avais rendu un service, vous n'avez pas à me remercier.

             - Ça m'a fait un bien en tout cas, vous ne pouvez pas savoir !

  Sara rougit à ses propres paroles, Marc se prend à rire d'un rire franc, non contenu, un rire éclatant. Sara se joint à lui en recrachant un peu de café par les narines.

            - Oh merde ! Je suis désolée !

            - Ce n'est pas grave!

            - Il va falloir que je rentre chez moi me changer.

            - Vous revenez ?

            - D'accord. Laissez moi un peu de temps pour prendre quelques affaires et je reviens, promis ! Si vous voulez on reparlera de votre ex et de la manière de la contacter sans éveiller ses soupçons.

  Sara se lève, Marc se rapproche d'elle, la saisit par la taille et l'embrasse.

            - J'avais oublié de vous embrasser ce matin!

            - Moi aussi ! Et si vous voulez on pourra reprendre  où nous en étions restés également.

            - Je suis partant, ne soyez pas trop longue !


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Par jlm - Publié dans : Ned's Rock - Communauté : les auto-édités
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Jeudi 30 avril 2009

   Marc raccroche perplexe, après avoir bredouillé un vague « ah bon ? Euh, ok ! » Il occupe le temps qu’il lui reste à faire un peu de rangement dans la cuisine et le salon, juste assez également pour entendre frapper à la porte alors qu’il finit de ranger sa vaisselle propre dans le placard. Ça lui fait un drôle d’effet de voir Sara avec sa nouvelle tête. Il reste un temps indéfini à la regarder des pieds à la tête. C’est bien elle, avec une nouvelle coiffure et un sourire tout neuf.

            - Eh bien ! Que vous est-il arrivé ?

            - Vous me laissez entrer ou on dîne dehors ? Vous savez qu’il fait encore un temps de chien ?

            - Pardonnez-moi, je suis sous le choc !

            - Vous vous foutez de moi ?

            - Pas du tout ! C’est une surprise à laquelle je ne m’attendais pas !

            - Vous êtes en tout cas carrément plus sexy qu’avant, comme ça !

            - Pourquoi, vous me trouviez comment avant ?

            - Fantomatique, c’est le mot ! Pâle, triste, grise ! Là vous êtes juste éclatante ! Devons-nous refaire les présentations ?

            - Pas la peine Monsieur Channing, il y aurait trop à dire !

            - Vous allez me raconter ce qu’il vous est arrivé aujourd’hui ?

            - Là aussi il y a beaucoup à dire, disons que je me suis mis un bon coup de pied aux fesses ce matin !

            Sara se dirige vers la cuisine et pose la pizza sur la table.

            - Il faudrait la réchauffer au four ! Elle est un peu tiède.

            Marc cherche un peu dans la cuisine, puis demande – « Je n’ai pas de vin, une bière ça vous irait ? »

            - Pas de problème, ça ira très bien !

            - Alors votre journée, vous ne voulez pas me raconter ?

            - J’ai vu ma tête ce matin dans le miroir, ma vraie tête, je ne m’étais pas rendue compte à quel point j’avais changé, jusqu’à aujourd’hui. Alors je me suis prise en main. Et puis ce n’est pas tout, je n’ai pas eue le temps de me changer, mais le coffre est rempli de fringues ! Vous devriez voir ça !

            - Vous êtes une vraie fille alors ! Certaines se ruent sur le chocolat, vous c’est le coiffeur et les fringues ! Les filles chocolat sont moins chères à entretenir !

            - Peut-être, mais le chocolat ayant des vertus aphrodisiaques, elles demandent également plus d’attentions et donc d’endurance que les filles « coiffeur et fringues » Vous êtes porté sur le sexe Marc ? Ou vous préférez laisser flamber votre carte de crédit ?

            - Il y a la réponse du pauvre qui consiste à dire que les fringues c’est vachement surfait et qu’il n’y a rien de mieux que le sexe, celle du riche qui consiste à dire qu’il n’y a qu’avec une carte bancaire qu’on fait vraiment vibrer les filles, et celle du nouveau riche qui part du principe qu’il ne faut jamais mettre ses pieds dans le même sabot, donc le sexe, les fringues et la carte de crédit, il faut tout prendre !

            - Vous êtes direct, vous !

            - ça vous choque ?

            - Non !

            L’atmosphère change un peu, plus électrique, Marc change de sujet.

            - La pizza doit être chaude maintenant.

            - Oui, en effet.

  Sara se lève, Marc pense qu’elle va lui donner un coup de main pour dresser le couvert, apporter les couteaux et les verres. Sara se dirige résolument vers lui, lui saisit la nuque et lui jette – « Embrassez moi » - en se ruant sur ses lèvres.  Marc en fait tomber sa bière et glisse, surpris, sur le canapé. De ses bras il repousse doucement mais fermement la jeune femme au dessus de lui.

            - Qu'est- ce que vous faites, Sara ?

            Sara se redresse, le souffle chaud.

            - Je ne vous plais pas, Marc ?

            - Ca n'a rien à voir, ce n'est pas une histoire d'attirance. C'est, je ne sais pas, vous êtes sûre de vous ?

            - Depuis combien de temps n'avez vous pas eu un rapport sexuel avec quelqu'un ?

            - Vous voulez aborder ce sujet ? Eh bien, cela fait plus d'un an.

            - Alors quoi ? Je ne comprends pas! Je ne vous plais pas ? Je suis désolée.

            Sara recule et met instinctivement une distance entre eux. Marc se redresse à son tour, la tête entre les mains.

            - Vous êtes toujours amoureux d'elle, n'est ce pas ?

            - Non, absolument pas. Je suis désolé également, c'est de ma faute, je crois que je vous vois encore comme une veuve fragile, comme la voisine désespérée, et jusqu'à présent le rôle de l'étranger ça me convenait bien.

            - Vous ne pouvez pas plus que moi rester en dehors du monde des vivants, ou sur la touche à regarder l'équipe jouer. Vous êtes dans le match, comme tout le monde, je vous surprends ?

            - Un peu, je pensais être confortablement installé dans les tribunes avec vous !

            - Ne soyez pas ironique, s'il vous plait.

Ma nouvelle tête, mes nouvelles fringues, vous ne voyez pas ? Elles signent mon retour définitif sur terre. Je voulais le fêter avec vous. Je vous rassure, je n'avais pas dans la tête ce matin de vous demander de me faire l'amour ! Là tout de suite, c'était vraiment spontané. Et puis vous voulez finir en ermite ? Pas moi.

            - Arrêtez, Sara, vous m'avez juste pris au dépourvu. Mais si vous voulez on recommence.

            - Non, je crois que pour aujourd'hui la magie a disparu. Je vais vous laisser, vous pouvez garder la pizza.

            - Eh, ne soyez pas stupide, jeune fille !

            Marc se lève, mais Sara a tourné les talons et s’est précipitée dehors. Marc reste debout, ne sachant quoi penser, puis enfile son blouson et sort sur les pas de la jeune femme.

  Sara est au bout du sentier, près du carrefour, la tête basse, elle a l’air de parler toute seule. Il ne faut que quelques enjambées à Marc pour la rejoindre.

            - Stop ! Je vous présente toutes mes excuses, arrêtez, ça serait trop con de se fâcher.

            Sara se retourne, l’air boudeur.

            - Je ne suis pas fâchée, je me rends bien compte que nous n’en sommes pas tout à fait au même point. Vous n’avez pas l’air d’être prêt à passer à autre chose. Et puis je le redis, il n’y avait absolument rien de prémédité.

  Marc la fait pivoter et l’embrasse. Un instant surprise, Sara l’enlace et répond à son baiser. Elle se jette à corps perdu dans l’étreinte pour ne pas en  perdre une miette, comme ci c’était le dernier, parce que c’est le premier depuis si longtemps.

            - Vous croyez qu’on doit rester sur le chemin ?

            - Et vous ? Vous savez que vous pouvez être insupportable parfois ?

            - Oui, je le sais, Je suis égoïste, je ne pense qu’à moi !

            - Je pense qu’on peut aller la manger cette pizza, j’ai l’estomac qui hurle de faim. Pas vous ?

  C’est en se tenant par la taille que Sara et Marc remontent vers la maison, il fait déjà presque nuit.

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Mercredi 29 avril 2009

J’ai longtemps noyé mon blues,

Dans de vieux bars cradingues,

Aux bras de filles sans joies.

 

Elles se sont tirées en douce,

Me laissant seul cent fois,

les doigts posés sur un flingue.


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Mercredi 29 avril 2009

Ce matin Sara boude devant son miroir. Elle ne se reconnaît plus. Ses cheveux ont quelques filaments gris disgracieux et ses pointes paraissent vraiment en sale état.   Elle n'attend pas la fin de son petit déjeuner pour téléphoner au salon de coiffure d'Aberdeen, le numéro n'a pas changé, juste la propriétaire des lieux. Sara se fait la réflexion que décidément beaucoup de gens avaient tendance à partir s'installer ailleurs ou à prendre leur retraite. La nouvelle lui donna un rendez vous pour le début de l'après-midi. Elle considère dans un premier temps avoir de la chance – il faut un délai d'une semaine à Seattle – mais se dit qu'ici plus rien ne peut l'étonner. Sara considère sa garde-robe dans la chambre et ne peut que constater que tout est usé, élimé, froissé, rien n'est plus très présentable. Elle se met à rire quand elle imagine qu'elle pourrait demander à Marc de l'accompagner pour faire les boutiques au South Shore Mall, comme le couple Julia Roberts – Richard Geere dans Pretty Woman.

  Elle pense quelques instants l'appeler, mais finalement n'en fait rien. Elle se dit qu'elle lui ferait la surprise de sa nouvelle coupe. Sara pense également à son ancien patron, son job et le bureau. Quelqu'un devait l'avoir remplacée depuis le temps. Elle se dit qu'elle pourrait peut-être trouver un job, ici, à Aberdeen. Elle commence à ressentir le besoin de se caler sur des horaires normaux, travailler, pour son compte ou pour quelqu'un. Elle a encore beaucoup à donner et de toute façon la période d'hibernation est bel et bien finie. Sara sait qu'avec les assurances et le prix de la vente de l'appartement de Seattle, elle a encore suffisamment de réserves, mais elles ne sont pas inépuisables.

  Le téléphone interrompt le cours de ses pensées. C'est Maud.

  Elle a une voix plus sereine maintenant qu'elle sait que Sara se remet petit à petit. Elle lui annonce qu'elle serait à Aberdeen avec Jack pour une visite au cimetière de Fern Hill et que peut-être Sara voudrait les y accompagner. Ils y seraient vers onze heures, Sara lui répond qu'elle les y attendrait. Elle a des choses à y faire de toute façon, besoin de se confier au ciel.

 

  Sara n'attend pas, saute dans le vieux break et se dirige vers le vieux jardin de pierres. Le temps est au crachin, au ciel gris et menaçant. Rien de neuf sous cette latitude. Il n'y a personne ce matin, pas une veuve, pas un employé chargé de l'entretien, vraiment personne. Sara se remémore l'emplacement qu'elle retrouve très vite, Propre, entretenu et fleuri, toujours la photo de Paul souriant à pleines dents avec Kate sur ses épaules. Le moment est un peu intimidant. Elle reste debout sans rien dire, cherchant ses mots et les larmes coulent doucement.  Paul et Kate semblent la regarder quelque soit l'angle sous lequel elle fixe la petite plaque. Sara se mouche et s'aperçoit que les couleurs commencent à passer, elle se remet à pleurer en pensant que peut être il n'y a rien de pire qu'un cimetière et son alignement bien propre de pierres avec des corps en dessous. Elle se dit que ces couleurs partent aussi inexorablement que le temps fuit et la sépare de plus en plus de son passé, des moments heureux  .Cela fait déjà deux années, et ça ne s'arrangerait pas.

            « Je suis désolée, oh, vraiment désolée » Elle aurait voulu leur dire qu'elle aurait préféré être avec eux, leur tenir la main encore et encore mais elle sait qu'elle parle dans le vide et que dorénavant elle s'accrocherait à la vie. Elle a la vision de Paul se tenant derrière sa fille, la tenant par les épaules. Les deux lui souriaient et la rassuraient. Sara se sent plus libre et se rappelle le début de la prière de Saint Augustin que lui avait apprise sa mère quelques années en arrière.

 

            « Ne pleure pas si tu m'aimes, si tu savais le nom de dieu et ce que c'est que le ciel... »

            - Je pense moins à vous en ce  moment, avant c’était permanent, maintenant c’est surtout le soir quand le soleil se couche et le matin quand je me réveille. Il m’arrive encore de me retourner, parfois, en pensant que l’un d’entre vous est dans mon dos, mais plus aussi souvent.

Là je m’aperçois vraiment du manque, du vide et de l’absence, mais je me rends compte aussi que c’est définitif, que les souvenirs s’estomperont. Alors je vous libère, vous pouvez y aller. Je crois que je suis prête pour affronter le quotidien, seule. Je passerai vous voir régulièrement, pour vous donner des nouvelles, parler de tout et de n’importe quoi, vous raconter quelques blagues aussi peut-être, car je crois qu’on a tous besoin d’une atmosphère plus détendue, hein ! Maud et Jack seront peut-être ici plus souvent que moi, mais même de la maison je vous parlerai sans attendre de réponses. Je vais arrêter de pleurer, aussi. Enfin ! Je ne vous promets pas d’y arriver tout de suite, mais je vais essayer. C’est important, il faut que j’avance maintenant.

  Sara s’accroupit et passe sa main sur la plaque de pierre comme pour la débarrasser de la poussière et la caresser. Derrière elle, des pas crissent sur le gravier blanc de l'allée. Maud et Jack arrivent de leurs pas tranquilles et mal assurés. Jack parait de plus en plus vieux, fatigué, le visage fermé. Maud, tenant un bouquet de fleurs, semble plus résignée dans un ensemble gris bien taillé. Sara se relève pour les accueillir et avance vers eux. Elle embrasse Jack et prend Maud dans ses bras.

            - Comment allez vous, Maud ? Ça me fait plaisir de vous voir.

            - Ma fois, ça ne va pas plus mal que d’habitude ! Le temps n’arrange rien, je commence à avoir des problèmes de circulation dans les jambes et Jack souffre du dos, on est vieux en somme, et c’est tout le mal que nous te souhaitons.

            - C’est gentil !

            - Tu as l’air en meilleure forme que l’autre fois, non ?

            - Oui, je commence à reprendre le dessus, je sors, je m’occupe, j’émerge de mon long sommeil et je m’aperçois que la vie dehors ne m’a pas attendue !

  Maud pose le bouquet tandis que Jack commence à nettoyer le carré, grommelant après son mal de dos.

            - C’est bien, je suis contente. Et puis il faudra que tu songes un jour à refaire ta vie, tu es trop jeune pour rester seule !

Sara la regarde, interdite.

            - Je ne suis pas sûre que ça soit l’endroit pour parler de ça, vous ne croyez pas ?

            - Aurais- tu peur qu’ils nous entendent ? Glisse-t-elle malicieuse.

            - Non, c’est juste que…

            - Que tu n’as pas à être gênée, c’est tout naturel et personne ne le considèrerait comme une trahison. Tu vois, Bert, notre voisin s’est remarié seulement deux semaines après la mort de son épouse l’an dernier. Et tu ne connais pas la meilleure ? Sa défunte femme lui avait donné sa bénédiction. Il n’y a que dans les romans à l’eau de rose que l’héroïne reste fidèle à son défunt mari jusqu’à son dernier souffle !

            - Vous n’auriez pas dans l’idée de me recaser, vous deux, non ?

  Maud rie de bon cœur et Jack ajoute

            – Nous te considérerons toujours comme notre fille, Sara. Tu es une fille bien, mais tu devrais écouter Maud, elle est toujours de bon conseil. Ça fait quarante ans que nous sommes mariés, tu vois le résultat ?

            - J’y réfléchirai, promis !

  Bon, je vais vous laisser, je dois passer chez le coiffeur en début d’après midi et ensuite j’irai dévaliser les boutiques de fringues, je n’ai plus grand-chose à me mettre. Mais si vous voulez on peut se retrouver au South Shore pour manger un morceau !

            - Non, vas-y, ne te tracasse pas pour nous, nous mangerons à la maison !

  Sara part d’un pas léger vers la vieille Volvo et s’éloigne en direction de South Aberdeen. Sur le chemin du centre commercial elle croise le grand magasin Sears et ses panneaux publicitaires affichant un grand Ty Pennington au regard de fouine vantant sa collection de meubles et d'ustensiles de cuisine.

  Sara se souvient que Kate adorait son émission qui consistait à rebâtir, de fond en comble, les maisons délabrées de familles choisies à grand renfort de larmes compatissantes – « Beurk ! » est son seul commentaire.

  Le parking du centre commercial est plein à cette heure.  Les gens du coin aiment venir y manger dans les petits restaurants pas chers. Sara y engloutit une salade rapidement avant de commencer son shopping avec la ferme intention de claquer une jolie somme.

  Elle a besoin de tout, petites culottes, pantalons, Tee-shirts, sweaters, chemisiers, collants, chaussettes et tout le reste. La mode a changé, Sara se rend compte qu’elle a  déjà loupé les deux dernières saisons, il faut qu’elle se fasse à celle-ci. Elle achète par lots, ou sur mannequin. Elle n’a pas vraiment le temps de fouiller avant son rendez vous, alors elle choisit les tenues directement en vitrine, celles qui semblent lui correspondre le mieux. Elle a besoin de tenues plus professionnelles également, elle choisit donc trois tailleurs différents avec six chemisiers assortis et finit au rayon chaussures dont elle ressort avec six boites. Il lui faut faire trois allers et retours au coffre de  la voiture, mais, contente et les pieds en compote, elle finit par s’asseoir sur le fauteuil confortable de la coiffeuse à l’heure précise du rendez vous.

  La coiffeuse fait un peu la tête en considérant la chevelure de Sara. Des pointes inégales, des nœuds, les cheveux plats, gris, elle fait remarquer qu’elle aurait plutôt  dû confier sa tête à une débroussailleuse et à un paysagiste. Il y a du boulot. Un bon nettoyage, une bonne coupe, donner du volume, de la couleur et de l’éclat. Tout, quoi !

            - Vous avez réfléchi à la coupe que vous souhaitez ?

            - Vous pourriez me faire un carré ? Quelque chose de légèrement plongeant. Et puis éclaircir le tout, désépaissir aussi. C’est du boulot, hein ?

            - Vous avez habité dans une grotte ces dernières années ?

            - C’est un peu ça, en effet !

            - Bon, eh bien, on va s’occuper de ça, j’espère que vous avez apporté un bon livre, parce que ça va nous prendre du temps.

  Sara en ressort quatre heures plus tard, la nuque dégagée, une coupe fraîche, un nouvel éclat, elle se trouve enfin jolie.

  Elle se demande instinctivement ce qu’en penserait Marc. Elle passe chez son ami Alberto et lui prit une grande pizza au thon qu’elle avait dans l’idée de partager ce soir.

  En chemin, souriante et plus légère de quelques mèches, elle appelle chez lui, et avant même qu’il ai eut le temps de parler lui lance – «Salut Marc, c’est Sara, vous êtes libre ce soir ? J’arrive dans dix minutes avec une pizza, à tout de suite ! »

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Par jlm - Publié dans : Ned's Rock - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Mardi 28 avril 2009

Le vent chasse tout,

Détruit tout sur son passage.

Les souvenirs s’en vont,

La rancoeur reste.



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Par jlm - Publié dans : OD
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A propos de moi...

  • sentiers-battus
  • : Que dire ? que j'écris, que ça vient tout seul, que je ne sais pas encore quand cela s'arretera. J'ai déjà créé une belle gallerie de personnages et j'aime les faire vivre un court instant pour saisir une tranche de vie. et vous ça va ?

Présentation

Pour résumer...

 

  "Les Anges" est une gallerie de personnages de la Bay Area, des gens ordinaires pris en flagrant délit de rien, dans leurs vies de tous les jours, comme un recueil d'instantanés. "Les Anges" parle de vous, de moi, de tout le monde. Des vies ordinaires, insignifiantes, mais baignées par le vent, le fog et le soleil californien et l'esprit de ceux qui m'ont influencés. Kerouac, Djian, et le vieux dégueulasse. Il se trouve maintenant (et pour moins cher) chez "thebookedition"

  Isa (Too Drunk To Fuck) c'est la rencontre de Dave, Isa et Theo, mais c'est aussi Phoebe et Ed, une bande de trentenaires en décalage avec la morale et les conventions entre le Castro et Valencia, North Beach et Oakland. Ensemble ils vont affronter quelques épreuves, les conneries d'Isa, l'homophobie et les principes religieux. Il y aura bien de l'alcool, de la drogue et du sexe, il y en aura pour tout le monde, homos ou hétéros, mais c'est surtout une chronique de la tolérance au quotidien autour de la baie de San Francisco.

 


Ned's Rock est une histoire sur le deuil et la résilience,  une rencontre entre deux personnes écorchées par la vie, dans le nord de l'Amérique et la région de Seattle. C'est aussi un retour sur le passé pour une femme et un homme qui n'ont pas grand chose d'autre en commun que leurs regards sur de vieilles blessures et la manière d'y faire face.

OD comme Over-Dose, comme ode, comme Over-Drive, comme Oscar Douglas, comme Occupation Double, comme Opération Délicate, comme Origine Diverse, comme Objet Direct, surchauffe, des bouts de rien, des morceaux de pas grand chôse, rien de très joli en tout cas, ni rien de sérieux...

 
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Art Generation

 


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Art Génération est né de l'envie de rendre l'art accessible à tous, de partager des émotions et de faire découvrir la diversité de la création contemporaine. C'est aussi le désir de défendre des artistes dont le talent mérite d'être reconnu. Et surtout de réconcilier l'art, parfois trop élitiste, avec le grand public.

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