Jeudi 14 mai 2009

C'est Sara qui prend le volant de la Volvo pour  l'expédition. Il y en aurait pour près de deux heures de route pour y arriver. Sara ne connait pas bien Steilacoom, petite ville cossue pour les classes supérieures de la mégapole de Seattle – Tacoma, mais connait suffisamment la région pour y arriver sans se perdre.

  Le ciel est pisseux pour changer. Gris, chargé et désespérant, les trombes d'eau s'abattent sur la voiture dont le ballet des essuie-glaces rythme l'allure.

  Marc allume la radio mais l'éteint rapidement, les nouvelles sont désespérantes. Toujours plus de crises, de catastrophes et d'attentats contre les militaires à l'étranger.

            - Tu crois à la rédemption, ce genre de conneries ?

            - Je ne crois plus en rien.

            - Alors le monde court à la catastrophe !

            - ça c'est pas nouveau, le monde est sur la pente descendante depuis la solution finale et Hiroshima et je ne crois pas qu'on mérite d'être sauvé.  Pas collectivement en tout cas. Il n'y a qu'un constat : On a merdé !

            - Tu es bien fataliste !

            - Lucide, c'est tout.

  Devant eux roulent les camions des scieries en longs et lents cortèges. Des camions vides, des pleins. Peut-être parmi eux se trouvent d'anciens collègues du responsable de la mort de Paul et Kate. Peut-être des chauffeurs de la même entreprise. Marc se demande si la vue de ces camions fait un effet quelconque sur Sara. Il lui pose la question, abrupte.

            - Qu'est devenu le chauffeur du camion ?

            - Je n'en sais absolument rien, j'ai immédiatement disjoncté le soir de l'accident. Il peut-être en taule, ou chez lui, je ne sais même pas si ça a la moindre importance. Toujours est-il que ce type va devoir vivre avec un sacré poids sur la conscience et je n'aimerais pas être à sa place. La mienne n'étant déjà pas enviable.

            - Tu lui as pardonné alors ?

            - Non, pas du tout, mais je suis fataliste aussi. Je sais pertinemment que ce type  n'a pas voulu ce qui est arrivé,  chacun porte sa croix. La vie est pleine d'inattendu, tout peut changer d'un moment à un autre. Par exemple tu pourrais jurer qu'on serait encore vivant dans deux minutes ? J'ai cette conscience que l'on ne maîtrise en réalité que peu de choses, n'empêche ! Je garde quand même un sentiment de révolte face à l'inéluctable. J'aimerais me battre, mais mon ennemi ne m'est jamais apparu. On l'appelle « destin » ou « hasard », certains disent « Dieu ». Pour moi c'est « la poisse ». Tu crois en Dieu, Marc Channing ?

            - Bof, j'y ai cru, j'y crois même encore quand ça m'arrange, j'ai aussi un lot de questions sans réponses, mais mon Dieu à quitté les églises il y a déjà un moment quand j'ai compris que tous les gens qui priaient pour leur Dieu partout sur terre, quelque soit son nom, priaient pour la même entité, le même espoir. Depuis j'ai abandonné les églises et les temples, ça fait longtemps. Mais je crois parfois que peut-être...Peut-être !

            - Quand je suis revenue à la maison de Grass Creek Loop, j'ai reçu un jour la visite du pasteur d'Hoquiam. Il n'a rien trouvé de mieux que de me dire « Dieu vous aime, Sara », je l'ai giflé et je suis retournée me coucher. J'ai su après que c'est Maud, la mère de Paul qui lui avait suggéré de passer, c'est dingue !

            - C'est sans doute ce qui la fait tenir, croire que ça faisait parti d'un plan qui lui échappe parce que les voies du seigneur sont « impénétrables ».

            - Quelles conneries !

            - Tu savais que pendant la guerre, les allemands avait un « gott mit uns » sur la boucle de leur ceinturon pendant qu’en face, dans les poches de nos soldats il y avait des billets verts avec un « in God we trust » ? Qu’en ce moment même nous avons toujours ces mêmes billets dans nos poches pendant que nos adversaires se battent au cri d’Allah est grand ?

            - Ça conforte ce que j’en pense, quelles conneries !

 

  La pluie cesse aux environs d'Olympia. Les nuages bas bloqués par la chaîne des Olympics, le ciel vire au bleu et le soleil de ce début d'hiver pointe le bout de son nez. Sara sort bientôt de la route principale et s'engage sur la voie plus étroite en direction de la petite ville de Steilacoom, sur le bord de mer, au fond du Puget Sound la surface de l’eau reflète les rayons du soleil comme un voile éclatant, agressif. Sara plisse les yeux malgré ses lunettes de soleil.

  L'école de voile locale n'a pas encore fermé, les petites embarcations des enfants suivent sagement celle du moniteur, tandis qu'un zodiac louvoie, prêt à aller chercher celui qui s'écarterait de la file. Sara pense qu’il est complètement dingue de sortir dans l’eau gelée avec les enfants.

  Steilacoom est une petite ville noyée de végétation, comme un bijou dans un écrin d'émeraude avec ses maisons typiques des zones forestières, comme des chalets montagnards, rutilants et bien entretenus aux façades marron et blanches.

            - On dirait un village témoin !

            - Oui, presque, et c'est ici qu'habite ton ex !

  Ils trouvent la rue sans difficultés. Une rue large et propre, tellement différente de celles d'Aberdeen que c'en est presque indécent. Les jardins sont piqués de petits drapeaux patriotiques et de pancartes à l'effigie du candidat McCain, un ancien héros de l'Air Force comme probablement la plupart des habitants de la rue. Marc mesure la distance parcourue depuis Denver par la jeune femme qu'il a connue. Une vie sociale et financière à la courbe ascendante permanente, le rêve de toute ménagère.

  Le mot claque dans sa tête comme un constat d'échec. Ally est devenue une simple ménagère qui ne travaille pas, qui se réalise simplement au travers des réussites de son mari, le gros Sam qu'elle n'aimait pas, déjà, vingt cinq années en arrière. Qu'avait-il donc bien pu se passer dans sa tête pour qu’elle s’abandonne ainsi ?

            - Alors ?

            Sara le sort de sa torpeur, Marc ne s'apercevant même pas qu'ils ne roulaient plus.

            - C'est quelle maison, la 2530 ?

            - Celle-ci devant nous.

            Oui, une maison d'exposition, trop belle, trop propre. Il n'en croit pas ses yeux. Un grand pavillon de bois peint avec de grandes fenêtres derrière lesquelles pendent de gros rideaux de velours. Le jardin est tondu de près, tracé au cordeau, rien ne dépasse, passé par les mains expertes d’un paysagiste qualifié.

            - Tu ne t'attends pas à ça ?

            - Ça a l'air trop parfait ! Trop neuf. Pourtant j'habitais  ce type de lotissement avec ma femme, mais pas à ce point !

            - Et qu'est ce que ça t'inspire ?

            - L'envie de prendre mes jambes à mon cou. Même le gazon n'a pas l'air naturel.

            - Il est peut être synthétique !

            - Allons-nous-en.

            - Bien, allons trouver un café quelque part.


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Par jlm - Publié dans : Ned's Rock - Communauté : SOIF DE LIRE...
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Mardi 12 mai 2009

                            
Il fallu à Sara supporter vingt minutes de conversation avec Tina avant qu’elle ne lui donne le numéro de téléphone de son frère. Vingt sacrées longues minutes pendant lesquelles Tina lui raconte ses malheurs, son mari et ses enfants. Une éternité  à lui raconter ses petits tracas, ses malchances, sa difficulté à trouver un boulot dans une « petite ville de merde » et l’alcoolisme grandissant de son « abruti de mec » mais qu’il fallait qu’elles se voient, qu’elles repassent du temps ensemble comme autrefois.

 Sara aurait voulu lui dire qu’elle se trompait, que désolée elle ne se souvenait plus avoir été amie avec elle ni même avoir habité sur la même planète, mais il lui fallait le numéro de son crétin de frère.


 
Lorsqu’enfin elle l’obtient, elle raccroche et s’accorde un petit moment pour souffler. Martin est bien réveillé ce matin. Il n’a visiblement pas changé et monopolise l’attention sur sa personne pendant presque aussi longtemps que sa sœur. Il est très flatté que Sara pense à l’appeler, et lui rappelle qu’ils avaient été presque fiancés dans le temps – Sara, se demande avec dégoût si par le plus grand des hasards elle n’aurait pas eu un moment d’absence à un moment de sa vie, vers la fin de son adolescence – Et que si elle voulait toujours, il était aussi libre que le vent. Sara se presse d’expliquer en chargeant un peu,  qu’elle a refait sa vie mais qu’elle l’appelle dans l’espoir qu’il puisse lui rendre service au sujet d’une affaire juridique dont elle est en charge – Elle n’est plus à un mensonge près.

 Sara lui raconte qu’elle cherche à prendre contact avec une certaine Ally Griffith, femme d’un militaire de la base. Elle veut simplement son numéro de téléphone et son adresse, rien de plus, qu’elle se chargerait de la contacter au sujet d’une affaire de la plus haute importance et que, bien sûr, elle compte sur sa discrétion dont la légende n’était plus à faire – Toujours flatter l’idiot lui avait apprit son patron.


           
- Écoute Sara, tu sais que tu peux compter sur moi. Sur la base je suis, comme qui dirait, au courant de tout ! Et si quelque chose m'échappe je me débrouille toujours pour avoir l'info, je suis l'homme de la situation, j'ai un job important, je suis comme qui dirait commis en chef à l'intendance de la base. J'ai même accès à l'annuaire et aux organigrammes de McChord. A charge de revanche, n'est ce pas ?

  Sara est presque sûr que Martin se masturbe au téléphone, le son de sa voix, son assurance, et l'impression tenace et désagréable que sa tête a enflé dans les mêmes proportions que son bout de viande molle. Sara lui propose de le rappeler en début d'après-midi avant que son esprit ne lui commande de demander son numéro de téléphone.

  Elle raccroche, rageuse, d'un vibrant « connard ! »

            - Non mais quel con ! Quel porc !

  Elle appelle ensuite Marc pour le rassurer, lui dire que rien n'est encore joué mais qu'elle peut avoir l'info assez vite. Enfin, elle décide de sortir faire un tour sur la crique, face au rocher solitaire de Ned’s rock, où elle s'assoit paisiblement, les yeux perdus quelque part dans la baie, sur la vieille souche familière.

  La brume matinale a fini par faire place à un beau ciel d'un bleu très pâle et froid, presque blanc. Un grand voilier aux voiles rouges et bleues passe au large, naviguant au près, remontant vers le goulet pour une journée de mer. Le Lady Washington, la réplique d’un vieux brick du dix-huitième siècle le suit, toutes voiles dehors avec son personnel sur le pont et dans les matures. Des régatiers bien courageux, se dit-elle, frissonnant.

  Midi approche, Sara n'a pas très faim mais elle remonte tout de même vers la maison. Elle pense que Martin a dû faire le nécessaire le plus rapidement possible pour s'attirer ses faveurs. Elle ne se trompe pas, il a l'information qu'elle cherche.

            - Bon alors, j'ai trouvé ! Tu te doutes que ça n'a pas été sans mal et que ça m'a pris du temps !

            - Vas-y Marty, grouille !

            - Eh bien la belle est bien ici, sur McChord, c'est la femme du major Griffith, il est actuellement sur une base en Afghanistan avec une partie des effectifs du 62ème escadron de transport. Je peux même t'assurer que c'est moi qui me suis occupé personnellement d'une partie du renouvellement des stocks des combinaisons des pilotes !

            - Tina m'a dit en effet que tu avais un job important (Connard).

            - Alors, Madame Griffith n'habite pas sur la base, elle loge à l'extérieur, du coté de Steilacoom, tu vois où c'est ? A coté d'Eastward sur la côte, pratiquement en face de l'île Anderson. Bref, l'adresse c'est 2530 Marietta Street. Le numéro de téléphone – oui, on a les numéros parce que tu vois, en cas d'alerte, il faut pouvoir les joindre très vite ! - c'est le 564,151,6854. Voilà, tu as noté ?

            - Parfait, merci Marty, je te revaudrai ça !

  Voilà, Sara est en possession du numéro de téléphone. Le mari est loin, elle a toute latitude pour appeler. Toute une vie sur un bout de papier se dit-elle. Sara se lève, fourre le numéro dans sa poche, se couvre de son vieux Barbour et remonte à pied jusqu'à chez Marc qui l'attend avec impatience. Celui-ci donne vraiment l'impression de faire les cents pas dans son jardin, une paire de cisailles à la main et une vieille paire de bottes aux pieds. Sara ne peut s'empêcher de le taquiner un peu.

            - Alors, tu jardines ou tu chasses les taupes ?

            - Marc sursaute et s'approcha à grandes enjambées, les bras ouverts. Sara répond à son geste et le serre dans ses bras.

            - J'ai une adresse et un numéro de téléphone. En plus tu vas être peinard, son mari est absent pour un moment.

            - Je suis impressionné ! Comment as- tu fais ?

            - Je connais du monde dans le coin, tu devrais le savoir !

Alors ? Tu y vas et tu fonces ?

            - Tu es folle ! Pas comme ça, non ! C'est où alors ?

            - Steilacoom, dans le fond de la baie, un peu avant Tacoma. C'est là où logent les huiles de Fort Lewis et de McChord en général. Ton rival est passé officier, il est major.

            - Ah !

            - Je comprends pourquoi elle est restée, c'est un bon parti.

            - Mouais...

            - Alors, qu'est ce qu'on fait ?

            - Tu m'accompagnerais là-bas pour un rapide coup d'œil ?

            - Pourquoi pas !

            Marc reste silencieux, les yeux dans le vague.

            - Qu'est ce qu'il y a, tu as un doute ?

            - Mets-toi à ma place.

            - Hé bien non, je ne peux pas, je n'ai pas ce luxe.

  Marc prend une inspiration - Ok ! C'est bon. On ira jeter un coup d'œil là-bas demain.  Juste regarder, d'accord ?

            - Comme tu veux.

            - En attendant j'aimerais te montrer quelque chose, entre.

Ils entrent, Sara pose sa veste sur un crochet sur le mur de l'entrée.

  Marc se dirige vers son Mac qu'il allume. Depuis ton départ ce matin j'ai bossé sur nos entretiens. J'avais un peu éparpillé le tout sur divers documents que j'ai assemblés.

  Sara s'assoit religieusement devant l'écran et pose doucement sa main sur la souris, faisant défiler les pages, émue.

            - Sacré boulot !

            - Ce n'est rien encore. J'ai beaucoup écrit la nuit, parfois jusqu’à trois heures du matin. J'ai ouvert un dossier ou j'ai fourré toutes nos discussions. J'ai tout rassemblé et voilà ce que ça donne.

  Il y a ici environ deux cents feuillets, que du brouillon, du brut qu'il va falloir ciseler, maintenant. Comme tu vois, ton histoire prend forme, tout doucement.

            - Et tu penses que ça représentera quel volume à la fin ?

            - Peut-être le double. Ce n'est qu'une trame de travail qu'il faut habiller maintenant.

Sara resta pensive.

            - Vraiment je suis émue !

  Sara ne voit pas les mots, elle a les yeux légèrement embués. Les pages, sous l'action de sa main sur la souris, défilent rapidement sus ses yeux. Sara se rend compte du travail et de la cadence que Marc s'était imposés. Elle se tourne vers lui, tend les bras et l'attire vers elle. Elle le serre fort, elle ne sait que dire.

            - Ça nous fera chacun un jardin privé sous forme de livre sur une étagère à coté des albums photos. Chacun son histoire, sa bible.

            - Merci, dit-elle simplement. Ça sortira ?

            - Que veux tu dire ?

            - Ça sera publié ?

            - Eh bien mon agent m'a trouvé une maison d'édition pour le premier, alors oui, tu sais, pour mon éditeur, le fait qu'un producteur veuille en tirer un film, c'est déjà une alarme qui veut dire « pognon en vue !» alors il sortira sans broncher le prochain que mon agent lui refilera, même si je l'écrivais sur du papier toilette.

            - C'est une drôle de sensation...

            - Je sais, c'est ce que je me suis dit avec le premier, et j'ai guetté la réaction des gens quand j'ai fait les salons et signé les premières dédicaces. J'ai juste prétendu que c'était une œuvre de fiction.

            - Et si elle l'avait lu ?

            - Tu plaisantes ?

            - J'en ai l'air ?

            Les mains sur les hanches, Marc en reste interdit, les yeux au plafond.

            - Putain ! Je n'y ai jamais pensé ! Oui, bon, tant pis.


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Par jlm - Publié dans : Ned's Rock - Communauté : les auto-édités
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Lundi 11 mai 2009

- Racontes-moi les deux années qui viennent de s’écouler ! Je me rends compte que je ne suis au courant de rien !

            - Waouh ! Je n’ai pas beaucoup de mémoire ! Mais je vais essayer ! Ça ne fait rien si tout se mélange un peu ?

            - Essaye quand même !

            - Bien, on va passer sur la guerre en Irak et les conneries de notre gouvernement – tu n’es pas républicaine, j’espère ! – Alors, Paris Hilton a fait un passage en prison !

            - Non !!!

            - Si !

            - La famille Hilton a fait faillite ? Ils n'ont pas pu payer la caution ?

            - Même pas !

            - Elle a fait un truc grave ? Elle est tombée pour trafic de coke ? Prostitution aggravée ?

            - Non - Marc riait – elle conduit juste comme un pied !

            - Quelle gourde ! Répondit Sara en riant à son tour, Bon, quoi d'autre ?

            -  Alors, il y a eu une fusillade sur le Campus de Virginia Tech qui a fait une trentaine de morts, tu te rappelles de Columbine ? 
            - Oui, très bien, j'avais trouvé ça effroyable ! 
            - Bon, je suppose que tant qu'on en aura pas fini avec les armes à feu dans ce pays il y aura d'autres épisodes de ce genre... Ensuite les Spurs ont remporté la finale NBA sur les Cavaliers de Cleveland.
            - Je n'aime pas trop le Basket ! 
            - Ok, on reste dans le registre drapatique alors ! Il y a eu une tornade mortelle en Floride,  une grève monstre des scénaristes à Hollywood et le début de la crise économique mondiale.

            - C’est l’apocalypse !

            - Presque ! Et ce n’est pas fini !

            - La crise économique a frappé les personnes surendettées et jetté des milliers de personnes à la rue, comme en 29 !
            - qui aurait pu prévoir ça ? 
           - Ceux qui sont payés pour, je supose...Bref, la bataille pour les élections présidentielles  donnent vainqueurs McCain chez les républicains et Obama chez les Démocrates.
            - C'est qui ce type ?
            - Un avocat de Chicago. La campagne semble passionnante mais personne ne sait fichtrement qui a les meilleures chances de l’emporter. Pourtant Bush est considéré comme le pire président qu’on n’a jamais eu.

            - Finir son mandat sur une crise économique mondiale et deux guerres sur les bras, ce n’est pas donné à tout le monde !

            - C’est vrai, l’avenir parait bien sombre !

            -Allez-y, continue !

            -Ensuite, Marion Jones a fait six mois de taule et a rendu la plupart de ses médailles après avoir reconnu s’être dopée.

            - Merde, je la croyais clean !

            - Tu n’es pas la seule !  et c’était peut-être pas le meilleur moment pour se réveiller, Cendrillon ! C’est officiel, on vit dans un monde de dingue !

            - En effet, c’est une drôle de sensation d’émerger au bout d’un certain temps ! J’ai loupé deux anniversaires et je me suis réveillée avec des cheveux blancs.

Marc se tourne vers elle et sa nouvelle coupe.

            - C’est bon, on ne remarque plus rien, le travail de la coiffeuse est parfait ! Ravalement impeccable !

            - Ne te moque pas.

            - Je n'en ai pas l'intention, tu m'as vraiment bluffée avec ta transformation !

  Ils arrivent sur le port d'Aberdeen alors que la brume tombe sur la ville.

Les lampadaires éclairent à peine à trois mètres à la ronde.

            - On se croirait dans le quartier de Whitechapel à Londres sur le bord de la tamise, c'est sinistre déclara Sara. Ces soirées brumeuses m'ont toujours glacé le sang, je ne peux jamais m'empêcher de regarder derrière moi pour voir si personne ne me suit. Dans ce genre d'atmosphère on a toujours l'impression que les sons portent plus loin, d'entendre mieux, peut - être parce que l'on est plus à l'écoute, aux aguets.

            - Tu as dû voir trop de films d'horreur quand tu étais jeune !

           - Non, c'était plutôt la littérature classique de Stevenson, Shelley, Poe ou Maupassant. Des histoires à glacer le sang des jeunes filles influençables ! Après ça je me suis mise à lire King et Lovecraft ! Comme tu vois, que des écrivains sains de corps et d'esprit, que des gens formidables d'optimisme !

            - Je vois bien, oui, moi je me contentais de Mad et des comics de chez Marvel ! On a les héros qu'on veut bien se donner !

            - C’est vrai !

            - En tout cas les tiens font froid dans le dos.

  La rue n'est cependant pas aussi déserte. Le week-end commence ce soir même, les trottoirs résonnent des pas des bûcherons qui descendent en ville, se faisant l'écho des rires des bandes d'ados tout juste  pubères se rendant au cinéma ou au gymnase soutenir leur équipe de basket. Les boutiques ferment, pas les bars. Une voiture de police passe lentement près d'eux, en patrouille. La nuit pour eux serait longue. Ils arrivent enfin devant le « Godfather », le restaurant d'Alberto. Celui-ci est dehors, il baisse son rideau.

            - Salut Alberto, tu fermes ?

            - Oh bonsoir Sara, oui, je ferme ce soir, mon cuisinier est malade, et puis de toute façon ce soir il n'y aura pas grand-monde.

            - C'est bête, on était sorti pour manger !

            - Je peux vous inviter si vous voulez ! Ça fait un bail que je ne t'avais pas vu l'air...vivante.

            - Je m'en doute ! C'est gentil de ta part de nous inviter !

            - C'est avec plaisir, tu le sais bien !

            - C'est ok alors, d'accord Marc ?

            - Pas de problème mam'zelle !

            - Alberto, je ne t'ai pas présenté mon ami Marc, il vient de Denver et habite la maison au-dessus de chez moi.

            - Enchanté Marc, c'est toujours un  plaisir de rencontrer un ami de Sara.

            - Le plaisir est pour moi, j'avais vraiment apprécié votre cuisine l'autre fois.

            - J'habite au dessus du restaurant avec ma femme, tu te souviens de Suzy, Sara ?

            - Je n'ai pas perdu la tête Alberto ! Il me semble même que j'étais présente le jour où tu t'es décidé à lui courir après !

            - Ouais ! C'est vrai !

  Ils se retrouvent rapidement dans l'appartement d'Alberto au-dessus du restaurant. Un appartement vaste et lumineux, une décoration sobre et chaude, rien a voir avec l'idée que Marc se faisait des restaurateurs italiens. Sara remarque son air surpris.

            - Tu t'attendais à une déco napolitaine ?

            - Un peu !

            - Alberto est américain, tu sais ! De la troisième génération. Tu pourrais échanger sans problème sur une étude comparative des pouvoirs de Spiderman  et des quatre fantastiques avec lui, pour ce que je m'en souviens Alberto lisait aussi des tonnes de comics, mais inutile d'essayer de lui tirer des phrases en italien, il ne connait pas la langue même s'il lui arrive d'imiter l'accent au restaurant pour faire plus authentique !

Suzy prend Sara dans ses bras et l'embrasse, heureuse de la revoir après tout ce temps.

  Pendant qu’Alberto cuisine un dîner improvisé, tout le monde se retrouve autour de la table du petit salon autour de quelques bières mexicaines discutant autour du thème de l'éternel étranger. Alberto, l'éternel italien, Marc, le type des hautes plaines, le produit typique du Far West, et Sara, la fille du coin qui était partie jouer à l'étrangère à Seattle. Il n'y a que la jolie Suzy qui est d'Aberdeen depuis quelques générations et qui n'a jamais quitté la ville. Tous finissent, un peu ivres, par se mettre d'accord sur le fait que le pays était taillé pour l'esprit pionnier, l'éternel « Go West ! », la course après le soleil, celle des premiers âges et qu'il y sont pour de bon, face à l'océan, qu'importait qu'ils soient d'origine italienne, ou irlandaise.

            C’est Sara qui donne le signal du départ, tard dans la nuit mais c'est Marc qui prend le volant de la Volvo. Le brouillard est à couper au couteau, il leur faut près d'une heure à rouler au pas jusqu'à la maison.

  Ils s'endorment aussitôt arrivés. Prenant juste le temps de se déshabiller. Marc ronfle une bonne partie de la nuit tandis que Sara a un sommeil agité, traversé par les allers et venues de Kate et Paul. Une nuit pleine de rires d'enfants et de petite filles courant pieds nus dans le cimetière de Fern Hill, curieusement déplacé sur un bout de plage sans océan. Sara pleure et gémit dans son sommeil, seule, recroquevillée dans les draps de la couette. Elle se réveille très tôt, en sueur, affolée.  Marc est étendu de tout son long, paisiblement. Sara descend dans la cuisine, un gros sweater sur le dos, en quête d'un thé ou de n'importe quelle boisson pouvant lui réchauffer l'intérieur, elle se sent glacée, comme pénétrée par ses cauchemars. Elle trouve du café, une bouilloire, un filtre, le parfait nécessaire et se fait couler la boisson fumante dans un mug qu'elle garde entre ses mains, les jambes croisées sous ses fesses, calée sur  une chaise de bois.  Elle se sent un peut nauséeuse après les quantités de bières avalées.  La maison est calme, silencieuse. Le bois grince à peine comme on peut l'entendre dans les vieilles maisons.

  Sara prend la décision d'appeler Martin, le frère de Tina, dès ce matin. Elle se dit qu'il ne doit pas travailler le samedi, et qu'avec un peu de chance il n'aura pas passé sa soirée dans un strip club près de la base avec ses copains. Martin est un imbécile, un lourd qui aime regarder sous les jupes des filles, mais il est aussi à l'intendance de la base, parmi une flopée d'employés civils, un type qui aurait aimé servir mais dont l'armée n'avait jamais voulu autrement qu'en bleu de travail. Sara imagine des plans pour le moment où elle obtiendrait le numéro de téléphone de la fille, des stratégies pour lui faire rencontrer Marc, pour le cas où elle serait réticente, ou alors elle imagine qu'elle pourrait peut-être accepter sans minauder, directement et avec plaisir. A aucun moment ses plans ne prévoyaient que la fille ne serait pas là, disparue. Elle EST là.

  Le jour se lève doucement, dévoilant une mince couche de brume qui s'est doucement accrochée dans la nuit, au raz du sol.

  Sara, à son tour, prépare le petit déjeuner, juste a temps pour voir descendre Marc, visiblement marqué par sa soirée, assise dans un fauteuil du salon.

            - Bonjour !

            - Bonjour ! Tu es réveillée depuis longtemps ?

            -  Assez, oui !

            - Les draps étaient froids à coté de moi.

            - Je t'ai préparé un petit déjeuner, tu veux le prendre avec moi dans le salon ?

            - Je veux bien, j'ai l'impression d'avoir le cerveau en bouillie.

            - C'est pourtant toi qui a ramené la voiture !

            - Effectivement ça allait, cette nuit. Mieux que ce matin.

            - Je vais téléphoner à la base ce matin.

            - Tu as mûri cette décision dans la nuit ?

            - Je t'en avais déjà parlé, tu te rappelles ?

            - Bien sûr !

            - Ok, il va falloir que tu me donnes un minimum d'éléments. Le nom et le prénom de son mari ainsi que sa fonction et son grade, mais ça, ça a pu évoluer depuis le temps, son nom et son prénom à elle, ce genre de choses.

            - Ok, son vrai nom c’est Ally Griffith, Son Mari c’est Sam Griffith. A l’époque, il était sergent et était spécialiste des transmissions, de cryptage. Je suppose que depuis le temps il doit être sergent major ou quelque chose comme ça.

            - Bon, écoute ça devrait me suffire pour commencer. J’appellerai tout à l’heure.

Marc ne répondit pas et se contenta de se plonger dans son café, un peu tendu.

  Sara ajouta « Tu as peur de ce que tu pourrais découvrir ? Peur que celle que tu as placé sur un piédestal ne soit pas devenue ce que tu as rêvé ? »

            - Je n’en sais rien, parfois je me dis que cette quête n’a aucun sens, que je ferais bien de la laisser là ou elle est.

            - Je ne suis pas d’accord avec toi. Tu peux le faire, elle est peut être là, pas loin. C’est toute la différence entre toi et moi. Moi, j’aimerais beaucoup qu’on me donne une chance d’embrasser Paul à nouveau, de raconter une histoire à Kate, de la border et de lui déposer un baiser sur le front, il y a une foule de choses que j’aurais aimé faire une dernière fois, mais je ne peux pas, alors va au bout. Même si c’est une intrusion non désirée dans sa vie, tu as une chance que je n’ai pas.

            - Et si elle refusait de me voir ?

            - La belle affaire, là au moins tu serais fixé, et tu n’aurais aucun regret.

Bon, écoute, je vais prendre une douche ensuite je vais rentrer chez moi, je vais bosser au calme, si tu restes près de moi tu vas me stresser, je préfère m’isoler.

            - Comme tu veux.

 

  En sortant Sara embrasse Marc fougueusement et lui glisse « tout va bien se passer, tu verras ! ».

  Marc la regarde s’en aller, complètement différente de la voisine qu’il avait connue quelques jours avant. Il a la sensation d’avoir enfin devant lui la Sara d’avant le drame.

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Par jlm - Publié dans : Ned's Rock - Communauté : les auto-édités
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Dimanche 10 mai 2009

"Le pouvoir a horreur de la liberté."


Je reviens du ciné où j'ai été voir "Good Morning England", ce film qui raconte l'histoire d'une radio pirate, sur un bateau (Radio Rock), au large des côtes Anglaises, dans les années soixante (inspiré de Radio Caroline).

Il y a un contexte, celui d'un pays qui interdisait le rock à la radio, alors même que les stones et les Beatles faisaient un carton. Une époque assez électrique qui allait donner naissance aux évènements de 68 un peu partout dans le monde.

L'Angleterre était pop, son gouvernement ne le savait pas. Ou plutôt, ne le voulait pas.

Il y a donc eu des dingues pour monter des radios sur des bateaux ou des plateformes, et braver les interdits (Radio Sutch, Radio Atlanta, qui devient vite Radio Caroline South, Radio London, Radio Invicta...). Et pourquoi ? Juste pour le rock et une certaine idée de la liberté et de la jeunesse. Parce que l'on ne pouvait empêcher le progrès et la diffusion des programmes, parce qu'il fallait en finir avec la censure et la pensée unique.

On pourrait mettre le meilleur cadenas à une barrière, quand un petit groupe devient une foule, la barrière cède, c'est inéluctable.

Que retient-on aujourd'hui de cette histoire et des pionniers de radio Caroline ?

Rien, l'histoire se répète.

Aujourd'hui ce ne sont plus les ondes qui sont un espace de liberté à conquérir, mais Internet qui est un espace de liberté à conserver.

Pour faire peur aux gens on parle de pédophilie, de pornographie, et de toutes les horreurs possibles. Ce sont des députés, incapable de définir le Web 2.0 qui légifèrent au nom des droits des artistes et qui vont surveiller nos correspondances et fliquer nos transferts, en réalité pour le plus grand bien des "Majors Companies".

 

La radio Pirate aujourd'hui ce sont des amateurs qui créent le réseau Tor, qui lancent des navigateurs qui ne conservent pas les IP de leurs internautes. Ce sont des jeunes prets à prendre des risques pour préserver des espaces de liberté, pas de vulgaires Downloaders de musique gratuites, car c'est à ça qu'on voudrait simplement les réduire.

La liberté n'est jamais acquise car «Un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de sa liberté pour plus de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. » comme disait Thomas Jefferson.



www.radiocaroline.co.uk

Par jlm - Publié dans : Actu... - Communauté : les auto-édités
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Mercredi 6 mai 2009


Sources : Wikipedia, Cbx (Agoravox)


C'est quoi Hadopi, d'abord ??



Le projet de loi HADOPI ou projet de loi Création et Internet (ou LCI), ou plus formellement : projet de loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur internet, connue aussi sous le terme de « réponse graduée », est un projet de loi en France qui concerne principalement la lutte contre les modes d'échanges illégaux des œuvres par Internet. Cette loi a aussi été appelée loi Olivennes, du nom de l'auteur du rapport duquel elle s'inspire.

Dans les grandes lignes, ce projet de loi :

- crée une autorité publique indépendante, la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet ou « HADOPI »,
- instaure une sanction administrative punissant spécifiquement le défaut de surveillance de son accès internet (obligation créée par la loi DADVSI mais alors non assortie de sanctions).
- met en œuvre ces sanctions selon la méthode de la « réponse graduée »  : d'abord un courrier d'avertissement par e-mail, puis un courrier d'avertissement par lettre recommandée, et enfin la coupure de la ligne internet.
- fait de cette autorité un intermédiaire entre l'ayant droit, chargé de fournir les adresses IP des abonnés suspectés d'avoir manqué à l'obligation de surveillance, et le Fournisseur d'accès à Internet, chargé d'identifier les abonnés et de procéder in fine à la coupure de leur accès Internet

Tout d’abord pour qu’il y ait sanction, il faut qu’il y ait constatation d’une infraction. Le système mis en place dans le cadre de l’Hadopi est souvent comparé au système de radar automatique sur les routes, où des points de contrôles sont placés sur la route, et tout automobiliste qui franchit ce point à une vitesse supérieure à la limite est « flashé » et reçoit une amende. Dans le cas d’une voiture, c’est la plaque d’immatriculation qui permet d’identifier le conducteur pour lui envoyer une amende. Cette plaque est censée identifier de manière unique chaque véhicule. Mais est-il possible d’identifier chaque ordinateur de manière unique pour que la sanction s’adresse à la bonne personne ? C’est là que l’IP entre en jeu.

L’IP (qui signifie « Internet Protocol ») est en effet le point d’entrée sur la toile. Composée de 4 chiffres compris entre 0 et 255 (par exemple 192.168.0.1) elle est sensée identifier de manière unique chaque ordinateur, et correspond à l’adresse à laquelle une machine pourra être contactée (comme un numéro de téléphone). Pour prendre un exemple, lorsque vous vous connectez à un site web (par exemple
www.jaimelesartistes.fr/), votre navigateur va d’abord aller récupérer l’adresse IP de la machine qui héberge le site, puis se connecter directement à cette machine grâce à son IP et récupérer les pages que vous avez demandées. L’adresse IP de jaimelesartistes.fr est 94.23.48.134, vous pouvez donc vous y connecter directement en rentrant cette adresse dans votre navigateur. Si vous voulez connaître votre adresse, allez sur ce site www.ip-adress.com, vous verrez qu’on peut vous localiser avec une précision déconcertante.

Chaque machine connectée doit donc avoir une IP unique, ce qui pose un premier problème puisque le nombre d’IP possibles est déjà inférieur au nombre de machines connectées dans le monde. Il va donc falloir procéder à des regroupements de machines pour que tout le monde puisse être connecté, c’est ce qu’on appelle des réseau locaux (où LAN). Par exemple, dans la plupart des entreprises, un réseau local est mis en place. Dans ce réseau, chaque machine a une IP qui n’est valable qu’au sein de l’entreprise (comme un numéro de téléphone interne). Pour accéder au web, toutes les machines de l’entreprise vont ensuite passer par une « passerelle », machine qui est directement connectée au web et qui va faire l’intermédiaire entre le réseau local et le réseau global (un peu comme une standardiste qui se chargerait de dispatcher les appels). Ainsi, une seule IP unique est nécessaire pour toute l’entreprise. La Box de votre fournisseur d’accès fonctionne exactement sur le même principe, une seule adresse IP unique pour toute la famille.

Vu de l’extérieur, tous les employés de l’entreprise et tous les membres de la famille ont donc la même IP. Hors, tout le système de sanction de l’Hadopi repose sur cette fameuse IP. Problème : si un seul salarié télécharge illégalement, c’est comme si toute l’entreprise avait téléchargé illégalement puisqu’il est impossible, vu de l’extérieur, de savoir qui est responsable. Même problèmes dans certains syndics qui partagent un accès internet communautaire : un seul résident télécharge illégalement et tout l’immeuble est fautif. On voit déjà une des failles béantes du système : avec le fonctionnement actuel du web (qui n’a jamais changé depuis sa création), la coupure de connexion internet va dans la plupart des cas être une punition collective.

Certes, les entreprises ne pourront normalement pas être coupées : elles seront obligées, à la place, de « sécuriser » leur réseau à leurs frais pour éviter que les employés puissent télécharger (donc soit brider le réseau pour interdire certaines fonctionnalités, soit surveiller la machine de chaque employé). On aperçoit déjà ce que risque de coûter Hadopi aux entreprises françaises... Les associations, elles, n’échappent pas à la coupure. Dans le cas du syndic c’est tout l’immeuble qui sera coupé, pareil pour la famille. Argument de Mme Albanel : « si on vous coupe internet vous pouvez toujours aller chez le voisin ». Dans ce cas autant couper aussi l’eau et le gaz, on pourra toujours aller se doucher et se faire à manger chez le voisin...

Cependant, ce fonctionnement peut aussi être utilisé pour contourner le système de riposte graduée en permettant de masquer son IP : c’est ce qu’on appelle les réseaux privés virtuels (ou VPN). Grace à la magie de l’immatériel, il est possible de recréer le même type de réseau que dans une entreprise, à savoir plusieurs machines connectées entre elles sur le même réseau local (dit « privé virtuel » car en réalités les machines ne sont pas localisées au même endroit), et qui passent par une passerelle pour accéder au net.

Ainsi, toutes les machines du réseau privé virtuel vont prendre l’IP de la passerelle, et pourront donc surfer dans un parfait anonymat. Si cette passerelle est située à l’étranger, le droit français ne s’y applique pas et vous êtes tout bonnement intouchable par l’Hadopi. L’utilisation d’un VPN est très simple, puisqu’il suffit d’installer un petit logiciel sur son ordinateur. Ils sont souvent payants (5€ à 30€ par mois, même si certains sont gratuits :
www.peer2me.com), sont légaux et vous permettent un surf totalement anonyme. Personnellement j’aurais préféré payer cette somme pour une licence globale. Le gouvernement veut du tout répressif, tant pis pour lui...

La chasse est ouverte : la collecte des IPs.

Nous avons vu que l’IP, contrairement à ce que pense le gouvernement, n’identifie pas de manière unique une machine. Nous allons voir qu’en plus, cette IP peut être détectée lors d’activités frauduleuses alors que vous n’y êtes absolument pour rien.

Tout d’abord, revenons rapidement sur le fonctionnement des réseau d’échange d’égal à égal (ou Peer to Peer). Voila les deux systèmes les plus répandus en ce moment :
Nous voilà donc, en France, au niveau de flicage de la Corée du Nord et de la Chine...

  • Les systèmes centralisés : c’est le cas d’eMule. Vous vous connectez d’abord à un serveur, qui référence toutes les machines connectées et tous les fichiers partagés (une sorte de grand annuaire qui sait exactement qui a quoi). Lorsque vous faites une recherche, le serveur vous indique l’IP de toutes les machines qui ont le fichier qui vous intéresse, et il vous suffit de vous connecter à ces machines pour récupérer le fichier. Le fichier est coupé en morceaux pour pouvoir télécharger sur plusieurs machines en même temps. Lorsque vous téléchargez un fichier, votre machine partage automatiquement les morceaux déjà récupérés. Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n’est pas le fait de télécharger qui va être sanctionné mais le fait de mettre à disposition une œuvre, chose qui se fait automatiquement quand vous la téléchargez. Les ayants droit n’ont donc qu’à se connecter et demander poliment au serveur quelles machines partagent ses fichiers pour avoir l’IP de tous les contrevenants. Crypter les données est donc totalement inutile tant que le serveur donne librement l’adresse IP des machines qui possèdent un fichier.
  • Le système décentralisé :c’est le cas de bit torrent. Cette fois-ci plus de serveur central, ce qui permet de rendre le système d’échange beaucoup plus robuste. Les machines connectées à bit torrent communiquent uniquement entre elles et se chargent de savoir qui partage quoi (au lieu d’avoir un seul annuaire qui sait tout, chaque machine possède son propre annuaire consultable librement). Interviennent ensuite des trackers (par exemple The Pirate Bay, le plus célèbre) qui vont scanner les réseaux et tenter de référencer les fichiers partagés. Un fichier .torrent contient l’adresse IP de quelques machines qui avaient le fichier à un instant donné (contrairement au serveur qui donne toutes les machines à l’instant présent). Ensuite, lorsque vous vous connectez aux machines qui ont le fichier, ce sont elles qui vont vous indiquer, grâce à leur annuaire, d’autres machines sur lesquelles vous pouvez télécharger. A force de vous connecter sur des machines vous en découvrirez d’autres, jusqu’à connaître l’adresse de toutes les machines qui ont le fichier. Pour le reste, le fonctionnement est équivalent au système centralisé. Dans ce cas, les ayants droit n’ont qu’à demander aux trackers pour avoir l’IP de certains contrevenants, mais doivent se connecter au réseau et télécharger le fichier pour les avoir tous.


Or ce système de traque pose problème dans plusieurs cas :

  • Premier cas :le serveur ou le tracker ont des informations erronées. C’est le cas de The Pirate Bay qui ajoute volontairement des adresses IP aléatoires dans son tracker pour démontrer les failles de la traque. Des chercheurs du MIT s’étaient également amusés à faire accuser de piratage les imprimantes de leur faculté en ajoutant leur IP dans les trackers (alors qu’une imprimante est incapable de partager illégalement un fichier). Cette méthode pour relever des infractions est caduque, a moins de se connecter à chaque machine et de réellement télécharger le fichier incriminé. Or se connecter et télécharger prend du temps, c’est pour ça que beaucoup de relevés d’infractions ne le font pas. De plus la loi ne garantit absolument pas la manière utilisée pour relever les IPs. Les ayants droit n’ont qu’à fournir une IP, l’heure de la connexion ainsi que le fichier incriminé pour lancer la procédure. Pour reprendre l’exemple de la sécurité routière, c’est comme si des entreprises privées bricolaient elles même leurs propres radars et envoyaient les photos des plaques avec la vitesse à la gendarmerie pour qu’elle mette des amendes, sans que ces radars soient étalonnés par l’état. Dans le cas du relevé défectueux de la part des ayants droit, aucun recours n’est possible.
  • Deuxième cas :votre voisin a piraté votre wifi, qui était insuffisamment sécurisé, et l’a utilisé pour télécharger illégalement. Or selon la loi Hadopi, le seul fait de ne pas avoir su sécuriser sa connexion vous expose à la sanction. Sachant que toutes les Box ont le wifi activé par défaut et que pirater un wifi est enfantin (cf preuve faites par UFC que choisir : www.ecrans.fr/IMG/pdf/Constat-ufc-que-choisir-wifi.pdf , un véritable guide pas à pas), ce cas devrait être assez fréquent. Le gouvernement a prévu dans la loi que vous ne subirez pas de sanction si vous arrivez a prouver (à vos frais) qu’on vous a piraté, et que vous donnez le nom du vrai coupable. Cependant, soit vous vous y connaissez suffisamment en informatique et vous saurez blinder votre borne wifi, soit vous n’y connaissez rien et vous serez bien incapable de prouver qu’il y a eu piratage.
  • Troisième cas :un virus. La plupart des virus modernes consistent à transformer votre machine en « zombie » pour créer un « botnet ». Un « botnet », ce sont plusieurs milliers de machines « zombies » connectées au web, qui obéissent au doigt et l’œil du pirate qui les contrôle (on parle ici de vrai pirate, et pas du pirate du dimanche qui télécharge). Ils sont souvent utilisés pour envoyer des mails de spam et attaquer des sites web. Mais ils permettent également au pirate de transformer la machine infectée en passerelle, et donc de surfer et télécharger avec votre IP. Vous pourrez donc subir une coupure alors que vous n’étiez pas responsable, à moins d’arriver à prouver que vous avez été piraté, chose encore une fois très difficile pour le commun des mortels (moi compris).

On le voit, le système de collecte des IPs par les ayants droit est plus que discutable, et les moyens de recours sont irréalistes. Seul recours restant : le logiciel Hadopi, dont nous allons parler après ces quelques contournements.

Contournement :

De nouveaux types de réseaux d’échange font leur apparition :

  • Le streaming :ces sites permettent d’écouter de la musique en ligne sans téléchargement. Hélas certains artistes sont encore absents de ces plateformes (les Beatles, Led Zeppelin, ...). Le plus connus est Deezer (très apprécié par Christine Albanel) : www.deezer.com.
  • La musique libre : la licence Creative Commons permet de publier de la musique libre. Profitez-en, c’est gratuit et souvent de qualité ! Exemple : www.jamendo.com.
  • Le réseau d’amis à amis (ou F2F) :dans ce système, seuls vos amis connaissent votre vraie adresse IP. Ainsi, vous ne voyez qu’une dizaine d’ordinateur sur un réseau qui en comporte beaucoup plus. Ce système décentralisé rappelle un peu les réseau de la résistance pendant la deuxième guerre mondiale, où très peu d’acteurs avaient une vision globale du réseau, mais où l’information circulait quand même. Le système Freenet est basé sur ce principe. Exemple de client : oneswarm.cs.washington.edu .
  • Le réseau d’invisible à égal (I2P) :ce système permet de télécharger anonymement en utilisant un système d’adresse autre que l’IP. De plus, le réseau est crypté et chaque ordinateur fait passerelle pour tous les autres, ce qui permet de ne jamais savoir directement qui possède quoi et qui télécharge quoi. Un peu comme un réseau de résistance, qui ferait suivre un message de la main à la main, de manière à ce qu’aucun des intermédiaires ne sache qui a envoyé le message et qui doit le recevoir. Le système Tor est basé sur ce principe. Exemple de client : www.i2p2.de .



Le logiciel de sécurisation : big brother is watching you.

Seul recours restant pour prouver votre bonne foi (non vous ne rêvez pas, c’est à vous de prouver votre innocence), avoir installé sur votre machine un logiciel labellisé. Ce logiciel pourra être payant (a vous donc de payer le logiciel alors que vous n’avez encore commis aucune infraction !), et non interopérable (tant pis pour les linuxiens). Que fera ce logiciel ? Selon le ministère, il s’agira d’un logiciel installé sur votre machine qui retransmettra toute votre activité à un serveur central pour vérifier que vous n’êtes pas en train de télécharger illégalement. Si l’Hadopi vous accuse de téléchargement illégal, prouver que ce logiciel était en fonctionnement à l’heure de l’infraction pourra vous dédouaner.
Hormis le fait que ce type de logiciel n’existe pas pour le moment, plusieurs contradictions apparaissent :

  • Si à l’heure de l’infraction votre machine était éteinte, le logiciel ne sera pas actif et vous ne pourrez prouver votre bonne foi. A moins de laisser l’ordinateur allumé 24h/24, cette solution est aberrante.
  • Comme je l’ai dit auparavant, plusieurs machines peuvent se cacher derrière une seule adresse IP. Est-ce qu’installer le logiciel sur une de ces machines sera suffisant pour se dédouaner ? Dans ce cas je vais vite l’installer sur une vieille machine qui tournera en permanence et télécharger comme bon me semble sur une autre machine.
  • Du point de vue éthique : on conçoit mal de mettre l’ensemble des français sur écoute pour lutter contre le terrorisme ou la pédophilie. L’Hadopi va enregistrer l’activité de tous les ordinateurs pour lutter contre le téléchargement illégal... Cherchez l’erreur. De plus, comment savoir ce que vont réellement collecter ces logiciels ? Informations personnelles ? Code de carte bleu ?


Contournement :

Installer le logiciel Hadopi sur une vieille machine et ne jamais l’utiliser, ou trouver une version modifiée du logiciel qui ne surveille rien mais certifie que tout va bien.


Les avertissements et la coupure :

Passons maintenant à la phase répressive du projet. Vous avez été repéré téléchargeant un fichier sur un réseau d’échange et votre IP a été signalée à l’Hadopi. Celle-ci va donc demander vos coordonnées à votre fournisseur d’accès pour vous envoyer un mail d’avertissement.

  • Premier problème : vous avez changé d’adresse et votre fournisseur a oublié d’enregistrer le changement. Ainsi si la personne qui habite dans votre ancien appartement télécharge illégalement, vous serez pénalisé à sa place. Ce cas s’est déjà présenté aux Royaumes Unis.
  • Deuxième problème : ce mail sera envoyé sur la seule boîte mail que le fournisseur connaisse, c’est à dire celle qu’il vous a attribuée lors de votre abonnement. Personnellement je n’utilise jamais cette adresse et ne connais même pas le code d’accès. Dorénavant, il va donc falloir surveiller attentivement cette boîte. Le mail peut également être bloqué par un anti-spam et vous ne le verrez jamais passer.
  • Troisième problème :le mail ne comportera pas les fichiers que vous avez téléchargé. Il sera juste dit que votre IP a été repérée (sans la préciser non plus) et que si vous continuez vous serez coupé, point. Comment organiser sa défense si vous ne savez même pas ce qu’on vous reproche ?
  • Quatrième problème : le mail ainsi que la lettre recommandé seront facultatifs. Christine Albanel jure qu’ils seront toujours envoyés, mais venant d’une autorité composée de 6 personnes qui doit envoyer 10000 mails et 3000 courriers par jours on peut en douter.


De plus, il sera impossible de contester la procédure tant que la connexion ne sera pas coupée. Si vous estimez que le mail ou le courrier vous accuse à tort, vous pouvez toujours contacter l’Hadopi pour avoir des renseignements, mais si votre IP réapparait par malheur sur les réseaux d’échange vous serez tout de même sanctionné. Une fois la connexion coupée, vous pourrez toujours avoir recours à un juge mais ce recours ne sera pas suspensif. C’est à dire que tant que le juge n’aura pas examiné votre dossier (ce qui peut prendre plus d’un an), votre connexion sera toujours coupée. Autant dire que les recours seront inutiles.

Concernant la coupure, elle pourra aller d’un mois à un an. La durée d’un mois est réservée aux internautes qui décideront d’effectuer une « transaction » avec l’Hadopi. Par transaction comprendre payer une amende, installer le logiciel Hadopi et jurer de ne plus recommencer. Sinon... on ne sait pas ! Pour les autres ce sera entre deux mois et un an de coupure. Qu’est-ce qui déterminera la durée... on ne sait pas ! L’utilisateur pourra également être contraint d’installer le logiciel Hadopi pour une durée indéterminée une fois la connexion rétablie.

Pendant la coupure vous ne payerez plus la partie internet de votre abonnement (6 à 7€) mais payerez le reste. Vous ne pourrez pas vous désabonner et votre nom sera ajouté à une liste noire vous interdisant de vous réabonner chez un autre fournisseur d’accès. Une simple erreur sur la liste noire (homonymie, erreur de typographie, ...) et vous voila privé de connexion sans raison et sans recours. De plus, cette liste sera publique. Le projet prévoyait à la base de publier dans la presse le nom des internautes dont la connexion a été coupée (sorte de mise au pilori moderne), mais cette disposition a heureusement été supprimée.

Contournement :

Pas de réel contournement, si ce n’est de contester systématiquement. Appelez les, envoyez leur des courriers, faites tout ce qui est possible pour vous faire entendre avant que le couperet ne s’abatte. Après c’est trop tard.


L’Hadopi, garante de l’anonymat des internautes : la double peine de bonne foi.

De plus, cerise sur le gâteau, la coupure de connexion internet ne vous met pas à l’abri d’un procès. L’Hadopi sanctionnant le défaut de sécurisation de ligne, rien n’empêche les ayants droit de porter plainte, vous exposant à une peine maximale de 3 ans de prison et 300 000 euros d’amende.
Mais rassurez vous, Hadopi est là pour veiller à votre anonymat. Ainsi les ayants droit, qui auront fourni votre IP à la haute autorité, ne connaitront jamais votre nom et votre adresse. Seule la haute autorité aura à faire à vous. Christine Albanel voulait de cette manière éviter que les ayants droit puissent, en plus de la coupure internet, porter plainte contre les gros téléchargeurs identifiés.
Cependant, le risque de double peine est en réalité renforcé de cette manière. Ainsi les ayants droit peuvent très bien relever une première fois votre IP et la donner à l’Hadopi, qui vous coupera la connexion, puis la relever une deuxième fois (votre IP change à chaque connexion) et cette fois ci porter plainte. En effet, les ayants droit ignoreront qu’ils ont à faire à la même personne et une double peine est alors possible.
Selon la ministre, les juges auront pour consigne de classer l’affaire si une action a déjà été entreprise par l’Hadopi. Une consigne n’est pas une loi... Et que se passe-t-il si l’action auprès du juge a lieu avant l’action de l’Hadopi ?



Le filtrage du net : pas besoin de pédophilie, Hadopi suffit.

Le rêve de contrôler le net prend enfin forme. Nicolas Sarkozy souhaitait filtrer internet pour lutter contre la pédophilie et le terrorisme, plus besoin... L’Hadopi ainsi que les juges pourront décider du filtrage de n’importe quel site. Sont visés tous les sites qui permettent ou facilitent la téléchargement illégal d’œuvres (The Pirate Bay est en première ligne), mais également tous les sites proposant des moyens de contournement du filtrage (cette article pourrait donc être filtré). Les fournisseurs d’accès seront responsable de ce filtrage et pourront être poursuivis s’il n’est pas mis en œuvre.
Outre le fait que le net sera désormais contrôlé par l’exécutif, le système de filtrage connaît également de nombreuses failles. On se souvient ainsi du Royaume Uni qui avait bloqué tout wikipedia car un des articles, portant sur l’album Virgin Killers de Scorpion, contenait la pochette de l’album montrant une fillette nue, image jugée pédopornographique et censurée
 :
www.ecrans.fr/Qu-est-ce-qui-est-vraiment-filtre,6677.html.

Contournement :

La plupart des filtrages se font au niveau du serveur qui fera correspondre un nom de site à son adresse IP. Il suffit par exemple de retirer 
jaimelesartistes.frde ce serveur pour qu’on ne puisse plus connaître son IP et qu’il soit inaccessible. Un tel serveur s’appelle un serveur DNS, et vous est fourni automatiquement pas votre fournisseur d’accès. Le contournement consiste à utiliser un autre serveur DNS que celui du fournisseur d’accès, DNS qui lui ne sera pas censuré. Le plus connu est OpenDNS : www.opendns.com/start/computer.
Il est également possible que le fournisseur d’accès tente de filtrer l’accès à l’IP du site, mais cette méthode est peu fiable car le site peut en changer rapidement (The Pirate Bay l’avait fait en 24h, suite au blocage du site par la Suède).
Un VPN à l’étranger vous permet également de passer outre le filtrage.


Conclusion :

En voyant tous ces points on se rend compte que l’Hadopi est un système déjà obsolète qui risque de faire condamner un grand nombre d’internautes innocents. Il va de plus coûter cher à l’état (donc aux contribuables), aux fournisseurs d’accès (donc aux clients) et aux entreprises.
Ce projet risque également de faire prendre un retard considérable à l’économie numérique Française. Selon moi, une personne ayant peu de connaissance dans le domaine et se voyant accusée (à tort ou à raison), risque de résilier son abonnement dès le premier avertissement par peur de la sanction. Cela va nourrir une certaine méfiance à l’égard du web qui commençait à s’estomper.
De plus, ce projet est totalement liberticide dans le sens où le juge est totalement évincé de la procédure. La Haute autorité peut décider de couper le net, filtrer certains sites et en sur référencer d’autres sans avoir de comptes à rendre. La procédure est de plus totalement arbitraire, aucun critère n’étant fixé dans le choix de la sanction.
Enfin, toute personne soucieuse de son anonymat sera désormais tentée d’avoir recours aux méthodes de contournements citées ci-dessus. Cela aura pour effet d’opacifier le réseau et de ralentir la lutte contre la pédophilie et le terrorisme.
Certains trouvent ce texte inutile ou inapplicable, je le trouve pour ma part révélateur de l’ignorance du gouvernement ansi que de sa volonté de contrôler le seul média qui lui échappe. Ce texte est puissamment rétrograde et risque de marquer le web français de manière durable.

En espérant avoir été clair...

Cbx

Par jlm - Publié dans : Actu... - Communauté : les auto-édités
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Mercredi 6 mai 2009

Je suis dans une bulle

Un espace confiné

En dehors du temps.

Seul, ma vie bascule

Quand du fond du passé

Reviennent les images des enfants.


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Par jlm - Publié dans : OD - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Mardi 5 mai 2009

  Il fait un froid saisissant à l'extérieur. Le vent souffle doucement, un vent du nord qui a chassé la couverture nuageuse, un vent polaire qui annonce l'hiver qui approche à grands pas.

  Sara se dépêche donc de monter dans sa voiture et frissonne en posant ses fesses sur le siège glacé. La voiture démarre sans problème et dévale le sentier jusqu'au carrefour. Sur la gauche, un gros camion passe en trombe, un camion de forestiers, vide, avec sa longue remorque étudiée pour le transport de grands troncs dépouillés. Sara a un pincement au cœur, frissonne instinctivement et repart vers sa vieille demeure. La façade de la maison brille au soleil du matin. Le fond de la baie est dégagé, l'eau est d'un bleu intense, profond.  Les oiseaux de mer partent à la pêche en piaillant, accompagnant les bateaux qui quittent le port d'Aberdeen pour le large. La baie grouille de vie, le ciel est bleu, la vie semble belle, un rayon de soleil qui tombe à pic.

   Il ne faut pas beaucoup de temps à Sara pour rassembler des vêtements de rechange dans un grand sac avec ses affaires de toilette. A vrai dire, elle se dépêche même pour revenir plus vite chez Marc se lover encore sous sa couette.

  Ils avaient des projets à réaliser, mais aujourd'hui serait encore une journée pour eux seuls, une journée dans laquelle elle avait bien l'intention de s'abandonner pleinement.

  Apparemment le « ne soyez pas trop longue ! » de Marc trahissait son envie réciproque.  En y réfléchissant un peu, Sara se dit que c’était sans doute la rencontre avec Maud et Jack, les conseils de Maud surtout, qui lui avaient donné le signal du départ, l’autorisation de passer à une nouvelle vie, elle avait eu leur accord. Jamais avant elle n’aurait pensé pouvoir refaire l’amour avec quelqu’un si vite.

  Elle aurait aimé demander l’autorisation à Paul, dire à Kate  - « ce n’est rien, juste une affaire entre grandes personnes » - mais voilà, il n’y avait en réalité pas d’autorisation à demander, et c’est justement ce qu’avait pointé Maud. Sara se sent libre, entièrement, comme devant un nouveau territoire vierge qu’il lui faut conquérir.

  Marc l’attend et semble visiblement tendu à l’idée de passer la journée avec elle. Sara se demande si elle n’a pas trop forcé le destin, si elle ne l’a pas trop forcé, lui.

            - Je te stresse ? Tu sembles tendu !

            - C’est le trac ! Je crois qu’hier soir on s’est laissé emporté par une vague, c’était plus simple ! Aujourd’hui, oui, c’est différent, le tsunami est passé, on y voit plus clair ! Tu es sûre de ce que tu veux ?

            - Evidemment ! C’est la première fois que l’envie revient. Oh, je suis bien consciente que ça ne doit pas être terriblement excitant de sortir avec une veuve ! J’imagine les commentaires des voisins du genre -  « c’est Marc Channing, mais si ! Celui qui sort avec la veuve Hardy ! » - Alors si ça doit te faire fuir, je comprendrai.

Marc sourit sur sa chaise et lui tend les bras.

            - Viens !

  Sara laisse tomber son sac dans l’entrée et s’assoit sur ses genoux. Marc glisse une main sous son sweater et lui caresse un sein, tandis que Sara plonge ses lèvres dans les siennes, en proie à une terrible excitation qui lui chauffe le bas ventre.

  Marc le sent, il la soulève, la prend dans ses bras et l’emmène dans la chambre sans la lâcher.

 

                                                                      *

 

  Marc et Sara sont parti pour rester au lit une bonne partie de la journée, la radio allumée dans la cuisine passe « Fuck your Fear » des Walkabouts, un signe. Vers dix neuf heures, repus, fatigués mais heureux, Sara et Marc sont enlacés sans rien dire.  En chien de fusil, emboîtés l’un dans l’autre, Sara caresse nonchalamment la main que Marc a posée sur son épaule.

 

  Sara rompt le silence la première.

            - Le frère de Tina, une vieille amie, travaille sur la base de McChord à une certaine époque. Je vais l’appeler demain, pour lui demander s’il ne pourrait pas se renseigner discrètement. Je suppose que l’annuaire des militaires de la base ne se trouve pas à tous les coins de rues, mais lui, s’il travaille toujours là-bas, il pourra nous aider. Il Habite à Olympia.

            - C’est gentil, mais tu es sûre de vouloir m’aider ?

            - Oui, je connais encore du monde ici, ça pourra être utile.

            - Comme tu veux. Mais j’aurais pu me débrouiller seul !

            - Rappelle moi un peu depuis quand tu habites ici ?

            - Ok, Ok ! Tu m’as convaincu !

            - Tu veux qu’on sorte manger un morceau ?

            - Tu proposes une balade sur le port d’Aberdeen et un plat chez ton ami Alberto ?

            - Pourquoi pas ! On a passé la journée ici, il est préférable d’aller un peu se dégourdir les jambes.

            - Je connais un bon moyen pour les dégourdir !

  Marc se jette sur les reins de Sara et la chatouille comme un forcené, Sara hurle de rire en se tortillant pour lui échapper.

Ils finissent par terre et refont encore une fois l’amour avant de prendre une douche et de s’habiller. Le soleil a fini par se coucher quand les deux amants sortent. Ils prennent la vieille Volvo garée près de l’entrée et filent vers les premières lumières d’Hoquiam.

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Par jlm - Publié dans : Ned's Rock - Communauté : les auto-édités
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A propos de moi...

  • sentiers-battus
  • : Que dire ? que j'écris, que ça vient tout seul, que je ne sais pas encore quand cela s'arretera. J'ai déjà créé une belle gallerie de personnages et j'aime les faire vivre un court instant pour saisir une tranche de vie. et vous ça va ?

Présentation

Pour résumer...

 

  "Les Anges" est une gallerie de personnages de la Bay Area, des gens ordinaires pris en flagrant délit de rien, dans leurs vies de tous les jours, comme un recueil d'instantanés. "Les Anges" parle de vous, de moi, de tout le monde. Des vies ordinaires, insignifiantes, mais baignées par le vent, le fog et le soleil californien et l'esprit de ceux qui m'ont influencés. Kerouac, Djian, et le vieux dégueulasse. Il se trouve maintenant (et pour moins cher) chez "thebookedition"

  Isa (Too Drunk To Fuck) c'est la rencontre de Dave, Isa et Theo, mais c'est aussi Phoebe et Ed, une bande de trentenaires en décalage avec la morale et les conventions entre le Castro et Valencia, North Beach et Oakland. Ensemble ils vont affronter quelques épreuves, les conneries d'Isa, l'homophobie et les principes religieux. Il y aura bien de l'alcool, de la drogue et du sexe, il y en aura pour tout le monde, homos ou hétéros, mais c'est surtout une chronique de la tolérance au quotidien autour de la baie de San Francisco.

 


Ned's Rock est une histoire sur le deuil et la résilience,  une rencontre entre deux personnes écorchées par la vie, dans le nord de l'Amérique et la région de Seattle. C'est aussi un retour sur le passé pour une femme et un homme qui n'ont pas grand chose d'autre en commun que leurs regards sur de vieilles blessures et la manière d'y faire face.

OD comme Over-Dose, comme ode, comme Over-Drive, comme Oscar Douglas, comme Occupation Double, comme Opération Délicate, comme Origine Diverse, comme Objet Direct, surchauffe, des bouts de rien, des morceaux de pas grand chôse, rien de très joli en tout cas, ni rien de sérieux...

 
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