Vendredi 20 juin 2008

 La nuit tombe vite en décembre. Le résultat d’un cycle auquel nul n’échappe.  Ca a ses avantages, Jules adore les lumières de la ville, la nuit. Il trouve que c’est toujours plus beau que le jour et ça lui rappelle les lumières du port de Saint Nazaire quand il était petit.     

Vous avez déjà vu un port la nuit ? C’est vachement éclairé. Quand on est petit c’est ce qui fait rêver. 

Et bien ici, à Paris, c’est pareil mais en plus beau. C’est ce qui lui a plu quand il est arrivé dix ans avant. C’est aussi comme ça qu’il a charmé Claire, en lui parlant des étoiles, des lumières de Paris selon son point de vue de photographe. C’est toujours plus facile, quand on est photographe, pour approcher les filles. Sauf si on ne fait que les mariages ou les planches d’identité. Là, c’est vrai, c’est nettement moins glamour.  

Claire travaille dans les fringues. Elle n’est pas styliste, mais graphiste. Son truc à elle c’est de concevoir les plans média à chaque nouvelle collection, Elle aurait bien bossé avec Jules, mais il y avait déjà un photographe attitré  dans la place.  Chaque année c’est la même galère, comme dans la mode, la couleur. 

Jules et Claire ont un petit appartement qui donne sur le bassin de la Villette avec une vue imprenable sur Montmartre et la tour Effel.

Une petite chambre, un petit bureau, une petite cuisine, un petit salon et une merveilleuse terrasse que Claire gave de pots de fleurs et de plantes vertes.

Tout est petit à Paris, sauf quand on en a vraiment les moyens. Mais même avec cinq mille euros mensuel à Paris, on n’a pas les moyens. Ce n’est ni mathématique, ni scientifique, juste merdique. 

Claire adore le bassin avec ses deux MK2, l’écluse et la fontaine. Jules, lui, préfère le parcours, tout autour du bassin pour courir, le dimanche matin.

Trois ans qu’ils sont là dans cet appartement, et toujours, Jules est scotché par l’éclairage de la tour. 

« T’es un vrai gosse mon pauvre chéri, ça s’allume, ça brille et t’es heureux !
Ben, oui, et alors ? Ca me défrise que tu sois insensible à ça. C’est merveilleux, on dirait un phare la nuit.
C’est marin pêcheur que tu aurais du faire, pas photographe ! Viens m’embrasser.
Tu as passée une bonne journée ?
Pas trop mal, on a bouclé le plan com, on a fini par se mettre d’accord sur le press kit, même si ça a failli se terminer en bagarre générale pour choisir la couleur du visuel et sa police de caractère.
Ca fait des années que vous utilisez la même police, je ne vois pas pourquoi vous en changez subitement.
Parce qu’on change de cible mon coco, voilà pourquoi.
Tu dois être crevée, non ?
Fourbue, oui. Tu ne nous servirais pas un verre de vin ?
Bien sur, tout de suite. » 

C’est un peu comme un rituel. Quand la soirée commence par un verre de vin, ça fini toujours par un gros câlin.   

"Et toi ton boulot ?
Oh, rien de passionnant, j’ai passé ma journée à photographier des couches culottes pour vieux, sans les vieux dedans, je précise !
Waouh ! T’as une vie trépidante mon chéri !
C’est ça, fous toi de ma gueule.
Beuh, on peut rien te dire alors ? C’est vraiment susceptible, un mec.
Non, c’est pas une histoire de susceptibilité, j’aurais préféré shooter des mannequins pour Aubade, mais il y a déjà un type sur l’affaire, ceci dit je suis sur la liste d’attente, s’il meure je prends sa place. 

Gigondas Redortier 1998, un vin sublime, ça t’ira ?
Yes ! 

Le salaud, il avait toujours eu le chic pour dégoter les bonnes bouteilles. C’est toujours comme ça. On croit le connaître, et paf ! Il te sort une merveille de son sac.

J’ai encore le droit de boire un verre, au fait  se demande claire ? Je vais lui annoncer comment, moi que je suis enceinte ?  Je ne peut pas lui faire le coup du café grand-mère, j’aurais l’air conne. Réfléchi ma vieille ! 

Au fait, tu ne trouves pas que c’est un peu petit ici ?
De quoi tu parles Claire ? Tu voudrais déménager ?  Tu ne préfères pas qu’on se fasse un ciné à la place ?
Non, c’est juste… je trouve que c’est un peu petit, quoi.

Don’t even think about it ! On en a chié pour trouver CET appart avec CETTE terrasse, alors j’y suis, on y reste ! Non mais t’en as vu beaucoup des apparts comme le notre ? Regarde celui de Marc et Sylvie, on dirait une cave. Le studio de ta sœur avec la cuisine, enfin, cuisine, le mot est fort, dans la chambre, hein ! 

Bon, il faut que je lui dise maintenant, courage ma fille !

Non, c’est juste que… je suis enceinte,  on va voir un bébé. 

OH MERDE !!!

Par jlm - Publié dans : Claire et Jules - Communauté : Les chroniques de la meute
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Vendredi 20 juin 2008

Que dire du fils prodige quand on le rencontre ?  Je n'en sais foutre rien, je ne l'ai jamais été moi-même ! J'en ai croisé un spécimen qui se rendait à un entretien d'embauche, l'air déterminé. Il s'est arrêté prendre un café un matin dans un Starbucks alors que j'y lisais tranquillement le Chronicle entre deux gorgées de café au lait à la cannelle. Il semblait vraiment coincé dans ce qui devait être son unique costume, une vrai pièce de collection. En même temps il me faisait un peu pitié, je me disais qu'il filait droit à la catastrophe avec son air de péquenaud coincé.

  Je n'ai pas résisté à l'envie de taper un brin de causette avec lui. J'avais envie de connaître son histoire, de lui donner un ou deux tuyaux pour paraître cool. Voici ce qu'il m'a raconté.

 

            « Je n’ai plus grand-chose en poche, toutes mes économies y sont passées ou presque, mais me voilà ! Bonjour la grande ville, adieu les bouseux !!!

  Je n’avais jamais vu l’océan avant aujourd’hui, uniquement en photo ou au ciné, ça me fait un drôle d’effet.

  La chambre du motel que je me suis dégoté près des docks n’est pas grande, mais au moins elle est propre. Ça ne sent pas la rose, mais ça me change du tas de fumier de la ferme familiale.  Il n’y a pas de water-bed et encore moins le câble mais je n’ai pas l’intention de m’y attarder.

  Quand je regarde autour de moi, il n’y a qu’un grand sac avec quelques affaires, un ordinateur portable et un costume repassé, peut être un peu froissé, dans sa housse. Au fond de la chambre au papier peint d'un autre age il y a une petite douche, un lavabo et des toilettes, peut être mêmes quelques cafards.

  Près du lit, une petite télé noire et une télécommande usée à laquelle manquent quelques touches.

  De la fenêtre, j’ai une simple vue sur un parking à moitié plein, des voyageurs de commerce, des touristes et ma voiture.

  Je suis arrivé ce matin dans ma vieille guimbarde prête à rendre l'âme. Trois jours de voyage à traverser les villes et les champs encore embrumés, la musique à plein tube pour ne pas m'endormir.  J'ai traversé des patelins minables des paysages vides. J'ai traversé les plaines et les champs de blé, croisé les néo colons qui retournaient vers l'est et doublé les nouveaux pauvres qui partaient au soleil.

  Je me suis arrêté dans une foule de rades minables, reposé dans des hôtels pas mieux fichus que celui-là. La gueule de mon père quand je lui ai dit que je me barrais de ce Kentucky pourri. J’ai bossé comme un dingue à l’école pour me donner un avenir, fait des sacrifices.

  J’ai tout fait comme on m'a dit. J’ai été le quaterback de l’équipe de foot, je sortais avec Mindy, la cheerleader dont les parents ont une ferme, pas loin de la notre. Mes parents avaient de quoi être fier de moi, mais c’était  pas évident de fermer sa gueule tout ce temps et de ronger son frein. C’était pas évident d’être l’objet de toutes les attentions, de l’admiration des filles et des voisins.

  Lui, il pensait que je resterais pour l’aider, pour prendre sa succession le moment venu, mais il n’a jamais voulu écouter quand je lui disais que je ne voulais pas être éleveur. Il me disait, « mais tu sais, tu pourrais être un notable ici, et diriger la ferme, on a tout de même des employés ».

  Non mais vous savez comment ça pue un élevage de porc ? Comment ça gueule tout le temps ? Comment ça bouffe ? Avec le temps, les cris des porcs m’insupportaient de plus en plus, je pensais devenir fou, partir devenait une obsession.

  Alors voilà,  j’ai envoyé un dossier, j’ai été sélectionné pour un entretien d’embauche, et je dois me présenter demain. Je crois que mon profil les intéresse vraiment. En même temps j'ai bossé pour !

  Il m’a fait une sacré tronche, mon vieux, quand je lui ai tout déballé, que je n’en voulais pas du destin qu’il m’avait préparé, que je n’étais pas lui, qu’il ne comprenait rien à rien en dehors de la psychologie porcine.  Il a vieilli d’un coup, je crois bien. Il a gueulé aussi.

  Ma mère comprenait et essayait de le calmer. Elle est très forte pour jouer la médiatrice. Elle voulait être institutrice quand elle était jeune, s’occuper d’enfants, bosser dans une crèche avec des bébés aussi.

  Elle a bien bossée dans une crèche, mais pas celle à laquelle elle pensait, la pauvre. 

  Bon, je ne voulais pas spécialement la venger en me tirant de là, mais quand même je me disais, ce que je vais faire pour moi, je le ferais un peu pour elle aussi, je sais qu’elle en sera fière. Je sentais, plus jeune, que parfois elle se serait bien tirée de la maison aussi. Pas assez de rêves à l’horizon, elle aurait voulu changer de ciel. Parfois je la trouvait noyée dans sa mélancolie sur la véranda, l’air ailleurs. Je lui demandais si ça allait, elle me répondait que oui en me souriant et en me caressant les cheveux.

  Le « prodigal son », si c’est pas une responsabilité ça ! Je n’ai pas intérêt à merder, parce que si je reviens tête basse, il ne me loupera pas.  Je ferais n’importe quoi pour ne pas revenir, ne pas l’affronter, ou recroiser la route de Mindy.

  Mindy a pleurée toutes les larmes de son corps quand je lui ai dit que je partais, sans me retourner. Elle était complètement dans son rôle. Je crois que ses parents avaient fini par lui bourrer le crâne avec un mariage, une union des deux fermes, des petits enfants et tout le bazar, l’enfer. Mindy est toujours folle amoureuse, mais moi je ne l'ai jamais été. Je jouais un rôle, je donnais le change. Je l’ai laissée devant chez elle en pleure. Sa mère a téléphonée chez nous pour savoir ce qui se passait, mais nous étions déjà en plein drame.

  Mon père  n’a pas eu le choix avant moi. Il s’est farci l’héritage familial à la place de son frère qui a disparu au Vietnam, jamais retrouvé, sans doute enfoui dans la fosse commune d'un camps Viet. Et puis dans le temps, de toute façon, on ne discutait pas. Le « Summer of love », pour lui n’évoque absolument rien. Pas de contestation, au charbon, comme un fils obéissant qu’il avait été. Il ne connait pas Dylan ni même les Grateful Dead. Son univers à lui c'est cette putain de musique country, Ken Maynard, Roy Rogers, Tex Ritter ou Dolly Parton. J'ai vomi cette musique par tous les pores de ma peau.

  Mon père est un homme rude. Pas très grand, mais solide comme un chêne. Lui aussi avait fait le Vietnam, il en était même revenu décoré, mais il avait toujours refusé ses breloques comme il disait. Il n’avait fait que ce qu’on lui demandait de faire. Ce n’était pas par modestie, juste par état d’esprit.

  Et puis il n’en manque toujours pas de courage, le vieux. Il a réussi la modernisation et l'informatisation de son métier, la mondialisation et les mises aux normes. N’empêche, le fumier pue toujours, même quand il est rationalisé par un programme informatique.

  Chez les Rather, on est dans le cochon, de père en fils.  Mes vacances, c’était le cochon. L’entretien, la nourriture, les soins, les petits gorets qui courent partout.

   Les camions qui viennent chercher leurs lots pour l’abattoir, ou parfois un vieux mâle pour l’équarrissage.  Le vieux truc crevé qui pourri dans un coin. Immonde.

  Vous comprendrez qu’avec tout ça j’ai préféré me tirer, hein ?

  Je rêvais de partir, d’aller voir ailleurs, le soleil, la mer, la douceur du climat. Je rêvais de voir le Golden Gate depuis les collines de Marin. La porte d’or, quel symbole ! Un appel à l’évasion quand on est un petit garçon et qu’on rêve plus que tout le monde. J’en avais raz le bol des cul terreux qui se saoulaient à grand coup de jack Daniel’s à la sortie des bars à filles, des petites ambitions clôturées par les frontières du comté.

  Alors voilà. Je vais faire mon trou ici, tant pis si c’est l’usine, tant pis pour l’hôtel de troisième zone, tant pis pour les docks et leur  puanteur, ça ne puera jamais plus que le cochon.

  D’ici peu j’aurais un bureau dans une tour de Yerba Buena. J’aurais peut être une vue sur la baie, ou sur Marin. Peut être aussi pas de vue du tout, qu’importe après tout. Mais je ne vais pas rentrer, ça non ! »

 J'ai repris mon journal tranquillement, je l'ai laissé partir et j'ai oublié de lui donner les tuyaux auxquels j'avais pensé. Je l'ai regardé partir, comme ça, toujours raide et j'ai bu une gorgée de mon café froid à la santé d'un massacre annoncé.

 

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Par jlm - Publié dans : les anges - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Jeudi 19 juin 2008
 

Diego est malade. Depuis longtemps déjà il se sent faible et sait que la vie le quitte tout doucement, par les pores de sa peau, par son souffle court et chaud.

  Diego a vécu les folles années insouciantes d’avant le fléau, sans retenues, sans filets, sans capotes, les fêtes, les soirées, les lumières. Les clubs de Mission et de Castro, les nuits blanches et La coke sniffée avec un billet roulé ou un tube argenté.

Les strass, les paillettes.

  Diego a aimé, utilisé, jeté. Il a tout simplement consommé. Trop consommé et il en crève de cette indigestion. Il se souvient de beaucoup de visages, mais pas tous. Certains soirs, il était vraiment trop défoncé. Ces moments là le font encore sourire quand il n’est pas traversé par un bref instant de honte.

  Avec le recul il sait bien qu’il n’aurait pas fait certaines choses, mais globalement il ne regrette rien, ni les saunas, ni les backrooms, ni les soirées chez ces gens célèbres, hétéros en publique, homos en privé.

  Diego se souvient de ce jeune acteur si flamboyant qui avait  partagé ses nuits quand le monde entier le croyait fiancé à une fille merveilleuse. Il revoit la maison luxueuse, les superbes voitures et les grandes réceptions.

Il ne saura jamais qui lui a filé la maladie qui le ronge, et après tout qu’importe maintenant. C’est fait, et on ne peut plus revenir en arrière.

  Il a été beau, bronzé, fort, fier et insouciant. Il a été le roi de la nuit, il a amusé la galerie, plus longtemps que prévu. La chute est rude.

  Il n’est plus que l’ombre de lui-même, jaune, en sueur, légèrement voûté et les cheveux ras, comme un duvet. Il est maigre, presque un vieillard, plus personne ne se souvient de lui.

  Non, Diego n’est plus ce qu’il était. L’époque même a changée. Les anciens, toujours en vie, se sont casés ou se sont enfermé dans des délires paranoïaques ou des existences quasiment monacales, les nouveaux font attention, prennent plus de précautions. Les années quatre vingt et quatre vingt dix ont été vraiment des années sombres, une vrai hécatombe.

  Aujourd’hui, Diego est seul, très seul. Ses amis sont morts ou se sont détourné de lui, le pestiféré. Car sa survivance est une aberration, un défi pour les bien portants, parce qu’il porte en lui le mal honnis qui le ronge par petits bouts. Ça les terrorise, il les comprend au fond, il ne leur en veut pas trop, un peut quand même, il aurait aimé avoir un peu de soutient. Il aurait aimé avoir encore près de lui un ami ou deux pour partager ses angoisses, quelqu’un qui le prenne dans ses bras. Non, il est tout seul à présent, jusqu’au bout, pour la dernière ligne droite, son baroud d’honneur.


  Pour l’instant, rien ne l’empêche de sortir de chez lui, du coté d’Upper market, pour aller faire un tour sur Castro et ses boutiques, décorées de bannières arc en ciel, profiter des jolies maisons de bois typiques et des twin peaks au loin, bienveillantes. Il s'est toujours senti bien dans cette ville. Mais au fond il constate qu'il n'a pas sus négocier le virage. Il y a eu une époque où San Francisco était un phare pour tous les gens comme lui, pour les gens épris de liberté, de fêtes, et de douceur de vivre. Tout était facile, la vie était belle, dans la période post hippie des années quatre vingt. Il se souvient de l’héritage d’Harvey Milk, qui disait « 
Si une balle devait traverser mon cerveau, laissez-la briser aussi toutes les portes de placard » comme une invitation à faire son coming out ; il avait vingt ans.

  Et puis sa génération a salement morflée. On est passé de la ville libertaire et permissive, à la ville à la pointe du progrès de la technologie. Une nouvelle population. Les étudiants de Stanford, et les dotcoms. Le tourisme et les affaires.

  Et la maladie, la faucheuse, et les cortèges en pleurs qui descendaient Castro, c'était le prix à payer

 

  Parfois il descend jusqu’au Golden Gate park pour se mêler à la foule des joggers, des bikers et des rollers pour profiter des odeurs, du vent sur ses vêtements, sur sa peau. Le vent lui fait du bien, il profite de ses caresses autant qu’il le peut encore. Pour combien de temps ? Il se souvient que par le passé il se faisait aborder ici et que ça le faisait gonfler de fierté. Maintenant les gens sont plus sages, ils sont la pour faire du sport, être en forme, pour soigner leurs apparences. Il ne les comprend pas, ils sont trop sérieux.

  Et puis il se sent ridicule dans ses vêtements devenus un peu trop grand. Il a considérablement maigri, il a conscience du changement. Lui qui soignait son corps, se cache à présent, se fond dans la foule tel une ombre anonyme. S’assoit sous les arbres pour ne plus être dans la lumière. La lumière, c’est pour les vivants, plus pour lui.

  Il y a les crampes souvent, au ventre et dans les muscles des bras et des jambes, dans les articulations. Plus de souffle, une grande douleur dans la poitrine, les dents qui se déchaussent.

C’est comme une irradiation, il se liquéfie lentement, c’est du moins sont impression.

« Bon dieu non, c’est pas une vie. Salaud, pourquoi m’avoir abandonné, moi et les autres ?

On voulait vivre, VIVRE. On voulait être heureux, profiter de tout, on ne savait pas qu’il y avait un prix à payer, putain de merde. C’est injuste. »

  Les médicaments sont si chers, si contraignants. Si difficile à avaler, de plus en plus difficile. Son médecin ne peut rien faire de plus, c’est trop tard pour la trithérapie. Il reste la marijuana, les joints qui l’apaisent. La fumée bleue le soulage et le transporte brièvement sur son nuage aussi sûrement qu’un anesthésiant, mais les effets duraient plus longtemps avant. Les dealers sont moins cool qu’avant, certains le frappent ou le volent.

  Ce matin, c’est vers Presidio qu’il roule. Il s’est habillé avec un soin particulier pour son rendez vous, son costume préféré, celui de la grande époque, celui du Castro flamboyant.  Il a pris un taxi pour aller vers le parc. Il sera bien temps là bas de marcher tranquillement. Il traverse la ville qui se réveille, revoit les rues si familières. Il a emporté son vieux baladeur, son morceau préféré – Knock on wood - Il y a peu de monde à cette heure. Des cyclistes, des joggers encore et toujours, des chiens au bout d’une laisse, des vieux sur les bancs publics. Il S’assoit sur une chaise, près du terrain de baseball. Quelques jeunes s’entraînent déjà, l’air est frai, il fera beaucoup plus chaud dans quelques heures. Instant idéal. Il les regarde frapper, courir, s’encourager, siffler et crier. Il les regarde tout simplement vivre.

  L’heure approche.

  Il s’engage maintenant sur Lincoln Boulevard. Par le parking de transit, il prendra la bonne voie, à pied. Il marche sans penser à grand-chose. Il fait le vide dans sa tête, il a besoin de concentration. Ce moment lui parait interminable, comme s’il marchait au ralenti. Il éprouve chaque pas, chaque mouvement des bras. Son corps tout entier respire et bat au rythme de son cœur.

  Le colosse est là, majestueux avec ses piliers «orange international», ses haubans énormes. Impressionnant, comme toujours.

  Prendre l’allée piétonne, cotée est, du coté de l’océan, vaste Styx avant l’enfer. C’est vraiment une bonne journée qui commence, le ciel est bleu, pas de brume, c’est une chance. Le pacifique est là, sous ses pieds, reflétant le soleil de milliers de points blanc à la surface. De sa position il peut apercevoir les ferries qui entrent et qui sortent de la baie, les gros navires marchands et les petits régatiers avec leurs voiles blanches. Le soleil matinal embrase les collines  de Marin.

  Il s’arrête maintenant pour les contempler. Il laisse aller son blues, les larmes perlent sur ses joues creuses. Il n’a pas de haine, il a juste un peu peur, c’est l’heure du rendez vous, comme il l’avait décidé, le trac de l’artiste avant d’entrer en scène.

  Il fait frais et il y a du vent. Il y a des jours comme ça où on se sent une forte connexion avec la terre, mais Diego refuse la connexion, débranche et saute.  Quatre secondes, une dernière bouffée d’air – le balladeur joue maintenant « I will survive »- Jusque là tout va bien.


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Cette histoire m'est venue un jour ou j'écrivais un petit truc sur San Francisco, la Beat Generation et son cortège de désoeuvrés flamboyants. Ce sont les images qui me sont venues tout d'abord, le soleil, la baie, les collines, les communeautés gay et hippies. Je ne voulais pas me contenter d'images d'Epinal alors j'ai inventé cette histoire, en pensant à ce qu'il y avait souvent derrière la vitrine. Il y a peu, j'ai lu une formidable histoire chez podechagrin, un blog que je vous invite à lire, une histoire qui parle de Fifi, un autre Diego, alors voilà, cette histoire est pour Fifi.

Par jlm - Publié dans : les anges - Communauté : LA PLUME D'ECRIVAINS
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Jeudi 19 juin 2008

  J'aime beaucoup le MacLaren Park du coté de Portola. C'est un parc sur les hauteurs, avec une vue formidable par temps clair sur le mont diablo, au loin. J'y vais parfois pour lire et me détendre, allongé sur l'herbe. C'est un endroit propice à la réflexion, à la méditation et, il faut bien l'avouer, à la sieste sous les arbres. Il y a en particulier un petit amphithéâtre à la romaine, avec ses gradins. Les groupes y jouent toujours dans une ambiance chaleureuse et bonne enfant. Il y a aussi dans ce parc, discrète, presque invisible, une femme assise sur les marches d'un escalier, la main tendue. Et puis il y a Caleb aussi, un genre d'ivrogne, un vétéran un peu trop jeune. J'ai assisté à leur rencontre, un matin de mai.

  Caleb, n’est pas propre dans son vieux treillis troué. Un vieil uniforme de combat, une panoplie de petit soldat, rapiécée, tachée sur la quasi-totalité de sa surface par ses déboires alcooliques et la saleté des nuits passées sur le bitume ou dans les parcs.

  Ses chaussures, lacées de vieilles ficelles laissent pendre leurs languettes défraîchies et trouées. Et puis il y a l’odeur. Il est déjà vieux quand il ne le faudrait pas, il n’a pas vingt six ans. Bouffi, il a une vie de merde et il le sait.

Caleb est un vétéran.

  Il avance difficilement, traîne la jambe droite, le pied écrasé par un bus deux mois en arrière, après une nuit alcoolisée. Sa manche gauche est vide, l’avant bras est parti depuis quatre ans déjà, emporté par un gros calibre, du trente millimètre lui avait-on dit. Il le sent encore parfois, comme un membre fantôme. Caleb est un pantin disloqué. Plus d’espoir, impossible de revenir en arrière. Il a tout gâché, Il le sait bien qu’il n’aurait jamais dû commencer à picoler avec les copains. Parce qu’un jour, les copains sont parti, mais la picole lui a tenue la jambe, et comment ! Salement même. Pourtant au début ça l'aidait à tenir le coup.

  Il avait été un jeune homme sans histoires qui voulait faire des études supérieures. Le sergent major du bureau de recrutement lui avait assuré qu’à son retour l’armée prendrait en charge sa scolarité. Donnant – donnant.

  Caleb pensait que le marché était honnête, et puis que devait-il redouter ? Il ferait partie de l’armée la plus puissante du monde, n’est ce pas ?

  A son retour d’Irak, après avoir galéré quelques mois à l’hôpital militaire, entre les opérations successives et les essais de prothèses, ses vieux copains l’avaient retrouvés, entourés. Mais il avait ramené avec lui des crises d’angoisses, des terreurs et des instants de démence, des scandales en ville, dans les bars à filles où les copains s’excusaient pour lui et réglaient les pots cassés.

  Ils avaient fini par partir, par se détourner de lui, fatigués.

  Il en avait trouvé d’autres, des camarades de comptoir, qui payaient pour qu’il raconte, pour qu’il se saoule, pitoyable. Ceux là étaient partis aussi, rassasiés.

  Tout le monde s’est détourné de lui, même ses parents. Et pourtant ils y avaient mis du leur pour essayer de le réinsérer. Ils l’avaient encouragé, tiré en avant, mais il s’était détourné, avait emprunté le mauvais chemin à trop s’apitoyer sur son sort.

  « Et puis c’est de leurs fautes à ces arabes, au gouvernement aussi ». Il ne savait même pas où ça se trouvait, l’Irak, avant d’y aller.  Il avait cru en la toute puissance de la plus formidable armée high tech du monde. Il avait débarqué dans la poussière et le sable, Il avait vu le mensonge, il s’était rendu compte sur le terrain qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive, rien qu’une armée mal commandée, en déroute, qui leur avait donnée la clé du pays sans trop faire d’histoire.

  Pas d’armes chimiques, pas d’armes nucléaires, rien qu’un pauvre pays sous embargo qui ne se relevait pas encore de la première guerre.

  La résistance est venue après, sournoisement. Elle est arrivée la nuit, par les souterrains, par des tirs de mortiers terriblement brefs et ravageurs, des mines et des bombes trafiquées sous le bitume des routes empruntées par les convois, des embuscades meurtrières, des civils qu’on croit innocents mais sur qui on finit par tirer.  Deux années passées chez les Screaming Eagles, les parachutistes d’élite. Deux années près de Tikrit, la ville de Saladin et de Saddam Hussein, principal foyer de résistance, à éviter les balles et les pièges.  Deux années à voir des copains mourir, des flaques de sang dans les rues, des morceaux de chair qui traînent, des cris, des pneus brûlés avant de tomber lui aussi dans un piège meurtrier. Il se souvient du bruit, des lueurs des flammes sortant des canons des fusils d’assaut. Il entend encore les cris, les ordres hurlés et la confusion. Il se revoit dans le Hummer, au poste de tir de son calibre 50, les étuis des balles tombants à ses pieds et l’odeur de la poudre et de l’huile chaude. Il revoit le choc violent qui l’a projeté en arrière, l’étourdissement. Des silhouettes derrière des murs, menaçantes, hostiles, ils en voulaient à sa peau.

  Maintenant ils sont partout.

  Combien dans ce parc? « Peut pas compter ». Il les voit toujours autour de lui, ils sont là, derrière les murs, derrière les buissons et les arbres, ils sont dans le métro. Ils se cachent mais il sait qu’ils sont là.

 

La folie a eue raison de lui.

                           

*


  Yasmine est là, tous les jours que dieu fait, quel que soit le temps, assise dans cet escalier du Mclaren Park. Elle a honte. Honte de tendre sa main pour quelques pièces ou des regards méprisants, honte d’elle et de son impuissance. Elle se souvient de son enfance là bas, un petit village près de Sfax en Tunisie. Du soleil, de la mer, de ses courses effrénées avec ses frères, libre comme une fille peut l’être quand elle court les cheveux au vent, en toute insouciance.

  Tout ça pour se retrouver là, en Amérique, avec un mari plus vieux qu’elle, qui la bat pour qu’elle se résigne, qu'elle se taise et qui l’oblige à porter le voile. Deux enfants pleurnichards qu’elle ne voulait pas, qu’elle n’arrive pas à aimer, et la police, des bouledogues prêt à mordre, ou à jouer du bâton, c’est selon, il vaut mieux les éviter.

  Il n’était pas question d’amour, il n’en avait même jamais été question du tout. C’était un contrat entre deux familles, elle n’avait pas eue son mot à dire. Pourtant Yasmine voulait faire des études, quitter le carcan familial et la tradition. Elle aurait voulu faire du journalisme et voyager, avoir un appartement à Tunis, comme sa cousine Mina.

Elle avait protesté en vain. Elle avait cherché à fuir,  à quitter le pays, mais on ne s’échappe pas aussi facilement. L’ambassade de France avait refusé son visa, elle ne pouvait pas rejoindre son frère à Paris.

  L’homme avait débarqué un beau matin, ils avaient échangé quelques mots, très peu. Il l’avait regardé comme on regarde une chèvre avant de l’acheter, il voulait s’assurer qu’elle était en bonne santé.

  La cérémonie avait eu lieue parmi une centaine de convives, dans le respect de la tradition. Les formalités réglées, ils s’étaient envolés pour San Francisco où il tenait un restaurant. Elle a bien fini par voyager, mais pour atterrir en pays inconnu, une langue qu’elle ne maîtrisait pas encore tout à fait, rendant tout espoir d’intégration impossible.

  L’affaire avait fait faillite peut de temps après, une histoire d’hygiène alimentaire.

  Elle n’avait pas eu le temps de souffler, elle s’était retrouvé enceinte très vite. Deux enfants pleurnichards qu’elle ne voulait pas, qu’elle n’arrive pas à aimer.

  Elle ne se souvient plus dans quelles circonstances elle avait commencé à faire la manche, mais un jour elle s’y était résigné, il n’y avait plus d’argent.

  Elle ne voulait pas se retrouver sur les boulevards ou dans les rues avec les autres. Elle avait choisi elle-même ce petit parc pour sa tranquillité, sa vue et son passage. Elle avait appris à se méfier des sans abris, des bandes du sud de la ville et de la police, des bouledogues prêt à mordre, ou à jouer du bâton, ça dépendait des jours, il valait mieux les éviter.

  Caleb descend l'allée en râlant, il ne peut pas les supporter ceux qui vont bosser, qui sont pressés, qui se détournent de lui, qui reniflent son odeur de rance et de vieille urine. Au fond, tant mieux, personne ne s’assoit près de lui, peinard.  Parfois, il crie après eux, les insultes. Des mots qui n’ont plus aucun sens, qui ne ressemblent à rien dans l’indifférence la plus totale. Il n'a pas beaucoup d'autres buts que d'aller chez le chinois plus loin, prendre un six pack ou une Jack Daniel’s. Boire pour oublier ou Liquider sa maigre pension d’ancien combattant dans une dose de Crystal.

  Caleb est tombé sur le Methamphétamine en trainant avec d'autres vétérans comme lui. Au début ça lui faisait un bien fou, le crystal lui redonnait un coup de fouet. Mais petit à petit le Meth a commencé à le ronger.

 

 

*

 

  Yasmine tend le bras, une vague humaine s’approche de l’escalier ou elle se tient, des gens qui descendent d’un bus et qui coupent par le parc, place stratégique. le travail reprend. Inutile de sourire, tout ces gens s’en foutent bien. La vague la submerge, la bouscule un peu, mais c’est tout le temps comme ça, les gens font, malgré tout, attention à elle. Une pièce, parfois, mais le plus souvent du mépris, ici on n’encourage pas la mendicité, on donne peut, c’est la règle.

 

*


  Caleb l’a vu « la salope, la sale arabe. Qu’est ce qu’elle fout là ? La manche ? C’est pour ça qu’elle est là ? C’est pour ça qu’il s’est battu là bas ? Pour les retrouver ici à faire la manche ? Elle va voir ce qu’elle va voir ! Elle va prendre pour tous les autres. »

Son visage se déforme de colère, il trépigne.

  Caleb grimpe les marches en soufflant, serre la rambarde de sa main encore valide, résolu. Il aimerait la tuer de ses mains, il n’en a plus qu’une. Alors, il se déplace à gauche et au passage lui donne un coup de pied dans les côtes. Ça fait du bien, presque jouissif. Il ne peut pas faire plus.

 

*

 

  Yasmine n’a pas vu le coup venir, à trop garder les yeux dans le vague. C’est curieux, mais elle n’a même pas eue mal. Ça fait des mois que ce coté est endolori de toute façon, son mari est gaucher, c’est tout le temps le coté droit qui prend. Elle n’a pas entendu non plus ce que lui disait son agresseur avec sa voix cassée, sa voix d’ivrogne. Autour d’elle personne n’a remarqué l’agression ou peut-être n’ont-ils rien voulu voir ? Les gens sont trop pressés, n’ont pas envie de perdre leur temps si précieux, et puis déjà, il n’y a plus personne. Ils sont tous partis. Le parc est vide.

  Yasmine relève la tête et regarde autour d’elle. C’est la pause.     Dans cinq minutes ça reprendra. Un autre bus s’arrêtera, un nouveau groupe en descendra.

Retendre le bras.

 

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Par jlm - Publié dans : les anges - Communauté : SOIF DE LIRE...
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Jeudi 19 juin 2008

Claire est heureuse, tout marche pour le mieux pour elle. Elle a décidé de sortir son vélo aujourd’hui pour se rendre au boulot.
Il faut dire que le temps est magnifique, et qu’à cette heure, le long du canal st martin, la circulation n’a pas atteint le pic de l’insupportable. Elle peut encore respirer.


Claire a décidé de mettre une petite robe légère, dans les tons bleus, parfait pour étrenner sa nouvelle paire de repetto.


Les arbres sont magnifiques le long du canal, entièrement couverts de nouvelles feuilles, à l’approche du mois de mai, que la brise matinale fait bruisser.

Tout le monde à l’air charmant aujourd’hui ou c’est une impression ? C’est peut être l’euphorie de l’instant, le partage de son propre bonheur.

Hôtel du nord.
Atmosphère, atmosphère.
Jouvet, Arletty et Amélie Poulain.

Elle est heureuse à Paris, surtout depuis qu’elle connaît Jules.
Elle adore le présenter comme ça, « c’est mon Jules ».
Hier soir, elle a découvert sa grossesse. Une vraie découverte, oui, parce que pas prévue du tout.
Bon, ok, il va falloir revoir la question de l’appart, le budget, le boulot. Mais Bordel « Chuis enceinte !!!! ».

Pfff, quelle drôle de sensation. Savoir qu’il y a un bébé là, dans son ventre, un concentré de pur bonheur et de pur amour. Une magnifique surprise pour elle qui a toujours été folle en voyant les bébés de ses copines.

MERDE, un feu grillé, c’est trop con, pas envie de mourir sur la chaussée, là, pas aujourd’hui, pas maintenant.

Surtout qu’elle n’a encore rien dit à Jules. C’est pour ce soir normalement.
Il faut préparer un dîner, un truc d’amoureux. Un truc tellement mimi, que sans rien dire, il comprenne tout.
Il est sensible Jules, il devinera, c’est évident.
A droite toute, direction République, le bureau, les copines. Leur annoncer la nouvelle ?
Non, Jules d’abord. Parce que « c’est mon Jules ».
Par jlm - Publié dans : Claire et Jules - Communauté : Ca et là
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Jeudi 19 juin 2008

Alors voilà, je commence ce blog avec trois petits textes.
Je les voulais courts pour commencer, que ça tienne en gros sur une page, je crois que c'est le cas. Au gré de mes cheminements internes, la machine est complexe, je posterais ici des textes, pourquoi pas, plus long, en fonction de la production.

Bye !


Par jlm - Publié dans : intro
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A propos de moi...

  • sentiers-battus
  • : Que dire ? que j'écris, que ça vient tout seul, que je ne sais pas encore quand cela s'arretera. J'ai déjà créé une belle gallerie de personnages et j'aime les faire vivre un court instant pour saisir une tranche de vie. et vous ça va ?

Présentation

Pour résumer...

 

  "Les Anges" est une gallerie de personnages de la Bay Area, des gens ordinaires pris en flagrant délit de rien, dans leurs vies de tous les jours, comme un recueil d'instantanés. "Les Anges" parle de vous, de moi, de tout le monde. Des vies ordinaires, insignifiantes, mais baignées par le vent, le fog et le soleil californien et l'esprit de ceux qui m'ont influencés. Kerouac, Djian, et le vieux dégueulasse. Il se trouve maintenant (et pour moins cher) chez "thebookedition"

  Isa (Too Drunk To Fuck) c'est la rencontre de Dave, Isa et Theo, mais c'est aussi Phoebe et Ed, une bande de trentenaires en décalage avec la morale et les conventions entre le Castro et Valencia, North Beach et Oakland. Ensemble ils vont affronter quelques épreuves, les conneries d'Isa, l'homophobie et les principes religieux. Il y aura bien de l'alcool, de la drogue et du sexe, il y en aura pour tout le monde, homos ou hétéros, mais c'est surtout une chronique de la tolérance au quotidien autour de la baie de San Francisco.

 


Ned's Rock est une histoire sur le deuil et la résilience,  une rencontre entre deux personnes écorchées par la vie, dans le nord de l'Amérique et la région de Seattle. C'est aussi un retour sur le passé pour une femme et un homme qui n'ont pas grand chose d'autre en commun que leurs regards sur de vieilles blessures et la manière d'y faire face.

OD comme Over-Dose, comme ode, comme Over-Drive, comme Oscar Douglas, comme Occupation Double, comme Opération Délicate, comme Origine Diverse, comme Objet Direct, surchauffe, des bouts de rien, des morceaux de pas grand chôse, rien de très joli en tout cas, ni rien de sérieux...

 
http://www.wikio.fr

Art Generation

 


Un peu de pub gratuite pour une enseigne que j'adore (cliquez sur la vignette pour le lien direct)


Art Génération est né de l'envie de rendre l'art accessible à tous, de partager des émotions et de faire découvrir la diversité de la création contemporaine. C'est aussi le désir de défendre des artistes dont le talent mérite d'être reconnu. Et surtout de réconcilier l'art, parfois trop élitiste, avec le grand public.

La galerie Art Génération sélectionne des artistes et propose leurs oeuvres à un prix d'entrée accessible. Le prix des oeuvres d'art a toujours été lié au succès de l'artiste. La côte de l'artiste évolue donc en fonction de la demande. C'est une façon de récompenser le talent de l'artiste et l' œil averti du collectionneur.

Avec sa salle des ventes Art génération propose d'agir en véritable connaisseur. Vous pourrez céder ou rechercher une oeuvre pour faire évoluer votre collection. Avec le temps les goûts évoluent et l'oeil s'affine.

Art Génération est un lieu de rencontre et de convivialité où tous les amateurs d'art contemporain peuvent échanger leurs idées, leurs impressions et partager leurs émotions en toute simplicité. vous pouvez aller à leur rencontre à Paris et à Lyon.

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La vie trépidante d’Eve, fan des Cramps, des Adicts et de tout le punk old school en général. La musique et le cul, le tir de scud, et les problèmes de ménage entre deux binouzes.  C’est très drôle. Si vous n’aimez que le mainstream, passez votre chemin..

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